[AU CŒUR DE L’EUROPE] Arber Zeneli, atout charme du Stade de Reims

Après six mois prometteurs, de janvier à juin 2019, avec le maillot rouge rémois, la saison 2019-2020 aurait du être celle de la confirmation et de l’éclosion pour Arber Zeneli. Une rupture des ligaments croisés contractée lors d’un match avec sa sélection kosovare en a décidé autrement. Le numéro 17 champenois est privé des terrains jusque février 2020. Reims est privé d’une arme offensive redoutable et de son principal atout charme.

« Ça va être un élément important de cette fin de saison. Parce qu’on a besoin de la dernière passe d’Arber, qu’il mette nos attaquants dans de bonnes conditions. Le Stade de Reims a besoin d’Arber. » David Guion, le coach rémois, était enthousiaste à l’idée du retour d’Arber Zeneli dans le groupe champenois. Mais, après une mi-temps en National 2 contre Schiltigheim le 22 février et cinq minutes à Louis II le 29 février, le Kosovar n’a plus foulé les pelouses du championnat de France. La faute au Covid-19. Avant cela, Zeneli devait se remettre d’une rupture des ligaments croisés, contractée avec sa sélection kosovare lors d’un match de qualification contre le Monténégro. Un frein pour celui qui avait montré des qualités indéniables lors de ses six premiers mois en Ligue 1.

Aimé au premier regard

Arrivé en janvier 2019, à la fin du mercato d’hiver, Zeneli est alors le meilleur passeur d’Eredivisie avec Heerenveen (11 passes décisives) et serait suivi par des grands clubs européens (Chelsea notamment). « On suit le championnat d’Eredivisie pour le recrutement, notamment pour le secteur offensif où le clubs font souvent du travail intéressant, confie David Guion dans Breaking Sport, concernant son numéro 17. On travaillait depuis de nombreuses semaines à son sujet et au mois de juin le prix n’aurait pas été le même. » Reims le recrute pour cinq millions d’euros et double une concurrence féroce. Dès ses premiers jours en Champagne, ses coéquipiers sont impressionnés. « Dès qu’il a touché le ballon, on s’est tout de suite rendu compte que c’était un joueur spécial, qu’il allait nous apporter et qu’il allait devenir important», se remémore Tristan Dingomé pour France Football. Adopté par le groupe rémois, Zeneli devient rapidement le chouchou du stade Auguste-Delaune par des performances remarquées, notamment grâce à un pied droit soyeux. Le joueur, qui peut aussi bien évoluer sur les deux côtés que dans l’axe en soutien de l’attaquant, compile trois buts (4e rémois) dont deux pénaltys et trois passes décisives (2e rémois) en 804 minutes (15 matches dont 8 comme titulaire). Impliqué directement dans un but toutes les 134 minutes, il est le Rémois le plus décisif. En prenant en compte les statistiques avancées, Zeneli compte 0,33 xG/90min (avec deux pénaltys) et 0,21 xA/90min (1e rémois). A la somme des deux, il est deuxième de l’effectif de David Guion (0,54xG + xA, Dia est premier avec 0,57).

Après deux matches pour prendre ses marques contre Marseille (16 minutes, 2 février) puis contre Toulouse (5 minutes le 10 février), Zeneli joue une demi-heure contre Rennes et distille sa première passe décisive (pour 2 passes clés).

Zeneli reçoit le ballon dans son camp, avant d’enchaîner avec une course de quarante mètres, tout en résistant au retour de Bensebaini
Arrivé à l’entrée de la surface, Zeneli gère parfaitement le 3 contre 2 en décalant Oudin sur le côté gauche qui fusille Koubek.

La semaine d’après, à Montpellier, Zeneli est titulaire sur le côté droit de l’attaque rémoise et réalise sans doute sa prestation la plus aboutie avec 1 but sur pénalty, 1 passe décisive et 4 passes clés.

Zeneli reçoit le ballon à quarante mètres des buts du MHSC et se retourne par un contrôle orienté qui le met dans le sens jeu.
Après avoir effacé Le Tallec (cercle), Zeneli progresse dans l’axe et, comme contre Rennes, décale Oudin sur le côté gauche qui s’en va tromper le gardien montpelliérain.

« C’était facile, il allait toujours de l’avant. »

Redoutable balle au pied (2,4 dribbles par match en moyenne, au moins un de plus que tout autre rémois), Zeneli apporte surtout le danger par son jeu de passe (1,12 passes clé par match, 3e rémois), en étant habile aussi bien de son pied droit que de son pied gauche.

Ici, contre Angers, Reims contre-attaque, Dia a le ballon dans les pieds. Zeneli (cercle), Oudin (cercle) et Cafaro (cercle) sont à ses côtés.
Zeneli est servi par Dia et accélère sur le côté gauche afin de rentrer dans la surface. Plutôt que de centrer vers Oudin, pris en tenaille par deux défenseurs au premier poteau, le Kosovar adresse un centre parfait du gauche (son mauvais pied) pour Cafaro qui trompe le gardien angevin.

Redoutable par la passe, Arber Zeneli est également un danger constant par la frappe (1,7 tir par match, 3e rémois). L’attaquant n’hésite pas à tenter sa chance de loin pour surprendre les gardiens (48 % de tirs en dehors de la surface).

Ici contre Rennes, Zeneli, ballon au pied, quitte le côté gauche pour repiquer dans l’axe et se retrouver sur son pied droit. En bonne position, il tente sa chance. Sa frappe sera détournée par Koubek sur le montant.

Ses qualités et sa volonté d’aller toujours vers l’avant sont un apport important à une équipe de Reims, dont l’assise défensive est bien plus reconnue que l’animation offensive. Meilleure défense du championnat en 2019-2020 (21 buts encaissés), Reims est également la deuxième pire attaque (26 buts marqués), sans un Zeneli qui aurait apporté percussion, précision et danger dans les derniers mètres adverses. « C’était amusant de jouer avec Arbër. Je lui donnais le ballon et je ne le voyais plus. Je n’avais pas de souci. C’était facile ! Il allait toujours vers l’avant.», indique, pour France Football, Stefano Marzo, joueur de Lokeren et ancien coéquipier de Zeneli à Heerenveen. Ces prises d’initiative en font un joueur déroutant, mais cela peut également porter préjudice (2,1 ballons perdus par match, 1e rémois). Son apport défensif peut (doit) également être amélioré. «Il faut qu’il comprenne tous les aspects tactiques, notamment dans le replacement, dans l’idée de venir bosser en binôme dans le couloir et dans le bloc équipe. Il y a un gros travail tactique à effectuer.», souligne David Guion. Lors de la saison 2018-2019, Zeneli effectuait 0,1 interception par match (en comparaison Oudin en réalisait 1,1) et 0,5 tacle (Oudin en faisait 1,4 et Cafaro 1,7).

«Je ne pense pas que ce sera sa dernière étape. S’il continue ainsi cette progression, le plafond est très haut. C’est vraiment un gars qui bosse dur, qui est très pro, il a tout pour lui. Et il ne s’arrêtera jamais. Il ne se contentera jamais de ce qu’il a. Il en voudra toujours plus.», témoigne Adam Lundqvist, coéquipier de Zeneli à IF Elfsborg. Cela tombe bien. Reims jouera la Ligue Europa en 2020-2021. L’occasion pour Zeneli de confirmer ses premiers mois rémois et de prouver qu’il peut aller encore plus haut.

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