[TOUR DES STADES] Olimpiyskiy, le théâtre jaune et bleu

L'enceinte ukrainienne de l'Olimpiyskiy est chargée d'histoire... (source : stadiumguide.com)

Chaque mercredi, Agora Sports passe en revue les plus beaux stades d’Europe. L’enceinte de Kiev (Ukraine) qui a reçu le 26 mai dernier la finale de la Ligue des Champions 2017-2018 : le NSC Olimpiyskiy, conclue par une victoire écrasante sur Real Madrid pour un troisième titre consécutif. Ce stade à la fois chargé d’histoire et moderne reste un joyau à la hauteur de l’événement. Saison 2, Episode 5.

Un antre bouillant de 70 050 places

Si le football est une passion pour vous, alors vous admirez sans doute le spectacle et les ambiances folles d’Anfield, Old Trafford, San Siro ou encore du Signal Iduna Park. Moins connu et plus à l’Est, le National Sports Complex Olimpiyskiy fait incontestablement partie des « Grands » stades, où tout fan de football rêverait d’entrer le temps d’une finale européenne.

L’ambiance n’a strictement rien à envier aux stades occidentaux et l’envergure de l’arène au toit majestueux laisse place à un bourdonnement incessant. Seul bémol, le complexe multi-activités présente une piste d’athlétisme, éloignant légèrement les yeux rivés sur le ballon rond. Après de nombreuses rénovations, il compte à présent 70 050 sièges, contre 83 450 avant l’Euro 2012 et même plus de 100 000 places dans les années 1970… Gigantesque.

Un théâtre qui a vécu plusieurs actes

Inauguré en 1923 sous le nom de « Stade Rouge Léon Trotski », il est par la suite renommé « Stade Rouge » puis notamment « Stade Républicain Khrouchtchev », devenant l’un des piliers du football soviétique. Mais, pourquoi ce stade est-il « olympique » ? En 1996, il devient « Olimpiyskiy » bien qu’il ne se préparait pas à accueillir les Jeux Olympiques. En effet, l’Ukraine et Kiev n’ont pas organisé les Jeux, mais le stade a tout de même été le théâtre de rencontres olympiques de football lors des JO de Moscou de 1980, alors que Kiev était encore cité de l’URSS. D’où le choix de l’Olimpiyskiy, en espérant peut-être qu’un jour, l’Ukraine organise ici ses premiers véritables Jeux.

 

Une rénovation sous l’impulsion de l’Euro 2012

L’enceinte actuelle vient de fêter son sixième anniversaire. Entièrement restaurée et équipée d’un toit nouvelle génération à l’occasion de l’organisation de l’Euro 2012, elle a su se mettre à la page. Mué en guest-star de l’Euro co-organisé avec la Pologne, le nouvel Olimpiyskiy a fait rayonné la compétition en organisant la finale, remportée haut la main par l’irrésistible Roja 4-0 face à l’Italie. Un stade qui a joué aussi la carte de la nouveauté. A titre d’exemple, des commentaires audios étaient notamment à disposition des malvoyants lors de l’Euro.

La finale de Ligue des Champions… La sécurité au défi

Malgré la réussite de l’organisation de l’Euro 2012, les abords du stade sont souvent des lieux d’affrontements entre ultras. Et Kiev est régulièrement accusée de dysfonctionnements dans l’organisation des rencontres sportives. Les débordements sont fréquents et ce ne sont pas les supporters guingampais, dont la soirée a tourné au cauchemar un jour de février 2015, qui vous diront le contraire. La capitale devra se montrer au niveau des attentes de l’UEFA en matière de sécurité pour que la finale de la coupe aux grandes oreilles ne tourne pas au vinaigre. Nul doute que la police sera largement mobilisée, comme en finale de l’Euro 2012 où près de 7 300 policiers encadraient l’événement.

Les Bleus n’en gardent pas un bon souvenir

Occupé par le Dynamo Kiev lors des grands matchs et auparavant le FK Dnipro ou le FK Metalist lors des épopées européennes, il reste terre promise de l’équipe nationale ukrainienne. L’Equipe de France se souviendra longtemps de son dernier passage dans le froid sec de l’Olimpiyskiy. Une défaite cuisante en barrages aller des éliminatoires de la coupe du monde 2014 sur le score de 2-0. Il aura fallu une équipe impulsée par un M. Sakho titanesque 4 jours plus tard en France pour faire oublier la déroute et filer vers le Brésil. 3-0, un miracle !

LE MATCH : L’Espagne terrasse l’Italie (4-0) à l’Olimpiyskiy et remporte sa troisième compétition majeure d’affilée

(Getty Images)

La finale de l’Euro 2012 s’apprête à débuter lorsque deux légendes du football s’échangent les fanions et se serrent la main. Iker Casillas et sa Roja ont 90 minutes pour faire tomber la Squadra Azzurra du capitaine Gianluigi Buffon, auteure d’une belle compétition. Dans la chaude ambiance de l’Olimpiyskiy, la finale démarre tambour battant. Pas de round d’observation, la finale va être ouverte, tant mieux pour le spectacle.

Impact dans les duels, précision, vitesse, débordements, la sélection de Vicente Del Bosque domine l’entame. C’est logiquement qu’elle ouvre le score sur un mouvement d’école mené par l’inévitable Iniesta qui lance à toute vitesse Fabregas à droite de la surface. David Silva reprend de la tête le centre en retrait de l’ex-Gunner : 1-0. Le collectif espagnol est fantastique et l’arrière catalan Jordi Alba signe le 2-0 avant la mi-temps sur un service de son coéquipier barcelonais Xavi. L’Italie, acculée, ne trouve pas de solution après la pause malgré le coaching osé de Cesare Prandelli. A l’heure de jeu, le claquage de Thiago Motta, troisième et dernier entrant côté italien, réduit à néant les chances italiennes de revenir au score, désormais à 10 contre 11. L’Espagne enfonce le clou par l’intermédiaire de Torres sur un nouveau caviar de Xavi puis par un dernier but de Mata, servi en retrait par « El Nino ».

Un match spectaculaire à sens unique, brillamment remporté par une équipe espagnole au sommet de son art qui réalise l’enchaînement Euro 2008, Coupe du Monde 2010, Euro 2012. Du jamais vu dans l’histoire du football pour la bande à Iniesta, élu joueur de la compétition. Les 10 000 supporters espagnols en tribunes peuvent fêter ça dignement, la Roja règne sur la planète football.

(AFP : SERGEY POLEZHAKA)

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