[JEUNE TALENT] Tomokazu Harimoto, le nouveau crack du ping mondial

Tomokazu Harimoto est devenu le plus jeune joueur de l'histoire à remporter la finale du World Tour à seulement 15 ans. (Rémy Gros/ittf.com).

Le Japonais est en avance sur tous les temps de passage. Plus jeune champion du monde junior de l’histoire, plus jeune champion du Japon, plus jeune vainqueur des World Tour Grand Finals et 5e joueur mondial. Tomokazu Harimoto est, à 15 ans, un gamin à l’allure de terreur du circuit.

Ses encouragements aux décibels records après chaque point remporté résonnent encore dans la salle Namdong d’Incheon en Corée du Sud. Il ne fait pas dans la dentelle quand il s’agit de montrer qui est le plus motivé des deux à la table. Harimoto n’a que 15 ans et déjà l’assurance d’un joueur expérimenté. Seuls sa frêle musculature et son visage poupon le distinguent de ses concurrents. Et il n’a rien à envier au palmarès de ses voisins sud-coréens ou hongkongais dont la plupart sont trentenaires. Même ses compatriotes misent sur lui pour ramener les titres. Il a fait partie de l’équipe nippone vice-championne du monde par équipes cette saison derrière les intouchables Chinois. C’est la preuve d’une confiance donnée à un joueur incroyablement talentueux et il n’y a que ces mêmes Chinois qui lui barrent encore la route.

Champion du monde junior à 13 ans

Son ascension fulgurante sur la scène internationale a débuté en 2016 au Cap, en Afrique du Sud. Ne jouant alors que dans la catégorie Cadets, il se révèle aux Mondiaux chez les juniors en remportant le titre en simple. Il bat à cette occasion le Sud-Coréen Cho Seungmin et devient, à 13 ans, le plus jeune champion du monde junior de l’histoire. Il fait également son entrée dans le Top 100 mondial en juillet, autre statistique affolante.

Avec Tomokazu Harimoto, chaque année réserve son lot de records. En 2017, il se qualifie régulièrement dans les tournois les plus prestigieux du circuit ITTF, c’est-à-dire les Open du World Tour. Mais il crée la sensation lors des championnats du monde où il atteint les quarts de finale en étant 53e mondial. Il faudra le n°3 du classement pour le stopper dans sa quête de précocité contre lequel il s’incline 4 sets à 1. Son compatriote Jun Mizutani, médaillé de bronze aux Jeux Olympiques en 2016 et double vainqueur de la Coupe du monde, a été victime de ce petit nippon au jeu explosif.

L’adversaire désigné de la Chine

Il poursuit cette ascension lors de l’Open de République tchèque où il gagne son premier titre principal en battant assez sèchement (4 sets à 2) l’Allemand Timo Boll, ancien n°1 mondial et double vainqueur de la Coupe du monde lui aussi. Il devient alors le plus jeune joueur à remporter un titre sur le circuit professionnel. Des records qui étaient jusque-là les propriétés des maîtres chinois.

Le titre qui vaut de l’or dans un pays aussi rythmé par le son de la petite balle blanche, c’est le titre national. Le championnat du Japon permet de connaître les forces en présence à l’orée d’une saison pleine de promesses pour ces puissances du ping. Et dès janvier, Harimoto met tout le monde d’accord en empochant le titre face au même Mizutani, nonuple vainqueur en terre nippone (4 sets à 2).

Une éclatante ascension

Cette première ligne écrite dans son palmarès chez les Seniors lui a permis d’éclore un peu plus au haut niveau. Son année 2018 a été celle de (presque) tous les succès. Et cela a eu le don d’aiguiser l’œil des Chinois qui voient en lui une menace non pas à long terme, mais immédiate. Sa médaille d’argent aux Jeux Olympiques de la Jeunesse à Buenos Aires passerait pour de l’anecdotique au vu de ce qu’il réalise sur l’autre versant de la montagne ITTF.

Figurant à la 17e place du classement ITTF au début de l’année, il apparaît désormais juste derrière l’armada chinoise et du vétéran Timo Boll. Fan Zhendong, Ma Lin et Lin Gaoyuan voient arriver le Japonais dans le Top 5 et il compte s’y installer durablement. Harimoto a pris son envol vers les sommets du ping international en juin chez lui, au pays du Soleil levant. Il s’impose lors de l’Open du Japon en disposant du Chinois Zhang Jike, légende vivante du jeu, au terme d’un match époustouflant au cours duquel le jeune Nippon sauve une balle de match. Ce résultat met fin à quatre titres consécutifs chinois dans le tournoi.

Tokyo 2020 en ligne de mire

Le point d’orgue de la saison de Tomokazu Harimoto a finalement lieu en Corée du Sud pour les World Tour Grand Finals. Celui que tout le monde veut gagner car les meilleurs de la planète y sont réunis. Les 16 joueurs ayant accumulé le plus de points lors des tournois du World Tour se retrouvent pour un ultime round. Et en sa qualité de n°5 mondial, peu de suiveurs le voient en haut de l’affiche. Après la déception des Chinois (un seul en demi-finale), la porte est entrouverte pour conquérir le titre. 

En dominant aussi facilement ses adversaires, Harimoto arrive en finale pour défier le dernier représentant d’une Chine perdue, Lin Gaoyuan, n°4 mondial. Le défi correspond parfaitement au Japonais qui ne se prive pas d’aller chercher le plus grand titre de sa carrière, l’un des tournois majeurs du circuit.

Face à cette menace grandissante contre l’ordre établi par la domination chinoise, les Fan Zhendong, Xu Xin et autres Lin Gaoyuan regardent davantage dans le rétroviseur que devant eux. Le bolide Harimoto n’en finit pas de surprendre.

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