[INTERVIEW SKI DE FOND] Flora Dolci : “J’essaie de tracer mon chemin doucement”

Flora Dolci lors du relais féminin de La Clusaz en décembre 2016. Une expérience "super stimulante" selon ses mots. (© Tous droits réservés)

Et oui, les Jeux olympiques de Pékin c’est déjà demain ! Alors que ceux de PyeongChang n’ont même pas encore été disputés, Agora Sports, au milieu de sa série d’interviews s’intéressant aux sportifs hivernaux tricolores qui feront les prochains Jeux, a fait le choix de questionner une jeune fondeuse qui n’ira pas en Corée du Sud. Effectivement, Flora Dolci (18 ans), qui a disputé sa première Coupe du monde il y a un an à La Clusaz grâce aux quotas réservés à la nation organisatrice de l’étape, vise cet hiver les Mondiaux juniors. Dans cet entretien qu’elle nous a gentiment accordé, Flora Dolci revient sur ses objectifs, ses performances de cet hiver mais aussi sur l’expérience de La Clusaz. Elle évoque également les deux techniques de pas des fondeurs : le classique et le skate. Flora Dolci parle du groupe France juniors et de la concurrence avec ses compatriotes. Pour finir, la fondeuse tricolore nous confie son souvenir olympique ainsi que le nom de son idole. Bon voyage sur la planète ski de fond, vue par une jeune et prometteuse fondeuse.

Vous êtes encore jeune, vous avez 18 ans, et les Jeux olympiques ne seront pas au programme de votre milieu d’hiver. Je pense que vous rêvez d’être de la fête dans quatre hivers à Pékin. Que représente cette grand-messe du sport pour vous ? 

“Que ce soit en tant qu’athlète ou en tant que spectateur, les Jeux olympiques représentent un événement extraordinaire et riche en émotion ! Pour le moment je dois reconnaître que je ne pense pas vraiment aux Jeux de Pékin en 2022, je suis encore très jeune et à cette période beaucoup de choses peuvent changer d’une saison à une autre. J’essaie de tracer mon chemin doucement, saison après saison. Il y a encore deux ans je découvrais tout juste le circuit OPA (l’équivalent du circuit Européen) et j’ai encore de nombreuses choses à découvrir et à apprendre. Les Jeux de Pékin me font bien-sûrs rêver mais pour le moment ce n’est pas encore un objectif concret.”

Flora Dolci sur la troisième marche du podium de la mass-start 10km libre de St. Ulrich, derrière l’Allemande Dietze, au centre, et sa compatriote, Juliette Ducordeau, à gauche. (© Tous droits réservé)

Cet hiver vous avez participé aux courses FIS de Prémanon/Les Tuffes et aux OPA juniors de St. Ulrich/Pillerseetal en Autriche. Êtes-vous satisfaites de votre mois de décembre ? Quelles sont les sensations ?

“Ce mois de décembre était assez riche en rebondissements, il a commencé dans les meilleures dispositions possibles, j’étais même surprise de mes résultats sur la première course nationale qui ouvrait mon hiver, puis ce fût un peu plus compliqué. La semaine précédant l’OPA de Prémanon, je suis tombée malade donc je n’ai pas couru la première course du week-end et la seconde a été annulée en raison des conditions météorologiques. Le week-end suivant à St. Ulrich, la forme n’était pas vraiment au rendez-vous, j’étais assez déçue de mes deux premières courses, mais la troisième m’a plutôt bien remonté le moral dans la mesure où je monte sur la troisième marche du podium. Malgré tout cela le mois de décembre fût assez mitigé au niveau de mes résultats, le début de l’année 2018 s’annonce un peu mieux avec la dernière OPA en Suisse. Les sensations étaient vraiment présentes et me permettent d’aller chercher une première et une troisième place sur les deux dernières courses.”

Vous avez goûté à la Coupe du monde l’hiver passé à La Clusaz avec une mass-start 10km libre et un relais avec les copines. Ça fait quoi d’être lancée dans le grand bain d’un coup ? La semaine précédente vous signiez un podium chez les juniors en Italie et devant votre public vous finissez 44eme, ce qui n’est pas rien pour une première au plus haut niveau. Quel était votre sentiment au sortir de ce week-end ?

“La seconde place en OPA était déjà pour moi quelque chose d’exceptionnelle ! Je n’en revenais pas, jamais je ne me saurais cru capable de ce résultat ! Ensuite on m’a annoncé que j’étais sélectionnée pour la Coupe du monde à La Clusaz. Au début j’étais un peu paniqué. Ça me faisait plutôt peur de courir avec des filles d’un niveau aussi élevé. Au final c’était formidable ! J’ai pris cette course comme un bonus, une opportunité de prendre un maximum d’expérience ! C’était grisant de courir avec des athlètes qui sont pour moi des modèles ! Et ce premier week-end en Coupe du monde s’est clos de la meilleure manière possible avec un relais génial ! C’était super stimulant de courir pour la France dans le cadre d’un relais, même si nous savions que nous n’étions pas là pour jouer un résultat précis.”

Flora Dolci lors du 10km libre de l’étape de Coupe du monde de La Clusaz, en décembre 2016. (© Tous droits réservés)

Cette année, comme l’hiver précédent, votre objectif ce sont les Mondiaux juniors. Aux Etats-Unis vous aviez tourné autour de la boite (6eme du 5km libre, 8eme du skiathlon, 4eme du relais), cette année l’objectif c’est la médaille ? D’autant plus que vous montez régulièrement sur le podium en OPA chez les juniors.

“Ce dernier mois de décembre m’a appris avec rudesse que les saisons ne se ressemblent jamais. L’année dernière j’étais U18 deuxième année, je suis allée sur les Championnats du monde pour découvrir le circuit mondial destiné aux U20 et U21. Je n’avais pas de pression et mes résultats étaient encore une fois une surprise pour moi ! Cette année c’est différent, les styles de courses sont différents et mon état d’esprit à beaucoup changé. J’aborde ces Championnats du monde juniors dans le but de rentrer de nouveau dans le top 15 voir le top 10 et ce qui serait formidable ce serait d’aller chercher une médaille en relais avec des coéquipières surmotivées !!!”

Le 4 mars 2017 vous remportez le 7.5km libre de St. Ulrich (encore !) en Autriche. Racontez-nous cette première victoire au niveau international.

“Cette course était la seule course du circuit OPA ouverte aux U18, c’était donc une opportunité pour moi et mes autres coéquipières (du même âge) de s’exprimer sur une course réservée à notre catégorie. Je me suis vraiment fait plaisir, les sensations étaient au rendez-vous, c’était juste génial !” [Depuis, Flora Dolci a remporté le 5km libre de Campra, en Suisse. Voir la photo ci-dessous, ndlr.]

Flora Dolci, radieuse, au sommet du podium après sa victoire lors du 5km libre de Campra (Suisse), le 6 janvier dernier. (© Tous droits réservés)

Quelle est l’ambiance au sein du groupe France ? Vous vous tirez la bourre avec Juliette Ducordeau, Léna Quintin, Mélissa Gal, Soléa Simmoneau ou Laura Chamiot-Maitral… Cela vous pousse à vous surpasser ? Les filles qui ont disputé il y a peu le Tour de Ski – Aurore Jean, Coraline Thomas-Hugue, Anouk Faivre-Picon – sont-elles pour vous des modèles ?

“L’équipe de France féminine U20 est un groupe avec beaucoup d’émulation, on a la chance de toutes s’entendre et les entraînements ensemble sont extrêmement stimulants. Chacune a ses spécificités et chacune apporte aux autres, c’est d’ailleurs la force de notre groupe ! Les Françaises dans la catégorie senior sont en effet des modèles en raison de leur expérience et nous apportent beaucoup lors des stages en commun.”

Plutôt skating ou classique, technique peu présente sur votre liste de résultats ? Pourquoi ? 

“J’ai quelques préférences pour le skate et les courses de distances. J’adore le classique mais pour l’instant j’ai quelques difficultés à m’exprimer pleinement, tout comme les sprints : ce sont des axes de travail pour les années à venir.”

Flora Dolci lors d’une compétition disputée en skate ou style libre. (© Tous droits réservés)

Avez-vous une idole dans votre sport ou dans le sport en général ? Une personne qui vous a inspiré ?

“La personne qui m’inspire le plus est certainement Mike Horn. J’admire sa capacité à repousser des limites qui semblaient impossibles à surpasser, j’admire aussi son humilité. Je trouve que c’est un homme extraordinaire autant d’un point de vue sportif que dans la vie en général.”

Enfin, avez-vous un souvenir, une émotion de vous devant les Jeux olympiques ?

“Le souvenir qui me vient en premier lorsque je pense aux Jeux olympiques d’hiver c’est la course où Perrine Laffont finit 14eme à Sotchi alors qu’elle n’a qu’un an de plus que moi. J’avais été impressionnée qu’une fille à peine plus âgée que moi participe à un événement aussi gigantesque.”

Flora Dolci sur la piste et sous la neige de St. Ulrich, en Autriche. (© Tous droits réservés)

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Un grand merci à Flora Dolci d’avoir pris de son temps pour nous accorder une interview dans une période de l’année si chargée pour elle et, plus largement, dans un hiver marathon. Merci aussi pour sa gentillesse, sa bienveillance et sa confiance. Toute la rédaction d’Agora Sports souhaite à Flora Dolci la plus grande réussite dans sa vie de sportive, particulièrement dans les semaines qui viennent avec les Championnats du monde juniors qui s’annoncent…

 

A propos de Florian Burgaud 44 Articles
Amoureux de sport depuis tout petit. Les sportifs d'hiver c'est la vie. Étudiant licencié d'histoire et en télépréparation journalisme à l'ESJ Lille.

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