Une semaine sur la planète blanche #16 : Mikaela Shiffrin et Vaultier sur le toit du monde, Roger sur le podium, Marie Bochet double championne paralympique

Marie Bochet déjà double championne paralympique après deux jours de compétition... (© Karl-Joseph Hildenbrand/Maxppp)

Parce qu’il n’y a pas que les sportifs valides sur la planète blanche, les nuits des amoureux de la neige sont remplies, depuis le week-end passé, par les Jeux paralympiques disputées à PyeongChang, sur les mêmes sites que les JO du mois de février dernier. Para ski alpin, ski de fond, biathlon, snowboard, curling et hockey-sur-glace sont au programme. Pour faciliter la compréhension et une lisibilité plus claire, les compétitions des quatre premiers sports énoncés ci-avant sont divisées en trois catégories : celle des déficients visuels, celle des assis et celle des debout. C’est dans cette dernière que Marie Bochet, porte-drapeau de la délégation française vendredi dernier dans le stade olympique (temporaire, comme les pistes de ski alpin qu’elle dévale) de PyeongChang, s’illustre en dominant les compétitions alpines de la tête et des épaules. Deux jours de compétitions et déjà deux titres pour la Française, nous y reviendront comme nous reviendrons sur les autres français (déjà) médaillés. Pour revenir sur les Paralympiques en eux-mêmes, ces Jeux nous montrent à quel point l’Homme peut se révéler persévérant et résiliant à la suite d’un accident de la vie où comme les humains peuvent rassembler en eux une volonté qui leur fait déplacer des montagnes alors qu’ils étaient arrivés dans le grand monde qu’elle la planète bleue avec un handicap. Ce qu’ils font est remarquable. Et à le mérite d’être médiatisé comme c’est le cas pour ces Jeux paralympiques d’hiver 2018. Sinon, le reste de la planète blanche vit ses derniers exploits et ce début de mois de mars. Retour sur un week-end chargé en compétition de Kvitfjell à Scuol en passant par Oslo-Holmenkollen, Kontilahti, Amsterdam, PyeongChang, Moscou et Ofterschwang.

Les bons calculs de Martin Fourcade à Kontiolahti, Anaïs Chevalier de retour sur le podium et un relais mixte (encore) en or

Le septième gros globe de cristal approche pour Martin Fourcade… Crystal globe is coming comme diraient les anglo-saxons ! À deux semaines de la clôture de l’hiver, le sportif olympique français le plus titré de l’histoire compte 43 points d’avance sur son rival norvégien Johannes Bø alors même qu’il a manqué le sprint de Kontiolahti à cause d’une vilaine gastro-entérite pas encore totalement résorbée jeudi dernier. Pendant ce temps-là, le petit Bø avait chaussé les skis mais avait manqué l’occasion de prendre le dossard jaune, la faute à un mauvais tir debout, en terminant quatrième quelques dixièmes derrière le Tricolore Quentin Fillon-Maillet, qui signe son meilleur résultat de l’hiver à la suite de JO totalement manqués. Puis est venue la mass-start du dimanche où Martin Fourcade, après un premier tir à 3/5, n’a plus manqué une cible pour être en position de l’emporter. Finalement, après une chute l’impliquant avec Anton Shipulin, c’est l’Autrichien Julian Eberhard qui a gagné devant lui et le Russe, Johannes Bø ne terminant qu’à la 19eme place. Tout cela donne à Martin Fourcade un nouveau petit avantage psychologique alors que l’étape d’Oslo-Holmenkollen se profile à l’horizon des carabines des biathlètes…

Martin Fourcade sur le podium à Kontiolahti malgré la maladie… (© IBU)

Chez les dames, Anaïs Chevalier s’est rappelée au bon souvenir de ses exploits de Nove Mesto en décembre 2016 – où elle avait remporté la poursuite – en signant un joli podium lors de la mass-start finlandaise de Kontiolahti derrière l’Allemande Vanessa Hinz, qui remporte sa première Coupe du monde, et l’Italienne Lisa Vittozzi, très en forme en cette fin de saison. Effectivement, elle avait terminé à la troisième place du sprint derrière Domracheva et Hildebrand. Au général de la Coupe du monde, c’est la Finlandaise Kaisa Mäkäräinen qui est devant : Kuzmina est 53 points derrière elle.

Quand t’es contente d’être de retour sur le podium ! (© IBU)

Le relais mixte est décidément une discipline qui réussit aux Français. Enfin, c’est le regard du côté lumineux de la journée de samedi qui nous fait dire cela. Ce côté c’est la jolie victoire d’Antonin Guigonnat et d’Anaïs Chevalier lors du relais mixte simple à peine trois secondes devant les Autrichiens Hauser et Eberhard et les Norvégiens Olsbu et Johannes Bø. Le côté sombre est constitué par le relais mixte qui a suivi, le vrai, celui qui est une discipline olympique où les Français ont été titrés à PyeongChang. Dans une composition aux trois-quarts inchangée – Quentin Fillon-Maillet ayant pris la place de Martin Fourcade -, les Bleus ont pâti de la craquante d’Anaïs Bescond sur son tir debout (deux tours de pénalité). Malgré des parcours masculins parfaits, sans aucune pioche, la France a terminé à la cinquième place loin derrière les Italiens, triomphants de l’Ukraine et la Norvège.

Une victoire qui fait du bien pour Antonin Guigonnat et Anaïs Chevalier ! (© IBU)

Le sixième globe de Pierre Vaultier, Moenne-Loccoz/Trespeuch, un duo en cristal !

La saison 2017/2018 de Pierre Vaultier est tout bonnement parfaite après que le snowboardeur français a assuré un sixième globe de cristal, dix ans après le premier. En plus de ces deux titres olympiques et de son titre mondial 2017, Vaultier s’est bâti un palmarès hors normes dans le monde du snowboardcross. Je vous parle au passé car les épreuves de Veysonnaz du week-end prochain, les finales, pourraient bien être ses dernières sur le circuit mondial. Son avenir est, en partie, lié à l’évolution des bordeurs (parcours) qu’il juge, dans une interview accordée à L’Equipe du 11 mars, pas assez techniques et rapides et qui donnent une mauvaise image de son sport. Cependant, l’envie de défendre son titre mondial à Salt Lake City en 2019 l’anime. Il devrait donc repartir pour un hiver, au moins. Et comme, “au bout d’un moment, il faut y retourner. Il faut regagner. C’est un besoin” (L’Equipe, 11/03), l’aventure pourrait bien se poursuivre encore plus…

Pierre Vaultier, à gauche, a remporté le week-end passé son sixième globe… (© Miha Matavz)

Les Françaises Nelly Moenne-Loccoz et Chloé Trespeuch, en remportant avec aisance, le team event moscovite – le troisième de l’hiver – se sont assuré le petit globe de cristal de la spécialité, comme l’hiver passé. Tout en décontraction. Le gros globe est revenue à l’Italienne Michaela Moioli, troisième de l’épreuve individuelle remportée par la Tchèque Samkova devant Moenne-Loccoz.

La joie des Françaises Trespeuch et Moenne-Loccoz, vainqueurs du team event moscovite. (© Miha Matavz)

Mikaela Shiffrin prend un deuxième gros globe, Brice Roger troisième du Super-G avec le dossard 49 !

Ce n’était plus qu’une formalité tant elle avait dominé le circuit mondial avant les Jeux olympiques, c’est désormais officiel ! L’Américaine Mikaela Shiffrin, grâce à sa troisième place lors du géant d’Ofterschwang remporté par la Norvégienne Ragnhild Mowinckel, s’est assurée le gain du gros globe de cristal qu’elle soulèvera le week-end prochain à Åre à l’issue des finales de la saison. Le lendemain, elle a gagné son cinquième petit globe du slalom en remportant l’épreuve allemande devant la Suissesse Holdener et la Suédoise Frida Hansdotter, championne olympique. Nastasia Noens et Adeline Baud-Mugnier, 17eme et 23eme, ne sont pas parvenues à se qualifier pour le slalom des finales : leur hiver est terminé. Pour ce qui est de Tessa Worley, elle est en bien mauvaise posture pour conserver son globe du géant car elle compte 92 points de retard sur Viktoria Rebensburg à la suite de sa douzième place d’Ofterschwang…

Mikaela Shiffrin s’envole pour la Suède assurée du gros globe et du petit globe du slalom. (© Agence Zoom)

Un podium avec le dossard numéro 49… Pas sûr que Brice Roger y avait rêvé samedi soir après le tirage au sort du Super-G de Kvitfjell. Pourtant, il a bien réalisé cet exploit sur le lendemain sur l’Olympiabakken de la station norvégienne, en échouant à 33 centièmes de Kjetil Jansrud, le vainqueur, qui remporte aussi le petit globe de la spécialité. Beat Feuz est intercalé entre le duo franco-norvégien comme il avait pris la deuxième place de la descente saturnale derrière l’Allemand Dressen et devant Svindal qu’il repousse à 60 points au classement mondial de la spécialité. L’ombre de David Poisson devait planer sur Kvitfjell dimanche dernier pour porter Brice Roger sur le podium… #DPforever

Immense exploit de Brice Roger, troisième du Super-G de Kvitfjell avec le dossard 49. (© Agence Zoom)

En bref…

Maurice Manificat a perdu son dossard rouge de leader de la Coupe du monde de distance à l’issue du légendaire et populaire 50km libre d’Oslo-Holmenkollen remporté au jeté de pied par le Suisse Dario Cologna, nouveau détenteur de ce dossard, devant le Norvégien Sundby. Le Français n’a pris que la 21eme place et pointe désormais à 63 unités de Cologna, Sundby étant à 30 points, à l’amorce des finales de Falun. Magnifique dixième place de Robin Duvillard qui signait son grand retour en Coupe du monde ; Adrien Backscheider est douzième. Chez les dames, c’est la légende Marit Bjørgen qui remporte le tout aussi légendaire 30km libre, son septième à Oslo, quelques secondes devant Diggins, Haga et Kalla. Seizième place pour Coraline Thomas-Hugue alors qu’Aurore Jean termine 38eme de sa dernière course en Coupe du monde… Un adieu au plus haut niveau sur la colline d’Holmenkollen sur un 30km, que demander de mieux ?

Dario Cologna, roi du 50km d’Oslo 2018. (© Nordic Focus)

Le Raw Air Tournament s’est ouvert le week-end passé sur le tremplin osloïte d’Holmenkollen : après cinq sauts, c’est le Polonais Kamil Stoch qui mène le danse 6.5 points devant le Norvégien Robert Johansson. Le concours individuel en lui-même est revenu à un autre Norvégien, Daniel-Andre Tande. Le Français Jonathan Learoyd a terminé à la 25eme place. Le concours féminin, disputé sur ce même tremplin, a été dominé par la locale Maren Ludby : Lucile Morat a pris la 19eme place et Léa Lemare la 25eme.

Le quadruple champion olympique Simon Ammann était de la compétition d’Oslo. (© FIS)

Le Japonais Akito Watabe s’est imposé sur le gundersen oslovien disputé sur la colline d’Holmenkollen devant l’Allemand Fabian Rieβle et l’Autrichien Mario Seidl. Watabe compte maintenant 101 points d’avance sur Jan Schmid au général : il reste encore six Coupes du monde qui seront disputées ses deux prochaines semaines entre Trondheim, Klingenthal et Schonach. En snowboard alpin, la compétition de slalom géant parallèle de Scuol est revenue à la Tchèque Ester Ledecka et au Slovène Tim Matsnjak, Sylvain Dufour terminant treizième.

Fin de carrière pour le Norvégien Mikko Kokslien, vainqueur de 7 épreuves en Coupe du monde. (© Nordic Focus)

Enfin, les Mondiaux toutes épreuves de patinage de vitesse avaient lieu le week-end passé à Amsterdam : le Néerlandais Patrick Roest l’a emporté chez les hommes tandis que c’est la Japonaise Miho Takagi qui a décroché l’or chez les dames, devenant ainsi la première patineuse asiatique à réaliser cela.


JEUX PARALYMPIQUES 2018 : déjà deux titres pour Marie Bochet, deux médailles d’argent pour Arthur Bauchet et Benjamin Daviet titré en biathlon !

Il fallait se lever tôt le week-end passé pour admirer les prouesses des skieurs français lors des Jeux paralympiques de PyeongChang. En deux jours de compétition, le clan tricolore, fort de douze membres polyvalents dans leurs sports, a déjà récolté six médailles pour trois en or. Deux viennent de la skieuse alpine Marie Bochet, quadruple championne paralympique à Sotchi et porte-drapeau, qui l’a emporté en descente et en Super-G dans la catégorie debout. L’autre a été remportée par Benjamin Daviet en biathlon, lors du sprint catégorie debout, grâce à un 10/10 derrière la carabine et un gros niveau sur les skis. En ski alpin, catégorie debout une nouvelle fois, Arthut Bauchet, 17 ans, a été deux fois devancé par le Suisse Gmur lors de la descente et du Super-G pour décrocher deux supers médailles d’argent. Frédéric François a arraché le bronze lors du Super-G catégorie assise où Yohann Tabarlet avait pris la quatrième place lors de la descente. Et puis, trois autres breloques sont arrivées dans la nuit de dimanche à lundi : l’argent pour Benjamin Daviet sur le 20km debout en ski de fond, le bronze de Thomas Clarion, accompagné d’Antoine Bollet, sur la même épreuve mais dans la catégorie déficients visuels et la dernière médaille est venue de Cécile Hernandez qui a pris le bronze en snowboardcross catégorie LL1. Trois jours de compétitions, neuf médailles pour les Bleus menés parfaitement par Marie Bochet !
L’immense joie de Benjamin Daviet, champion paralympique du sprint debout en biathlon. (© Getty Images)

+ Une semaine sur la planète blanche #15

+ Tous les articles d’Agora Sports portant sur les Jeux olympiques de PyeongChang 2018

A propos de Florian Burgaud 54 Articles
Amoureux de sport depuis tout petit. Les sportifs d'hiver c'est la vie. Étudiant en M1 journalisme sportif à l'EDJ Nice.

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