[ITW] Baptiste Delaporte : « Une saison pour grandir humainement »

Baptiste Delaporte a participé à 16 rencontres de Top 14 cette saison.

Vice-capitaine du Castres Olympique à 23 ans, Baptiste Delaporte a déjà acquis une grande expérience. Champion de France 2018 et appelé dans le groupe des 42 pour le dernier tournoi des VI Nations, le troisième ligne ne compte pas s’arrêter là. Il revient sur sa saison entre moments inoubliables et difficiles.

D’abord, comment se passe ce confinement ? N’est-ce pas trop difficile ?

C’est très frustrant et je pense que c’est la même chose pour tous les joueurs de rugby. Ne pas pouvoir jouer, c’est très difficile. La décision pour les championnats amateurs est arrivée cette semaine et c’est encore plus compliqué pour eux avec cette annulation. Mais aujourd’hui, il faut attendre que ça aille mieux. C’est la santé avant tout.

Quel est votre quotidien actuellement ?

Nous avons des programmes avec le club pour continuer à travailler. Il y a plusieurs options en fonction de notre matériel, de l’espace disponible avec un jardin ou non. Et sinon, j’ai acheté la maison il y a cinq mois, donc je profite de ce moment pour faire quelques travaux.

Pour revenir au Top 14, comment juges-tu cette saison pour le Castres Olympique ?

Déjà, on a gardé le même groupe ce qui est important. Le changement de staff a forcément amené de nouvelles choses. Il y a une autre façon de jouer. Il fallait le temps qu’on s’y retrouve tous. Il y a eu une période plus difficile où le maintien est devenu l’objectif. Et puis on est bien revenu en faisant de très bons matchs et on a pu enchaîner. Avec la survie du club, il y a eu le feu. Mais pour moi, cette période, elle est tout simplement du temps gagné pour la suite.

Est-ce qu’à un moment, vous avez senti l’équipe lâchée à cause de la situation ?

Aucun doute sur ça ! Impossible et je n’ai jamais senti l’équipe accepter cette période. Au contraire, quand on a mis le maintien comme objectif, les joueurs sont devenus encore plus concernés. Ils ont monté leur niveau et se sont tous investis. Cette équipe a beaucoup d’expérience à présent dans ces moments difficiles. Pour moi il est inimaginable de descendre avec eux, avec le Castres Olympique.

À 23 ans, vous êtes le vice capitaine de cette formation. Comment le portez-vous ?

C’est une fierté et un honneur. Après je suis très bien entouré avec Mathieu (Babillot, capitaine) et Rodrigo (Capo Ortega). J’ai souvent été capitaine dans les équipes jeunes, mais là chez les pros c’est un autre rôle. Il demande beaucoup plus d’énergie et en permanence. Mais j’avais de l’énergie à donner ! Ça reste du plaisir même dans les moments difficiles de la saison. J’ai toujours été bien accompagné même quand Mathieu s’est blessé et que j’ai dû prendre la place de capitaine. C’est important d’avoir des leaders notamment dans la semaine de préparation des matchs. Je me suis toujours senti bien.

D’un point de vue individuel, êtes-vous satisfait de votre saison ?

Cette saison m’a surtout fait grandir en tant qu’homme notamment avec ce nouveau rôle dans l’effectif. J’ai peut-être moins appris sur le plan sportif par rapport à la saison dernière. J’ai appris à me connaître de par ce nouveau statut.

Un premier titre de champion de France en 2018 à seulement 21 ans, comment l’avez-vous vécu ?

Un conte de fées ! C’était une saison magnifique par le club avec des phases finales exceptionnelles. J’ai joué quelques matchs durant cette saison et je me suis senti super bien intégré. C’était énorme et de gagner avec ses amis en plus. Je n’ai pas joué les phases finales mais j’ai bien sûr compris. C’est normal et ça motive encore plus pour un jeune comme moi. Ce titre, je l’ai quand même pris un peu pour moi. Ça fait rêver. Pour moi ce n’est pas aboutissement. Mon objectif est de gagner un titre mais en étant cette fois-ci sur le terrain.

Le troisième-ligne castrais durant ses premiers entraînements bleus avec les 42.
CP : Icon Sport

Vous avez été appelé dans le groupe des 42 pour le dernier tournoi des VI Nations. Comment l’avez-vous appris et vécu ?

J’ai reçu un appel de Fabien Galthié. C’est vrai que ça fait assez bizarre d’avoir au téléphone directement le sélectionneur. J’ai pris mes affaires et je suis monté ! C’était pour le match face à l’Italie. J’étais super-heureux et très motivé. En plus cette équipe marchait bien déjà à ce moment-là. Les entraînements sont bien évidemment plus pointus et exigeants. C’est une équipe jeune donc l’intégration était encore plus facile. Une vraie bouffée d’air frais pour moi.

Aujourd’hui l’équipe de France, est-ce un objectif à court terme ?

Après y avoir goûté, je veux forcément y revenir le plus rapidement. Je vais me préparer au maximum avec Castres pour me donner les chances d’y retourner. Le but est de revenir dans les 42, puis se donner les moyens d’être dans les 28, puis dans les 23.

Par Joris Bertoia

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