Scénario cruel pour une frustrante élimination

Pour Louis Picamoles et les Bleus, la Coupe du monde s’arrête ici. CP Eurosport

Fin de parcours pour le XV de France qui s’est incliné d’un petit point face au Pays de Galles (20-19). Réduits à 14 après l’expulsion de Sébastien Vahaamaina, les Bleus peuvent nourrir des regrets.

C’est à l’issue de leur meilleure performance que les Bleus quittent le Japon. Tout un paradoxe. Dans le premier acte, les joueurs de Jacques Brunel ont été méconnaissables. Pris à la gorge d’entrée de jeu, les Gallois craquent dès la 6e minute. Vahaamaina perce le rideau défensif adverse et s’en va dans l’en-but. Le début de ce qui aurait dû être une journée fantastique pour le Clermontois. 3 petites minutes plus tard, Charles Ollivon profitait d’une belle percée de Virimi Vakatawa, sûrement le meilleur bleu aujourd’hui, pour inscrire le deuxième essai français. Après 10 minutes de jeu, le score est de 12-0.

Mais très vite, nos Bleus vont retomber dans leurs travers. Après un contact rugueux, Guilhem Guirado laisse échapper le ballon. Il n’en fallait pas plus pour relancer les Gallois, qui marquent par le troisième ligne aile Wainwright (13e minute, 12-7). Mais contrairement à ce qu’il a montré depuis le début de la campagne japonaise, le XV de France ne panique pas, conserve ses ambitions de jeu, et se trouve même en supériorité numérique après le carton jaune de Ross Moriarty pour un plaquage haut sur Gaël Fickou. Dans la foulée, Virimi Vakatawa s’échappe dans l’en-but gallois, Romain Ntamack transforme, les Bleus se redonnent de l’air (31e minute, 19-10).

Le cauchemar du deuxième acte 

Au retour des vestiaires, le XV de France repart sur les mêmes bases. Une fois de plus, les démons du passé semblent loin, la voie est toute tracée. Mais voilà, même quand tous les voyants sont au vert, cette maudite génération trouve le moyen de se saborder. Sur un maul qui semblait voué à l’essai, l’arbitre porte le sifflet à la bouche et sollicite la vidéo. Sébastien Vahaamaina s’est fendu d’un superbe coup de coude sur Wainwright. Carton rouge immédiat. Les Bleus joueront les 30 dernières minutes à 14.

Bienheureux de se trouver en supériorité numérique, les Gallois prennent alors le jeu à leur compte. Dan Biggar, transparent, parvient tout de même à remettre son pays à portée d’essai. Mais malgré le surnombre, les diables rouges ne parviennent pas à percer le rideau défensif français. Une défense héroïque qui finit par craquer à la 74ème. Sur une mêlée à 5m des Français, Charles Ollivon se fait arracher le ballon des mains, et Ross Moriarty inscrit le deuxième essai gallois. Dan Biggar passe la transformation pour prendre la tête (20-19). Derrière, les hommes de Warren Gatland se contentent de gérer leur courte avance, bien aidés par des Bleus abattus.

La France avait trouvé son collectif, mais ses individualités l’ont rattrapée.  

En fin de compte, le Pays de Galles s’est imposé sans jamais avoir maîtrisé son sujet. Les deux essais sont venus d’erreurs individuelles, et la méforme de Romain Ntamack au pied (2 poteaux, 2-4) a couté 5 points au XV de France. Et que dire du geste incompréhensible et impardonnable de Sébastien Vahaamaina. L’expérience du Clermontois devait aider les jeunes pousses à se canaliser, mais à l’arrivée, c’est bien lui qui remet les Gallois dans la partie.

Car collectivement, cela faisait bien longtemps que les Bleus n’avaient pas rendu une telle copie. Le XV de France a inscrit ses 3 essais sur des actions construites, faites de mouvement et de vitesse de jeu. Dans le premier acte, les Gallois n’ont pas vu le cuir, et à la mi-temps, ils avaient manqué deux fois plus de plaquages que les Bleus, symbole de leur agonie (22 contre 11). Dan Biggar, habituel métronome des Diables Rouges, s’est montré trop discret, tandis qu’à l’arrière, Liam Williams n’a que très peu percé le rideau bleu. Bref, les vainqueurs du dernier VI Nations sont passés à côté, et la défaite en est d’autant plus frustrante. Lucide, Warren Gatland a déclaré en fin de match que « la meilleure équipe avait perdu aujourd’hui ». Qu’à cela ne tienne, ce seront bien ses hommes qui iront en demi-finale de la coupe du monde.

Et maintenant ?

Cette élimination marque inévitablement la fin d’une ère pour le XV de France. Yoann Huget, Louis Picamoles, Maxime Médard ou encore Guilhem Guirado… Ils étaient nombreux à jouer leur dernier mondial cette année. La prochaine coupe du monde aura lieu en France et le nouveau staff étoffé de la sélection nationale a d’ores et déjà opéré le grand changement au sein de la maison bleue. La charnière Dupont-Ntamack a montré de belles promesses, Damian Penaud a donné satisfaction sur son aile. La jeune génération a l’avenir devant elle, et dispose de 4 ans pour grandir et prendre du galon. Mais la belle performance d’aujourd’hui doit surtout servir de base. Beaucoup de choses peuvent arriver d’ici 2023, mais les promesses d’aujourd’hui laissent espérer de grandes heures pour le XV de France. Messieurs, à dans 4 ans !

Sylvain Granjon

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