Une “petite” finale pour une “petite” victoire

Harry Kane et Eden Hazard, capitaines respectifs de l'Angleterre et de la Belgique, s'opposaient lors de la "petite finale" de la Coupe du Monde. Crédit : Giuseppe CACACE, Ian KINGTON / AFP

Ce samedi se jouait le match pour la troisième place de cette Coupe du Monde. La Belgique l’a emporté grâce à deux buts de Thomas Meunier et Eden Hazard. Les Diables rouges tiennent leur victoire, mais pas celle qu’ils espéraient.

A chaque compétition la même question : quel est l’intérêt de jouer le match pour la troisième place ? Car finalement, qui a-t-il vraiment à gagner ? Vainqueur ou pas, ces deux équipes tomberont irrémédiablement dans l’oubli. Personne ne se rappelle jamais des troisièmes, à part les troisièmes eux-mêmes. Les joueurs ont perdu déjà tellement : leur rêve de finale, leur espoir de lever la Coupe, le bonheur d’être fêtés partout. Vingt-deux hommes déçus et meurtris s’affrontent sur le terrain, dans une ambiance de joie forcée.

Alors on cherche un peu de satisfaction là où l’on peut en trouver. Les anglais voulaient prouver que, malgré leur défaite face à la Croatie, « football is (nevertheless) coming home » (« Le football est quand-même revenu à la maison »). Peu de personnes les voyaient si loin, eux les premiers. Une équipe en construction qui tenait à montrer qu’il faudra compter avec eux dans les prochaines années. L’objectif était aussi de prouver à leur public qu’il pouvait de nouveau croire en eux, que l’équipe d’Angleterre était prête à retourner aux côtés des meilleurs mondiaux.

La Belgique, elle, avait à cœur de soigner la terrible déception de sa défaite contre la France. Cette équipe, qui se voyait déjà en finale, tenait à montrer qu’elle était capable de gagner. Et surtout, elle avait le désire de ne pas revenir les mains vide. Pour l’honneur comme dirait l’autre. Pour leur public aussi, qui se remet encore difficilement de cette désillusion. Et à défaut d’être une coupe, c’est donc une médaille de bronze qu’ils rapporteront. Avec sans doute un arrière goût d’inachevé. Le symbole d’une petite victoire, mais surtout d’une grande défaite.

Footballistiquement, on peut donc logiquement penser que cette « petite » finale ne sert pas à grand-chose. Psychologiquement, elle paraît quasi vitale. Comme un lot de consolation. Se dire, qu’au moins, on n’est pas revenu bredouille. Que troisième de la Coupe de Monde, ce n’est finalement pas si mal. Les supporters se réunissent, chantent, et font s’entrechoquer les bières une dernière fois. Comme un baroude d’honneur. Pour se dire que ce n’était pas si mal. Et puis le perdant pourra penser quant à lui que de toute manière, cela ne servait à rien …

Aurore Dessaigne

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