US Open : Halte aux critiques, Monfils parmi les grands

(LUTTIAU NICOLAS / L'EQUIPE) (L'Equipe)

Halte au jeu ridicule des journaux français.

Halte aux reproches à l’égard du Bleu diffuseur de plaisir sur les courts depuis 2005.

Halte aux critiques envers un joueur dont l’amour du drapeau demeure inouï.

Halte aux coups de gueules sur le gladiateur qui a été contraint de présenter de touchantes excuses pour avoir échoué face au phénix du circuit.

Halte au double discours médiatique, tantôt l’encensant, tantôt le décriant.

Halte à la cruauté de plus de 15 000 spectateurs devant une tentative renversement du Djoker.

Halte à l’indignité envers l’ambassadeur Français de la tournée Américaine.

Halte aux réprobations quant à une soi-disant contre-performance, prévisible, probable, logique.

Halte aux admonestations dirigées sur l’unique demi-finaliste natif de l’Hexagone.

Halte au mépris pointé sur le tennisman parvenu à asséner onze aces (contre 1) et 36 coups gagnants (contre 26).

Halte aux leçons de morales infligées à un top ten ayant parcouru en moyenne 11,5 mètres par échanges (9 seulement pour son adversaire).

Halte aux mauvaises langues qui osent réprimander un échec dans un duel mettant en scène une paire d’athlètes à état de forme totalement incomparable, l’un jouissant des abandons de trois alter-ego (Jiri Vesely, Mikhail Youzhny, Jo-Wilfried Tsonga), l’autre émergeant d’une série au ratio victoire/défaite effarant (19-3).

Halte aux remords qui n’ont guère de sens.

Halte à l’hypocrisie qui un jour l’adule, le lendemain le calomnie.

« Vous savez, c’est pas facile, on joue le numéro un mondial, on se tend… », Gaël Monfils

 Certes Gaël Monfils a-t-il rendu les armes hier soir. Cependant il est impossible de clamer qu’une fois de plus, sa chance n’a été saisie. En l’occurrence, la probabilité qu’il l’emporte subsistait minime. Croire en ses opportunités était tout à l’honneur de ses fans, mais se métamorphoser en sauvages arrogants assoiffés de haine son match à peine achevé relève de la bouffonnerie. John McEnroe râle ? John McEnroe psalmodie ? John McEnroe hurle au désespoir ? Rien de plus cohérent, un enfant turbulent, qu’il ait 7 ou 77 ans, diverge rarement de ses standards. Dans un témoignage poignant accordé à l’équipe d’Eurosport, « La Monf » souligne l’inhabituelle pression ayant croulée sur ses épaules, orchestrée notamment par un BigMac qu’il « respecte malgré tout ». Aussi le constat sur sa rencontre est réaliste. En effet, l’atmosphère ambiant de la discipline est vecteur d’un postulat souvent omis, il est nécessaire d’admettre que le numéro un mondial ne possède pas ce rang par hasard. N’empêche le droit et le devoir de maximiser ses occasions, de pencher et de se dépasser. Néanmoins, si à l’arrivée l’essai est vain, retourner sa veste est inélégant. Ainsi le courage du Guadeloupéen est-il à souligner. Alors Mesdames, Messieurs, sans une once de doute, hourras, louanges et acclamations au terme de sa quinzaine et en vue de son retour au Pays…

Andy Wong/Associated Press
Andy Wong/Associated Press

 Dans l’ombre de ce « faux scandale », une énorme dispute s’est déroulée sur le mythique du Stade Arthur Ashe. Probablement diminué par son marathon cosmique face à Andy Murray, Kei Nishikori n’a jamais ne serait-ce qu’entrevu la lumière face à Stanislas Wawrinka (4-6, 7-5, 6-4, 6-2). De facto, maints sont ceux qui espéraient un tel scénario, en raison du récit homérique qu’il prépare. Stan – Djoko, soit, 24 batailles, 6 en Grand Chelem, 2 à l’US Open. Vingt occurrences ont théâtralisé le triomphe du second. Le 22 septembre 2006, dès leur troisième confrontation, l’ambiance était électrique, le score à l’avantage du Serbe également (6-4, 3-6, 2-6, 7-6, 6-4). L’eau a coulé sous les ponts, et bien qu’un gouffre manifeste sépare leurs palmarès, le Suisse détient la clé lui permettant de se transformer en bête noir du natif de Belgrade durant quelques heures. Janvier 2014 (2-6, 6-4, 6-2, 3-6, 9-7), mai 2015 (4-6, 6-4, 6-3, 6-4), ou les dates auxquelles cette mutation a eu lieu respectivement au sein de la Rod Laver Arena de Melbourne et sur l’ocre flamboyant du Philippe Chatrier. Roland Garros. En revanche, que ce soit en Australie ou à Roland, le Lausannois avait alarmé autrement plus pernicieusement ses opposants durant les rounds précédents. Une situation n’entravant qu’en faible quantité sa détermination croissante à l’approche de l’ultime palier de Flushing Meadows.

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