RWC 2019 : Les Anglais faciles mais perfectibles

L’Angleterre a disposé des îles Tonga (35-3) notamment grâce à un doublé de Manu Tuilagi. CP : William West / AFP

L’Angleterre faisant partie des favoris pour la victoire finale, son entrée en lice était attendue. Après un début de match poussif, les joueurs d’Eddie Jones ont fini par faire plier de timides Tongiens. Mais ils devront monter en puissance pour atteindre leur objectif.  

Une entrée en matière délicate

11 minutes. C’est le temps qu’il a fallu aux Anglais pour ouvrir leur compteur point. Et encore, c’est par une pénalité de l’inévitable Owen Farrell que le XV de la Rose prend les devants. Avant de se faire rejoindre au score à 3-3 par des Tongiens bien en place (Takulua, 14ème), et qui parviennent à mettre à la faute la défense anglaise à plusieurs reprises (4 fautes au sol au bout de 20 minutes).

Mais voilà, ça c’était avant le show Tuilagi. Quand elle est embêtée, l’Angleterre peut s’appuyer sur ses individualités. Et le ¾ centre du Leicester a fait sauter le capot des insulaires en seulement 10 minutes. La première banderille est plantée via une percée menant à un essai refusé à Sam Underhill, débouchant sur une mêlée à 5 mètres. Qu’à cela ne tienne, à peine une minute plus tard, la mêlée est parfaitement exécutée par Ben Youngs qui décide de partir côté fermé. Le ballon parvient à Tuilagi qui, cette fois-ci, termine le travail lui-même en emportant la défense avec lui (8-3, 24ème). Sept minutes plus tard, le joueur des Tigers récidive, à la conclusion d’une attaque rapide enfin dans le pur style anglais (31ème, 15-3). Les équipes rentrent au vestiaire à 18-3, mal payé pour des Tongiens courageux mais en manque d’inspiration offensive.

La deuxième période tout en gestion

Pas grand-chose à signaler dans cette seconde mi-temps, si ce n’est la gestion anglaise. Face à des adversaires désarmés et découragés, les joueurs d’Eddie Jones ont tenté de déployer leur rugby. Mais voilà, malgré la faible opposition, le score tarde à s’alourdir. La faute à un déchet technique qui vient contrecarrer l’hégémonie anglaise. Les soldats de la couronne s’en remettent alors à leurs points forts pour creuser l’écart. Farrell trouve une touche à 5m de l’en-but océanien. Sur le lancer de Jamie George, le XV de la Rose amorce un ballon porté qui va s’écraser derrière la ligne. On y retrouve le talonneur anglais ballon en main pour le 3ème essai de la rencontre (57ème, 28-3).

La fin de match ressemblera à une pure et simple attaque-défense. Les vagues blanches se succèdent, et seules les approximations techniques, associées au courage des Tongiens, vont retarder l’échéance. C’est seulement à la 77ème minute que les Anglais parviennent à accrocher le bonus offensif sur un essai du talonneur remplaçant Cowan-Dickie (35-3). La rencontre s’achève sur un en-avant Tongien lors d’une de leurs seules offensives de la seconde période. L’Angleterre démarre sans forcer et empoche le bonus offensif, prenant ainsi la tête du groupe C. L’essentiel est là, mais le fond reste perfectible, et il faudra faire mieux pour s’éviter des sueurs froides face à l’Argentine le 5 octobre.

Les mentions honorables : des cadres au niveau

Si l’Angleterre a paru sur courant alternatif durant ce match, la plupart des cadres ont totalement assumé leur rôle. À commencer par Farrell, dont le jeu au pied est toujours aussi millimétré. À cela on peut ajouter sa réussite au but, avec un seul échec sur la transformation du premier essai. En seconde ligne, Maro Itoje a été, comme à son habitude, un véritable poison pour ses adversaires. Dans son registre, le Saracens a encore été précieux dans les rucks, et comme si cela ne suffisait pas, il a aussi subtilisé deux ballons en touche aux Tongiens, de quoi éteindre leurs rares envies d’offensive. À l’aile, Anthony Watson est celui qui a parcouru le plus de mètres ballon en main (113). Longtemps frustré près de l’en-but, il a fini par donner la passe décisive sur l’essai de Cowan-Dickie. Pas mal pour un joueur qui revient d’une très longue blessure.

Sylvain Granjon

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