Tomokazu Harimoto remporte les World Tour Grand Finals et entre dans l’histoire

Tomokazu Harimoto est devenu le plus jeune joueur à remporter la finale du World Tour. (Ittf.com/An Sungho).

Le prodige japonais s’est imposé en finale du dernier grand événement de la saison, dimanche 16 décembre 2018, à Incheon, en Corée du Sud. A l’issue d’un tournoi parfaitement maîtrisé, il devient, à 15 ans, le plus jeune joueur de l’histoire à gagner un tournoi majeur sur le circuit international. Récit d’un weekend historique.

Evidemment qu’il était surveillé par ses rivaux. Evidemment que son statut de 5e joueur mondial malgré sa bouille enfantine attirait l’œil de la concurrence. Mais le voir avec le dernier trophée qui restait encore à soulever cette saison relevait de l’irrationnel. Tomokazu Harimoto a déjoué tous les pronostics en s’adjugeant le tournoi regroupant les seize meilleurs joueurs de l’année. Et tout cela, face à l’armada chinoise venue en nombre pour l’occasion.

Les Chinois en favoris, les Japonais en embuscade

Après une saison débutée mi-janvier avec l’Open de Hongrie, les pongistes cumulant le plus de points au cours des tournois du calendrier international étaient qualifiés pour ce final en apothéose. L’histoire entre la délégation de l’Empire du Milieu et la finale du World Tour est une longue tradition de victoires. Sur les 22 éditions disputées depuis 1996, 17 d’entre elles sont revenues à un Chinois. Seul le Japonais Jun Mizutani a su temporairement mettre fin à cette hégémonie lors de la dernière décennie, après ses victoires en 2010 et 2014.

En partageant le leadership de la délégation nippone avec un certain Harimoto, il est peut-être le seul à pouvoir faire tomber ses éternels rivaux. Ces derniers ont réussi à placer cinq éléments dans le tableau, dont le tenant du titre Fan Zhendong, tenant du titre et récent vainqueur de la Coupe du monde, et Xu Xin, double lauréat du tournoi en 2012 et 2013. Quant à l’Europe, ce sont les Allemands Timo Boll, qui s’était imposé en 2005, et Patrick Franziska qui la représentent.

Dans cette compétition à élimination directe, les huit têtes de série franchissent le premier tour. Après leur entrée en lice, elles se retrouvent pour des quarts de finale explosifs. Outre les victoires des favoris Chinois et Japonais, le Sud-Coréen Jang Woojin et le Brésilien Hugo Calderano se sont bien sortis de leur premier match. Les qualifications de quatre Chinois et de deux Japonais annoncent un duel entre les deux pays majeurs du circuit.

L’exploit majuscule de Hugo Calderano

Après avoir tranquillement négocié le premier tour, les favoris se sont tous fait prendre au piège, à l’exception de Tomokazu Harimoto. Parmi les quatre premières têtes de série, il est le seul à filer en demi-finale en éliminant Jang Woojin (4-1). Xu Xin (n°1), Liang Jingkun (n°3) et surtout Fan Zhendong sont sortis du tournoi avant que ne commence la grande explication entre les cadors. Ce dernier a été surpris par Calderano qui, au terme d’un match parfait, aura fait déjouer celui qui a tout raflé cette saison, notamment la dernière Coupe du monde en octobre. La victoire 4 sets à 2 du Brésilien aura eu le mérite d’ouvrir cette partie du tableau et de lorgner une place en finale.

Dans la partie haute du tableau, l’autre favori de la finale du Word Tour, Xu Xin, a, lui, été battu par son compatriote Lin Gaoyuan (4-2) alors que le dernier Chinois encore en piste, Liang Jingkun, a été éliminé par le Japonais Mizutani (4-2). Les demi-finales, orphelines de Fan Zhendong et Xu Xin, verront donc s’affronter Calderano et Harimoto ainsi que Gaoyuan et Mizutani.

Harimoto en contrôle

Elles ont toutes deux tourné à la correction. Harimoto a écrasé un Calderano émoussé, quelques heures après avoir inscrit le n°1 mondial à son tableau de chasse. Un match à sens unique (4 sets à 0) qui ne reflète pas l’opposition entre ces deux pépites du ping mondial.

Le dernier Chinois en lice, Lin Gaoyuan, a permis à son pays d’éviter un échec retentissant en s’assurant une place en finale. Une finale sans Chinois n’a eu lieu qu’à quatre reprises dans l’histoire de la compétition. Il s’est ainsi défait de Mizutani (4-0) et s’offre un duel sino-japonais tant attendu.

La finale commence pourtant par un premier set fantôme pendant lequel le jeune Nippon asphyxie Gaoyuan par sa prise de balle précoce (11-4). En réaction, le Chinois arrache la deuxième manche (15-13) après avoir sauvé quatre balles de set. Sur les deux suivants, Harimoto accélère alors la cadence et prend à chaque fois quelque points d’avance pour se donner un avantage conséquent de 3 sets à 1 (11-9, 11-9). La cinquième manche permet de voir un Gaoyuan de retour aux affaires en faisant la course en tête (6-3, 8-6 puis 9-7). Sur son service, Harimoto recolle à 9-9. Puis, deux retours de revers gagnants, laissant son adversaire à deux mètres de la balle, offrent le titre au nouveau prodige.

Le bilan du weekend pour l’actuel n°5 mondial est époustouflant. Trois sets perdus en quatre matchs face aux meilleurs, quatre victoires contre des joueurs du Top 10 et surtout la finale du World Tour à son palmarès à seulement 15 ans. De quoi donner un sacré fil à retordre aux Chinois lors des prochaines années.

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