[ATP NEXT GEN] Karen Khachanov, le tennis russe 2.0

Titré à Chengdu, Khachanov n'en finit plus de surprendre... (source : ubitennis)

Le « tennis des tsars », c’est le petit qualificatif qu’on aurait pu accoler à la Fédération Russe de Tennis (FRT) si Marat Safin avait réussit à enchaîner les victoires derrières ses sacres à Melbourne et l’US, si Nikolay Davydenko était parvenu à dépasser le stade des demis en Grand Chelem, si Mikhail Youzhny avait accompagné son revers une main d’autres coups solides. Si, en somme, le trio d’espoir russe de la décennie 2000 n’avait pas été stoppé par l’homme du moment, alors sur toutes les bouches, il s’agit évidemment, on l’aura deviné, de Roger Federer. Car c’est bien lui qui a mis un terme en huitièmes de finale à la course folle de Youzhny à Roland, car c’est bien lui qui a empêché Davydenko d’atteindre l’ultime pallier à New York, en 2006 et en 2007, car c’est bien lui qui a éteint, au All England Club en demi-final 2008, le parcours explosif que réalisait alors Safin. 

Si leurs échecs n’ont pas été systématiquement dus au suisse, il n’en demeure pas moins que celui-ci a été un sérieux roc à traverser sur des carrières qui n’ont pas tardé à voir l’émergence d’un Big Four imbattable agrémenté d’un Stanislas Wawrinka parfois en furie. Mais un jour, parce que l’eau coule sous les ponts, parce que les années passent, Rafael Nadal, Novak Djokovic, Andy Murray, et il faudra bien l’admettre, Federer, ne joueront plus. Et dans la compétition que se livreront alors les jeunes loups de la Next Gen, la Russie aura de nouveau son mot à dire. Karen Khachanov semble même d’ores et déjà paré à cette nouvelle ère qui pointe…

CARTE D’IDENTITÉ

Nom : Karen Khachanov
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Date de naissance : 5 mai 1996
Nationalité : Russe
Classement (au 30.10.17) : 44e
Taille / Poids : 198 cm / 88kg
Pro depuis : 2013
Coach : Galo Blanco
Style : Droitier, revers à deux mains
ATP Comparaison : Marat Safin
Idole : Marat Safin et Juan Martin Del Potro
Surface favorite : Indoor
Objectif : « Devenir numéro 1 mondial »
Meilleur souvenir tennistique : Atteindre les huitièmes de finale de Roland Garros 2017

 

« Petit » Karen deviendra grand

La première fois qu’il tient une raquette dans ses mains, le petit Karen, 3 ans, est en maternelle. Né de parents arméniens – Agbar, joueur de volley professionnel et Natalia, médecin -, il est directement placé dans un groupe de tennis. Une dizaine d’année plus tard, en 2011, il fait ses premiers pas sur le circuit ITF, chez lui, dans sa ville natale : Moscou. Dès lors, il enchaine les victoires et affiche un ratio de 88 succès contre une quarantaine de défaite. Et lorsqu’il intègre le circuit professionnel en 2013, c’est très vite la consécration puisqu’il devient à 17 ans, le plus jeune joueurs russe en Coupe Davis.

Ce n’est pas tout, quelques temps plus tard, il parvient à se qualifier pour les quarts de finales de la Coupe du Kremlin (ATP de Moscou). Les deux années qui vont suivre le verront confirmer son rang de « pro ». Il remporte un premier challenger à Istanbul en 2015, un second à Samarkand en mai 2016 et affirme son rang, cette fois-ci « d’espoir » en étant sacré, en octobre de la même année à l’Open de Chengdu. Il n’est alors qu’à la 101ème place au classement, et s’offre successivement Joao Sousa (7-6, 6-3), Feliciano Lopez (6-3, 6-4), Viktor Troicki (6-3, 7-5) et finalement Albert Ramos-Viñolas (6-7, 7-6, 6-3).

 

« Je pense qu’il va devenir encore plus fort, il faut qu’il améliore son revers et son jeu offensif »

Derrière lui, Galo Blanco, n’est autre qu’un contemporain de Marat Safin, et l’ex-entraineur de … Milos Raonic. Et lorsque l’on connait l’excès de professionnalisme recherché par le canadien, on comprend tout de suite les aspirations de Khachanov. À l’âge de 15 ans, il quitte Moscou et son climat glacial pour rejoindre Split. Là, il rencontrera son premier coach, Vedran Martic. Il affirme avoir été attiré par le professionnalisme de cet ancien membre de la team Ivanisevic. L’alliance ne durera pourtant pas si longtemps que ça, car quelques années plus tard, ce n’est non sans regret qu’il quitte la Croatie pour s’installer à Barcelone. Avril 2014, c’est la rencontre avec Galo Blanco. Il avoue que c’est « l’amour du travail » de Karen qui l’a tout de suite attiré.

 

2017, prémices d’une éruption ?

Un amour du travail qui se reflète clairement dans sa saison 2017 durant laquelle il ne cache plus ses prétentions. À Barcelone tout d’abord, il élimine aisément Thomas Bellucci (6-3, 6-4) et Pablo Cuevas (7-6, 7-6), avant d’écarter le premier top 10 de sa carrière, David Goffin (6-7, 6-3, 6-4). À la suite de quoi il se hisse en deuxième semaine à Porte d’Auteuil, sans jamais se faire breaker, contre Nicolas Jarry (6-4, 3-6, 7-6, 6-1) au premier tour, mais surtout Thomas Berdych (7-5, 6-4, 6-4) et John Isner (7-6, 6-3, 6-7, 7-6) par la suite. À Halle et Wimbledon, il continue de faire sensation. En Allemagne, il atteint le dernier carré, en venant notamment à bout de son compatriote et ami, Andrey Rublev (7-6, 4-6, 6-3), et à Londres, il ne s’incline que face à un Rafael Nadal en très grande forme.

 

« Marat Safin et Juan Martin Del Potro étaient les 2 joueurs que je regardai tout le temps. Je n’aurai jamais pu jouer en même temps que Marat mais me voila sur le même circuit que Del Potro, ce qui me fait bizarre »

Oui, ses idoles ne sont autres que deux géants des cours. Le premier, 1 mètre 93 et 88 kg, le second 1 mètre 98 pour 97 kg. Karen ? 1m98 pour 88 kg. Le poids de son compatriote, la taille de son modèle argentin. Il a le coup droit du premier, le service du second. Que désirer de plus ? Gagner un Grand Chelem ? Pire, lucide et mature pour son âge, lorsque la presse l’interroge sur ses ambitions, sa réponse est d’autant plus précise :

«Devenir n°1 mondial et gagner un titre du Grand Chelem. Je ne sais pas si cela va se produire, mais je vais tout faire pour réaliser ces objectifs. J’aimerais jouer le plus longtemps possible, mais beaucoup d’entre nous arrêtent leur carrière plus tôt que prévu en raison des blessures. Mais regardez cette année, Federer est en bonne santé et il réalise l’une des meilleures saisons de sa carrière après six mois sans compétition… »

 

Le talent, la volonté, l’ambition, le charisme et la puissance… Tout semble être opérationnel pour que Karen Khachanov atteigne son apogée. À ce titre, Blanco serein quant à l’avenir de son poulain, satisfait par l’immense marge de progrès qu’il lui reste à accomplir. Et à Agora Sports, nous aussi… Rendez-vous aux ATP Next Gen Finals à Milan du 7 au 11 novembre prochain.

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