Tennis de table : La Chine garde sa mainmise aux Mondiaux, l’Europe montre les crocs

Le jeu offensif de Ma Long lui a permis d'obtenir un troisième titre mondial. (Remy Gros/ITTF)

En réalisant le grand chelem (cinq titres sur les cinq possibles) pour la première fois depuis 2011, la Chine a triomphé lors des Mondiaux de Budapest (Hongrie) du 21 au 28 avril 2019. Mais l’Europe s’est aussi montrée à son avantage en obtenant quatre médailles. Côté français, le bilan est très positif avec à la clé un quart de finale pour Simon Gauzy.

L’Empire du Milieu a trouvé à qui parler lors des 55èmes championnats du monde. Dominateur dans tous les tableaux depuis les années 1980, il a vu la nouvelle garde du tennis de table européen et ses voisins asiatiques sortir les griffes dès qu’un Chinois se dressait sur leur chemin. Avec quatre médailles (sur vingt possibles), l’Europe réalise ses meilleurs Mondiaux depuis 1997 et place un représentant en finale du simple messieurs (le Suédois Mattias Falck) pour la première fois depuis 2003.

Seul le tableau féminin demeure une exclusivité chinoise avec quatre médailles glanées (deux médailles de bronze sont attribuées aux malheureux demi-finalistes). Liu Shiwen s’est imposée pour la première fois après être monté cinq fois sur le podium. La double tenante du titre, Ding Ning, n°1 mondiale, s’est arrêtée en demi-finale.

Les joueurs de la semaine : Ma Long et Liu Shiwen

Ma Long était attendu comme l’ultra favori, en dépit d’un classement peu flatteur pour un double champion du monde en titre. Retombé au 11ème rang mondial, le Chinois a éliminé successivement Hugo Calderano (n°7), Lin Gaoyuan (n°3) et Liang Jingkun (n°9) avant de se défaire de Mattias Falck en finale (4 sets à 1). Il entre dans le cercle très fermé des triples champions du monde : les Chinois Wang Liqin, Chuang Tsetung (3 titres chacun), le Britannique Richard Bergmann (4 titres) et le Hongrois Victor Barna (5 titres). Avec Barna et Chuang Tsetung, il fait partie des joueurs ayant remporté le titre 3 fois d’affilée. Une première depuis 1965 !

Trustant les cinq premières places du classement mondial féminin et surtout le titre en simple depuis 1995, les Chinoises ont répondu présent pour cet événement bisannuel. Ce championnat de Chine a vu la grande favorite Ding Ning être sortie dès les demies par la future lauréate, Liu Shiwen (4-2). En finale, elle a battu la n°3 mondiale Chen Meng (4-2).

Les surprises Falck (Suède) et An (Corée du Sud)

La plus grosse surprise de ces Mondiaux est venue du Suédois Mattias Falck qui atteint la finale en simple, une première pour un Européen depuis le titre de l’Autrichien Werner Schlager en 2003. Le 16ème mondial a notamment éliminé en huitième de finale le Sud-Coréen Lee Sangsu, n°6, et le Français Simon Gauzy en quart. Falck, qui joue au club de Cergy-Pontoise, devrait intégrer le top 10 lors de la prochaine publication du classement ITTF.

Le Sud-Coréen An Jaehyun était inconnu au bataillon avant ses Mondiaux. Désormais, son nom sera certainement surveillé dans les tableaux des tournois. Alors qu’il est 157ème mondial, le pongiste de 19 ans s’est hissé en demi-finale du rendez-vous hongrois en s’offrant le scalp du n°14 (4-0) au 1er tour, de Tomokazu Harimoto, 4ème mondial (4-2) en huitième et de Jang Woojin, 10ème (4-3). Il a rendu les armes face à Falck au bout de la manche décisive en demi-finale (4-3).

La déception Harimoto et des favoris chinois

Le Japonais Tomokazu Harimoto, qui était attendu comme le rival de la Chine pour ses premiers Mondiaux en tant qu’outsider, a été éliminé dès les huitièmes par An Jaehyun, 157ème. Le pongiste de 15 ans restait sur une fin de saison 2018 exceptionnelle avec un titre aux World Tour Grand Finals.

Le n°1 mondial Fan Zhendong, lui aussi, a quitté Budapest par la petite porte, éliminé en huitième par son compatriote Liang Jingkun (4-2).

La veille, c’était son dauphin au classement, Xu Xin, de sortir du tableau. Il a subi la foudre de Simon Gauzy, auteur d’un match exceptionnel (4-2). Le Toulousain, actuel 34ème (ex n°8 en 2017) est le premier Européen depuis 2005 à battre un Chinois aux championnats du monde.

La France réussit ses Mondiaux

Le ping français s’est très bien porté lors de ces Mondiaux de Budapest. Les hommes ont tenu leur rang avec une qualification pour les quarts de Gauzy, premier Français à rallier ce stade du tournoi depuis Jean-Philippe Gatien en 1997. Mais aussi le parcours honorable du n°1 tricolore Emmanuel Lebesson qui s’est arrêté au 3ème tour, seulement battu par Lin Gaoyuan (4-1). Can Akkuzu, champion de France 2019, a passé un tour et a rendu les armes face au médaillé de bronze des Jeux de Rio, Jun Mizutani (4-2). Tristan Flore, lui, a perdu dès son entrée en lice.

De manière plus discrète mais tout aussi efficace, Lebesson et Flore ont éliminé les n°1 mondiaux en double au 2ème tour, les Japonais Morizono et Oshima, avant de s’incliner 4-3 contre les Allemands Boll et Franziska.

Côté féminin, Stéphanie Loeuillette, Laura Gasnier et Pauline Chasselin ont quitté le tournoi au 1er tour.

Ce très bon cru français devra être bonifié lors des championnats d’Europe par équipes en septembre prochain à Nantes.

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