US Open : que retenir du tournoi junior ?

Credit photo : Tennis Canada

Un Grand Chelem a toujours une saveur particulière. Chez les jeunes, c’est la première étape qui les mènera vers le circuit professionnel. L’US Open, c’est New York, c’est de la magie, c’est le déclic qui va permettre à un joueur de tendre vers le sommet du tennis mondial. Mais c’est aussi pour les juniors le dernier Grand Chelem de l’année, et pour la majorité d’entre eux, par âge ou volonté de n’évoluer que sur le circuit sénior, la dernière opportunité de remporter un Grand Chelem en simple de leur carrière junior, voire de leur vie. Alors, l’US Open junior est une véritable opportunité pour les observateurs d’examiner et d’envisager les futurs prospects capables de gérer leur sang-froid lorsqu’ils fouleront dans quelques années le court Arthur Ashe pour remporter l’US Open chez les grands. A travers ce tournoi se déroulant en deux sets gagnants, rares sont les matchs de plus d’une heure. Et la visibilité des matchs juniors laisse encore à désirer dans un monde où tous les matchs sont télévisés, aucun match n’est à la portée du spectateur lambda. Pourtant, il est possible de tirer des conclusions de ce tournoi, remporté avec brio par le Canadien Felix Auger-Aliassime.

 

Côté français, un tournoi décevant

Sur 64 joueurs, les français étaient au nombre de 5. On attendait bien évidemment Geoffrey Blancaneaux, récent vainqueur de Roland Garros juniors, tête de série 4, mais aussi Corentin Moutet, 160ème à l’ITF avec uniquement 5 tournois référencés, ce qui le place potentiellement dans un top 15 chez les juniors.

Pourtant, dans l’ensemble, les français n’ont pas été à la hauteur de l’événement…

  • Le 37ème à l’ITF, Elliot Benchetrit, a été défait par Nicola Kuhn, star de la génération 2000, tête de série 13, au premier tour (6-2, 7-6). Le niçois de naissance n’a rien à se reprocher pour le dernier tournoi junior de sa carrière (au même titre que Blancaneaux et Louis Tessa, génération 1998).
  • Constantin Bittoun Kouzmine, sorti des qualifications, n’a lui non plus pas pu faire grand chose au premier tour contre l’italien Riccardo Balzerani (7-5, 4-6, 1-6).
  • Pour Louis Tessa, le tournoi avait commencé de la meilleure des manières. Il avait éliminé la tête de série 9 Benjamin Sigouin (1-6, 7-6, 6-3), pourtant en forme. Mais il a buté sur le local et talentueux Sebastian Korda (7-5, 3-6, 2-6), un autre 2000.
  • Geoffrey Blancaneaux, qui disposait en théorie d’un tableau ouvert jusqu’aux quarts de finale, a chuté dès le deuxième tour contre le 23ème à l’ITF, l’américain Wolf (1-6, 3-6). Il a invoqué des raisons de fatigue, ne tenant pas le rythme simple/double (où il a atteint les quarts de finale avec Benchetrit).
  • Quant au seul représentant français au troisième tour après avoir notamment éliminé la tête de série 16, Louis Wessels, Corentin Moutet a été stoppé par l’Ouzbek Khumoun Sultonov (7-6, 5-7, 4-6), auteur d’un parcours remarquable, éliminant également Blanch (3), ne chutant qu’en quarts contre Watanuki (7).

 

Un vainqueur battant des records de précocités

Depuis hier, nous connaissons le nom du vainqueur de l’US junior 2016. Félix Auger-Aliassime, Canadien de naissance, tout juste 16 ans. Et pourtant, malgré son jeune âge, le bambin a déjà tout remporté. En simple, il a atteint la finale de Roland Garros cette année contre Geoffrey Blancaneaux, et échoué après avoir eu 3 balles de match. Il est revenu à Wimbledon avec la volonté de gagner, mais a échoué en quarts de finale contre le futur vainqueur Denis Shapovalov. Il revenait à Flushing Meadows avec de la détermination, de rééditer l’exploit de l’an dernier, à savoir d’avoir remporté l’US Open en double avec son compère Denis Shapovalov, mais cette fois-ci en simple.

Cette année, il a survolé le tournoi, ne perdant qu’un set, au deuxième tour contre l’Australien Alexei Popyrin (24ème à l’ITF), qui sera à suivre de très près l’an prochain, avec un potentiel de futur vainqueur de Grand Chelem junior. Son tournoi s’est poursuivi avec des victoires en deux sets sur Davidovich Fokina (22ème), Patrick Kypson (128ème, surprise du tournoi), puis Stefanos Tsitsipas, numéro un mondial junior, auteur d’un combat incroyable, d’une intensité rare pour des juniors (6-4, 7-5).

En finale, le Canadien rencontrait le Serbe Miomir Kecmanovic, qu’il a déjà croisé à de nombreuses reprises. Finalement, il n’y aura pas match. Felix Auger-Aliassime l’a emporté en tout juste une heure (58 minutes). Dès le début, il aura fait parler la foudre, breakant d’entrée et se retrouvant à 4-1 après 20 minutes de jeu. Après cela, il n’aura jamais regardé en arrière, ne laissant au Serbe que 3 jeux dans l’intégralité du match. Il a servi comme un sénior, à 80% de premières balles, et produisant 22 coups gagnants contre 7 pour son adversaire.

“C’est un sentiment assez incroyable ! Je sais ce que ça fait de perdre dans une finale de Grand Chelem et je suis heureux d’avoir été en mesure de dépasser cela pour gagner. Toute la semaine, j’ai bénéficié d’un soutien exceptionnel, de la part de ma famille et de mon entraîneur. Je tiens à remercier tous ceux qui m’ont aidé à arriver là où j’en suis aujourd’hui”, Felix Auger-Aliassime

Felix Auger-Aliassime repart de Flushing Meadows en vainqueur en simple, et en finaliste en double (avec Benjamin Sigouin). Ainsi, il devient le quatrième canadien à remporter un Grand Chelem en juniors, après Eugénie Bouchard, Filip Peliwo et Denis Shapovalov, mais il est le plus précoce à l’avoir fait. Aujourd’hui, il deviendra 2ème joueur mondial au classement ITF.

 

D’autres joueurs à suivre

Parmi la génération 1998 pour qui l’US Open constituait leur dernier tournoi, certains ont déçu : Louis Wessels, Ulises Blanch, le favori américain, mais aussi et surtout Geoffrey Blancaneaux, qui ne sera jamais numéro un mondial junior. D’autres ont satisfait : John Jeffrey Wolf, puis Kenneth Raisma et Khumoun Sultonov, auteurs de belles performances et quarts de finaliste, Yosuke Watanuki, demi-finaliste, mais aussi Stefanos Ttitsipas, demi-finaliste également, et encore numéro un mondial junior.

Pour la génération 1999, même constat. Les déceptions sont à noter du côté de Benjamin Sigouin, Yibing Wu, et Alex De Minaur, qui ont perdu très tôt dans le tournoi alors qu’ils étaient tête de série. Les bonnes ondes ont plutôt été du côté du finaliste Miomir Kecmanovic, très impressionnant jusqu’à dimanche, et annonciateur d’une longue carrière sur le circuit professionnel.

Pour la génération 2000, c’est un ensemble de satisfactions. De nombreux joueurs ont tiré leur épingle du jeu, à commencer par le vainqueur du tournoi, mais également des joueurs ayant éliminés des joueurs plus âgés : Nicola Kuhn, quart de finaliste ayant posé de sérieux problèmes à Kecmanovic, mais aussi Yshai Oliel, qui a éliminé au deuxième tour la tête de série 2 Alex De Minaur, ainsi que Sebastian Korda, 307ème la semaine dernière, et qui a pourtant passé deux tours, dont le français Louis Tessa, vainqueur lui-même de Sigouin.

 

L’US Open junior est souvent un tournoi zappé par la génération qui passe sénior (1998), et c’est là où on voit les générations suivantes marquer des points. Retenez les noms de Felix Auger-Aliassime, Miomir Kecmanovic, Nicola Kuhn, Yshai Oliel, et Corentin Moutet, qui devraient se disputer encore de nombreux tournois juniors, à moins qu’ils ne se tardent eux-même à évoluer directement sur le circuit professionnel…

A propos de Clément Carton 140 Articles
- Fondateur et Rédacteur en chef d'Agora Sports - 20 ans, Lyonnais, ambition journalisme sportif, EDJ Nice. Sports de prédilection : Tennis, Basketball. Suivez-moi sur Twitter : @clementcarton

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