Bouffées de chaleur : les alternatives naturelles au THS qui ont des preuves

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Les bouffées de chaleur concernent près de quatre femmes sur cinq au moment de la ménopause. Elles ne durent pas quelques mois, comme on le pense souvent : la grande étude américaine SWAN, publiée en 2015 dans JAMA Internal Medicine, a mesuré une durée médiane de 7,4 ans. Le traitement hormonal de la ménopause reste l’option la plus efficace, mais de nombreuses femmes ne peuvent pas ou ne souhaitent pas le prendre. Face à l’abondance de remèdes présentés comme naturels, il devient difficile de distinguer ce qui fonctionne de ce qui relève de la promesse. Voici un tri fondé sur les méta-analyses et les recommandations des sociétés savantes.

Pourquoi chercher une alternative au traitement hormonal

Le traitement hormonal réduit la fréquence des bouffées de chaleur d’environ 75 %, un résultat qu’aucune autre approche n’égale. Il présente cependant des contre-indications formelles, notamment les antécédents de cancer du sein, de thrombose veineuse ou d’accident vasculaire. D’autres femmes, sans contre-indication, préfèrent éviter les hormones par choix personnel ou après en avoir mal toléré les effets. Pour toutes ces femmes, la question n’est pas de trouver un équivalent du traitement hormonal, qui n’existe pas, mais d’identifier les options capables d’apporter un soulagement réel et mesurable. Il faut aussi garder en tête l’effet placebo, particulièrement élevé dans ce domaine : dans les essais, les bouffées diminuent souvent de 20 à 30 % sous placebo, ce qui explique le succès apparent de nombreux remèdes sans efficacité propre.

Les phytoestrogènes : la piste la mieux documentée

Les phytoestrogènes sont des composés végétaux dont la structure ressemble à celle des oestrogènes. Ils se lient faiblement aux récepteurs oestrogéniques, avec une préférence pour le récepteur bêta. Les deux sources principales sont le soja et le trèfle rouge, qui apportent des isoflavones différentes. Une méta-analyse publiée dans JAMA en 2016, portant sur 62 études et plus de 6 000 femmes, a conclu que les phytoestrogènes réduisaient la fréquence des bouffées de chaleur d’environ une par jour par rapport au placebo. Une autre méta-analyse, parue dans Climacteric en 2015 et regroupant quinze essais randomisés, a retrouvé une réduction significative sans effet indésirable sérieux. L’effet reste modeste en valeur absolue, mais il est reproductible et s’accompagne d’une excellente tolérance, ce qui n’est pas le cas de toutes les options médicamenteuses. Pour le soja, une analyse publiée dans Menopause en 2012 a montré que les produits apportant au moins 54 mg de génistéine par jour réduisaient la fréquence des bouffées d’environ 20 % au-delà du placebo.

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Le trèfle rouge en particulier

Le trèfle rouge (Trifolium pratense) contient quatre isoflavones principales : la génistéine et la daidzéine, présentes aussi dans le soja, mais surtout la biochanine A et la formononétine, qui lui sont propres. Une méta-analyse d’essais contrôlés randomisés publiée dans Nutrients en 2021 a montré une diminution significative de la fréquence quotidienne des bouffées de chaleur avec les extraits de trèfle rouge, en particulier chez les femmes les plus symptomatiques. Les doses utilisées dans les essais tournent autour de 40 à 80 mg d’isoflavones par jour, avec des effets qui apparaissent après quatre à douze semaines. Une partie de la variabilité des résultats s’explique par le microbiote intestinal : seule une fraction de la population occidentale, de l’ordre d’un tiers, possède les bactéries capables de convertir la daidzéine en équol, le métabolite le plus actif. Ce point explique pourquoi certaines femmes répondent nettement et d’autres très peu. Pour un panorama complet des effets du trèfle rouge et ménopause, avec ses précautions d’emploi et les associations possibles, ce guide détaillé reprend l’ensemble des données disponibles.

Les approches non médicamenteuses validées

La thérapie cognitivo-comportementale ne supprime pas les bouffées de chaleur, mais elle réduit nettement leur retentissement, c’est-à-dire la gêne ressentie et l’impact sur le sommeil et la vie sociale. Elle figure parmi les approches recommandées par la Menopause Society américaine dans sa prise de position de 2023 sur les traitements non hormonaux, au même titre que l’hypnose clinique. Ces deux méthodes ont l’avantage de ne présenter aucune contre-indication, y compris après un cancer du sein. Les mesures d’hygiène de vie classiques, comme éviter l’alcool, les boissons chaudes ou les pièces surchauffées, aident certaines femmes au quotidien, même si leur efficacité n’a pas été démontrée dans des essais contrôlés.

Ce qui ne tient pas ses promesses

L’actée à grappes noires (Cimicifuga racemosa), très populaire en pharmacie, n’a pas montré d’efficacité supérieure au placebo dans la revue Cochrane publiée en 2012 sur seize essais et plus de 2 000 femmes. Des cas d’atteinte hépatique ont par ailleurs été rapportés. L’huile d’onagre, le ginseng, le dong quai et la plupart des mélanges vendus comme « spécial ménopause » ne disposent pas non plus de preuves solides sur les bouffées de chaleur. Il est honnête de préciser que la Menopause Society reste prudente envers l’ensemble des compléments, phytoestrogènes compris, en raison de l’hétérogénéité des produits et de résultats jugés modestes. Les phytoestrogènes restent toutefois la seule catégorie de compléments soutenue par plusieurs méta-analyses convergentes.

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Précautions avant de se lancer

Les phytoestrogènes ne conviennent pas à toutes les femmes. Ils sont déconseillés en cas d’antécédent personnel de cancer hormono-dépendant (sein, utérus, ovaire) sans avis de l’oncologue, ainsi que pendant la grossesse et l’allaitement. Une interaction est possible avec les anticoagulants et avec un traitement hormonal en cours. Un échange avec le médecin ou le gynécologue reste indispensable avant de démarrer, d’autant que d’autres causes de bouffées de chaleur, comme un trouble thyroïdien, doivent être écartées. Enfin, la patience fait partie du protocole : juger un complément à base d’isoflavones avant huit semaines de prise régulière ne permet pas de conclure.

En résumé

Aucune alternative naturelle n’égale le traitement hormonal sur les bouffées de chaleur. Parmi les options sans hormone, les phytoestrogènes de soja et de trèfle rouge disposent des preuves les plus solides, avec un bénéfice modeste mais réel et une tolérance excellente. La thérapie cognitivo-comportementale et l’hypnose complètent utilement l’arsenal. L’actée à grappes noires et la plupart des mélanges du commerce, en revanche, n’ont pas fait leurs preuves.

Sources

• Avis N.E. et al. Duration of menopausal vasomotor symptoms over the menopause transition. JAMA Internal Medicine, 2015;175(4):531-539.

• Franco O.H. et al. Use of plant-based therapies and menopausal symptoms: a systematic review and meta-analysis. JAMA, 2016;315(23):2554-2563.

• Chen M.N., Lin C.C., Liu C.F. Efficacy of phytoestrogens for menopausal symptoms: a meta-analysis and systematic review. Climacteric, 2015;18(2):260-269.

• Kanadys W. et al. Evaluation of clinical meaningfulness of red clover (Trifolium pratense L.) extract to relieve hot flushes and menopausal symptoms in peri- and post-menopausal women: a systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials. Nutrients, 2021;13(4):1258.

• Taku K. et al. Extracted or synthesized soybean isoflavones reduce menopausal hot flash frequency and severity: systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials. Menopause, 2012;19(7):776-790.

• Leach M.J., Moore V. Black cohosh (Cimicifuga spp.) for menopausal symptoms. Cochrane Database of Systematic Reviews, 2012.

• The 2023 nonhormone therapy position statement of The North American Menopause Society. Menopause, 2023;30(6):573-590.