[TES] Etape 6 : Signal Iduna Park, la ferveur du peuple jaune

Le Signal Iduna Park et son célèbre Mur Jaune, à l’occasion d’une rencontre de LDC (source : bvb.de)

Nous prenons le chemin du plus grand stade d’Allemagne : le Signal Iduna Park. L’enceinte du Borussia Dortmund est une grande fierté outre-Rhin et fait partie des plus réputées d’Europe. Pour en arriver là, il a néanmoins fallu du temps et des supporters… Hors du commun.

 

Des débuts compliqués

C’est au milieu des années 1960 qu’émerge le projet de construction d’un nouveau stade à Dortmund. L’enceinte de l’époque, le Rote Erde Stadion, est vieillissante et ne correspond plus à la forte demande des fans qui se multiplient. Cependant, le projet a des difficultés à se concrétiser. Ni la ville ni le Land (Rhénanie-du-Nord-Westphalie) ne sont disposés à financer les travaux. Après plusieurs années sans solutions, une bonne nouvelle débarque de Cologne. L’autre ville de Westphalie renonce à sa candidature pour accueillir la Coupe du Monde 1974 et dans le même temps, abandonne l’idée de construire son nouveau stade. Grâce à cela, Dortmund récupère des fonds essentiels de la part du Land et de l’Etat. La construction d’un nouvel édifice, juxtaposé à l’ancien Rote Erde, débute enfin !

Le stade, nommé Westfalenstadion, est inauguré le 2 avril 1974 face au voisin Schalke 04 et est prêt à recevoir la Coupe du Monde. Toutefois, les moyens financiers très réduits ont permis l’élévation d’un stade d’une capacité de 54 000 places, dont seulement 17 000 assises. Nous sommes bien loin de l’enceinte actuelle et de celle originellement souhaitée. Une nouveauté reste notable : un toit permettant de mettre à l’abri 47 000 personnes est implanté, une première en Allemagne.

Aux difficultés budgétaires se sont ajoutées les ennuis sportifs à ses débuts. Le BVB, en perte de vitesse, dû attendre deux ans et la saison 1976-1977 avant de jouer dans son enceinte en première division !

 

Vers le Signal Iduna Park

Il a donc fallu des rénovations drastiques, survenues principalement entre 1992 et 2006, année de l’organisation du Mondial. De longues années qui ont permis au stade de devenir le plus grand du pays avec 81 360 places (dont plus de 25 000 debout) et de totalement changer d’image. Dans les grandes modifications, on trouve les huit célèbres pylônes en acier jaunes hauts de 62 mètres, soutenant désormais la structure de l’extérieur. Ils permettent de supprimer les anciennes colonnes intérieures, gênant fortement la vision dans les nouvelles tribunes.

Le stade modernisé a d’autre part été renommé. En 2005, un contrat a été signé avec Signal Iduna, compagnie d’assurance dont le siège se situe à Dortmund, pour le naming de l’enceinte jusqu’en 2021.

 

Le stade de nuit avec ses huit piliers en acier aux couleurs du BVB (source : bvb.de)

 

Le mur jaune, plus grand KOP d’Europe

La Südtribune, surnommée « Gelbe Wand » (le mur jaune), est la plus grande tribune debout d’Europe. Il faut dire qu’avec ses 24 454 places debout, réparties sur 100m de large et 40m de haut, il est dur de rivaliser. Si le BVB est aussi connu et admiré dans le monde entier, c’est en grande partie grâce à l’ambiance complètement folle et à l’ingéniosité de la tribune. Drapeaux, chants, tifos… Tout est passé en revue, au plus grand plaisir des passionnés du ballon rond.

Si cette tribune est si dingue, c’est en partie grâce à la réglementation allemande, plus clémente que d’autres fédérations comme la FIFA et l’UEFA. Ces dernières obligent les clubs à posséder des sièges et non des tribunes debout notamment. L’affluence du mur jaune lors des soirées européennes est alors de 11 000 sièges seulement… De quoi changer l’atmosphère de tout un stade.

 

L’incroyable Südtribune aux couleurs du BVB (source : imgur.com)

 

 

Stade le plus prisé du continent

Si vous espérez voir un match du BVB au Signal Iduna Park, il vous faudra de la patience et de l’abnégation. Avec près de 80 000 supporters en moyenne, par match de championnat, le Borussia occupe la première place européenne (devant le FC Barcelone et Manchester United). A guichets fermés à chaque rencontre, le stade a de quoi rendre fous les innombrables fans qui aimeraient assister à une partie du BVB. Les précieux tickets sont réservés aux 55 000 abonnés et à l’interminable liste de sympathisants du club… Autant dire qu’à part sur les sites de reventes de places sur les plateformes internet comme Viagogo, délicat d’entrer au Signal Iduna Park.

Encore plus fou, seuls 66 abonnés de la saison 2016-2017 (sur 55 000) n’ont pas renouvelé pour la saison en cours (99,88% de réabonnement, record européen). Selon le club, le motif principal de la non-reconduction serait un déménagement vers des régions lointaines pour des raisons professionnelles. Des fans qui ne reverront jamais l’abonnement tellement la liste d’attente est imposante. Néanmoins, il s’agit d’une bonne nouvelle vécue comme un miracle pour les 66 néo-abonnés parmi les dizaines de milliers de demandeurs !

 

L’impénétrable Südtribune, réservée aux abonnés (source : lagrinta.fr)

 

LE MATCH : Demi-finale aller de la Ligue des Champions 2012-2013 : Borussia Dortmund – Réal Madrid CF (4-1) : Le festival Lewandowski

Après s’être imposé sur le fil face à Malaga en quarts, le BVB reçoit le Réal Madrid au Signal Iduna Park, à l’occasion de la demi-finale aller.

Dans une ambiance stratosphérique, le coup d’envoi est donné. Dortmund débute mieux le match, grâce à un pressing tout terrain redoutable additionné de contres supersoniques. A la 7ème minute, Reus est tout proche de l’exploit personnel après s’être faufilé dans la défense adverse. Son tir croisé est détourné par Diego Lopez et Lewandowski à l’affût n’en profite pas. Une action plus tard, Götze fixe Ramos et place un centre parfait dans les 6 mètres. Lewandowski se jette et prend le dessus sur Pepe : 1-0 (8ème). Quel départ !

Au fil de la mi-temps les débats sont plus équilibrés et le Réal, réaliste parvient à recoller au score sur la seule erreur de la défense. Hummels, hésitant, manque son contrôle (ou sa passe ?) et lance Higuain en profondeur. L’argentin fixe Weidenfeller et sert l’inévitable Ronaldo qui n’a plus qu’à marquer dans le but vide : 1-1 (43ème). Il s’agit du 50ème but en Ligue des Champions du Portugais.

En deuxième période, bis repetita : c’est le BVB qui démarre en trombe. Sur une attaque placée, Lewandowski, en plein cœur de la surface, contrôle le ballon suite à un sublime service de Reus et ajuste Lopez d’un pointu : 2-1 (50ème). A noter le très bon arbitrage : il n’était pas en position de hors-jeu contrairement à ce que pense tous les Merengues. Dortmund, sur sa lancée, ne compte pas s’arrêter là. Cinq minutes plus tard, Schmelzer d’un centre rasant trouve une nouvelle fois Lewandowski. L’attaquant polonais réalise l’enchaînement parfait puis envoie un boulet de canon sous la barre de Lopez : 3-1 (55ème). Et de 3 buts pour Lewandowski, totalement en feu. Le BVB continue sa démonstration avec Gündogan, tout proche de signer le but de la soirée… A toute vitesse il navigue dans la défense madrilène, réalise un grand pont sur Ramos et place une frappe puissante du gauche vers la lucarne opposée. Lopez est à la parade : toujours 3-1 (62ème).

Pendant ce temps-là, Reus continue de faire des misères aux madrilènes. A la 66ème minute, c’est encore lui qui réceptionne dans la surface une remise de Götze. Il contrôle de la poitrine et est poussé dans le dos par Xabi Alonso, emporté par son élan : pénalty ! Lewandowski déjà hauteur d’un triplé prend le ballon. Il ne tremble pas et le transforme en force. Quadruplé pour Robert : 4-1 (67ème). Le buteur passe près du quintuplé sur une frappe arrêtée des 25m détourné en corner du bout des doigts par Lopez (78ème).

Les derniers assauts du Réal ne sont pas convertis. Le BVB de l’inarrêtable Lewandowski l’emporte 4-1 et se rapproche de sa première finale en Ligue des Champions depuis 1997.

Quadruplé inédit pour Robert Lewandowski avec le BVB lors de la demi-finale de LDC face au Réal

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