Un jour à PyeongChang #11 : des biathlètes en or, Papadakis/Cizeron et Martinod proches de leur Graal et le triplé des combinés allemands

La joie des nouveaux champions olympiques du relais mixte fait plaisir à voir. (© Franck Fife/AFP)

La perfection. Martin Fourcade vient d’entrer dans une nouvelle dimension ce 20 février 2018 en offrant à la France le succès lors du relais mixte, pour la deuxième fois au programme olympique. Parti avec 30 secondes de retard, le biathlète français n’a commis aucune erreur lors de ses deux passages sur le pas de tir alors que ses rivaux Peiffer, Svendsen et Windisch rataient les cibles à la pelle. Quel talent il faut avoir pour répéter les efforts violents sur des plages horaires si rapprochées. Quel œil de lynx et quel calme il faut avoir pour réaliser un sans-faute en confrontation directe avec le titre pour objectif. Martin Fourcade n’est pas fait de la même chair que ses semblables. C’est comme une machine qu’on ne pourrait pas arrêter. Cinq titres olympiques dont trois à PyeongChang : il devient le sportif français le plus titré aux Jeux olympiques et égal la légende Killy dorée par trois fois aux Jeux de Grenoble 1968. Une légende parmi les légendes. La perfection, Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron l’ont (presque) atteinte lors de leur fabuleux et soyeux programme libre de la nuit dernière, mais cela n’a pas suffi, la faute, probablement, à ce problème de robe lors du programme court. Les Canadiens Scott Moir et Tessa Virtue sont devenus triples champions olympiques, pour quelques dixièmes de points devant les Français, leurs successeurs. Ils atteindront la perfection dans les deux programmes nos p’tits français. Bientôt. Peut-être dès les Mondiaux de Milan de fin mars prochain. La planète blanche ne s’arrête pas. Elle est parfaite.

Un titre collectif pour Dorin-Habert, Bescond, Desthieux et Martin Fourcade en biathlon !

Après une attente interminable, la génération Martin Fourcade a enfin obtenu une médaille olympique – et c’est le titre ! – ce mardi sur le site de biathlon d’Alpensia. Le porte-drapeau a hissé haut l’étendard tricolore dans la dernière ligne droite après un relais de patron – 10/10 derrière la carabine et énorme impression laissée sur les skis. Mais il ne faut pas oublier Marie Dorin-Habert, enfin titrée aux Jeux alors qu’elle ne devait même pas être alignée sur cette épreuve, Anaïs Bescond, qui a échappé au tour de pénalité de justesse sur son tir debout et qui prend sa deuxième médaille à PyeongChang, et Simon Desthieux, l’éternel espoir de médaille qui termine dans le top 15 sans s’approcher des breloques. Ce titre est un soulagement, une libération, une joie intense et profonde pour l’équipe de France de biathlon. Et puis, il lance la semaine des relais de la plus belle des manières : les autres garçons – Fillon-Maillet, Guigonnat, Jacquelin – et filles – Braisaz, Chevalier, Aymonier – vont vouloir rééditer cette performance lors des courses d’équipes de jeudi et vendredi.

Le moment où la France devient championne olympique du relais mixte.. Du pur bonheur ! (© Odd Andersen/AFP)

Pour ce qui est des accessits, les Norvège d’Olsbu, Eckhoff, Johannes Bø et Emil Svendsen glanent l’argent malgré un lourd retard sur la tête à la suite des deux relais féminins. Le bronze revient aux Italiens Vittozzi, Wierer, Hofer et Windisch à la faveur d’un sprint remporté face à l’Allemagne d’Arnd Peiffer qui a complètement craqué lors de son relais.

Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron si proches du Graal… remporté par leurs coéquipiers d’entraînement

Alors qu’ils venaient de réaliser un programme libre de toute beauté – record du monde à la clé – au son de la Sonate de Ludwig van Beethoven, on pensait les Français Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron quasiment à l’abri d’un retour de leurs rivaux canadiens Virtue/Moir. Effectivement, ses derniers devaient réaliser le meilleur libre de leur vie en améliorant leur record de plus de trois points. Et puis, les Nord-Américains se sont présentés sur la glace de Gangneung pour danser le meilleur programme de leur carrière en améliorant le record du monde de points qui venait d’être battu par les Français. Les Tricolores ne peuvent pas avoir de regrets, malgré l’histoire de la robe : ils ont battu leur record de points, comme à chaque fois depuis le début de la saison. Et puis, une médaille d’argent pour leur première participation olympique c’est juste génial. C’est la première fois depuis les Jeux de Salt Lake City 2002 – et l’or de Peizerat et Annisima, déjà en danse – que la France décroche une médaille olympique sur glace. À 22 et 23 ans, l’avenir est à eux. Dans quatre ans à Pékin, ce seront eux qui enflammeront le public et qui auront la faveur des juges.

L’argent content pour Papadakis et Cizeron. (© Lucy Nicholson/Reuters)

Marie Martinod, maman double vice-championne olympique de ski halfpipe !

Elle était revenue à la compétition pour vivre ses moments-là. En 2014, sur la pipe de Sotchi, elle s’était déjà faite plaisir en prenant l’argent. Cette année elle a remis ça avec un run crédité de 92.60 points par les juges, avec un 1080. Mais la plus forte c’était la Canadienne Cassie Sharpe, 95.80 points. Cette dernière succède à l’Américaine Maddie Bowman, incapable de proposer un run complet ce mardi au Phoenix Park de Bokwang. L’autre Française de la finale, Anaïs Caradeux n’a pu prendre le départ en raison d’un œil rendu aveugle par une chute survenue lors de la qualification d’hier : elle termine donc douzième du contest olympique. Pour revenir et finir sur Marie Martinod, elle est maintenant vice-championne olympique 2014 et 2018 et va pouvoir laisser son sport de côté pour se concentrer pleinement sur sa vie personnelle, le cœur léger et la cheminée pleine de médailles en argent.

Marie Martinod, accompagnée de sa fille, sur le podium, son second aux Jeux olympiques. (© Loïc Venance/AFP)

Enfin, les qualifications du ski halfpipe hommes ont eu lieu dans la foulée de cette belle finale olympique : les Français Kevin Rolland, en pièces détachées après de multiples chutes, et Thomas Krief se sont qualifiés pour la grande finale de jeudi.

En bref…

Les Allemand Johannes Rydzek, Fabian Rieβle et Eric Frenzel ont réalisé le triplé sur la compétition de combiné nordique sur grand tremplin après avoir déposé le Norvégien Riiber, pour la deuxième fois quatrième, au sprint. C’est le premier triplé olympique en combiné nordique depuis celui des Norvégiens sur petit tremplin en 1936 à Garmisch-Partenkirchen. Du côté des Français, Laheurte est quatorzième et Braud quinzième alors que Lamy-Chappuis et Gérard finissent plus loin, la faute à un saut manqué.

Magnifique triplé des combinés allemands. (© Getty Images)

En short-track, les Sud-Coréennes Shim Suk-Hee, Choi Min-Jeong, Kim Ye-Jin et Kim Al-Ang sont devenues championnes olympiques du relais 3 000m femmes devant les Italiennes après moult délibérations du jury. Une très longue attente qui mit les Canadiennes et les Chinoises hors course et offrant aux Néerlandaises, vainqueurs avec le record du monde de la finale B, le bronze. Un scénario que seul le short-track peut offrir. Ce ne fut pas une Bradebury, mais le scénario s’en rapproche. Notons que la Corée du Sud remporte pour la sixième fois cette épreuve et devient le premier pays à gagner une discipline du short-track autant de fois aux Jeux. Aussi, l’Italienne Arianna Fontana a glané sa septième médaille olympique et dépasse ainsi la Chinoise Wang Meng. Enfin, la Néerlandaise Jorien Ter Mors – aussi sur le podium en patinage de vitesse en Corée du Sud – devient la première athlète médaillée dans deux sports différents lors de même Jeux olympiques d’hiver, en attendant Ester Ledecka samedi… Sinon, Véronique Pierron s’est qualifiée pour les quarts du 1000m alors que Thibaut Fauconnet et Sébastien Lepape ont été sortis dès les séries du 500m.

Les Sud-Coréennes championnes olympiques du relais 3000m à domicile… (© Tous droits réservés)

Les deux premières manches du bob à deux féminins ont eu lieu et c’est la pilote allemande Mariama Jamanka qui est en tête sept centièmes devant l’Américaine Meyers Taylor. La légende canadienne Kaillie Humphries pointe à 34 centièmes alors que l’attraction nigériane Seun Adigun, première athlète africaine à participer aux Jeux en bobsleigh, est dernière à 3”50.

Et demain ?

Souvenez-vous. Il y quatre ans jour pour jour, le skicross français réalisait le triplé olympique sur la piste russe de Rosa Khutor, à quelques kilomètres de Sotchi. Demain, François Place, Terence Tchiknavorian, Arnaud Bovolenta et Jean-Frédéric Chapuis vont tenter de réitérer l’exploit (qualification à 3h30, finales à partir de 5h15) sur le parcours de Bokwang. Aussi, les qualifications du snow big air messieurs seront à suivre à partir de 1h30, sans Français, malheureusement.

Demain c’est aussi le jour des reines avec la descente féminine qui partira à 3h à Jeongseon. Ce sera la dernière occasion pour Lindsey Vonn, la Speed Queen, de remporter l’or olympique. Sur glace, les programmes courts dames commenceront à 2h avec la Française Maé-Bérénice Meïté et, pour grande favorite, l’athlète olympique de Russie Evgenia Medvedeva.

Ce sera aussi, demain, la dernière vraie chance de médaille française en ski de fond avec le team sprint où Maurice Manificat et Richard Jouve seront engagés (demi-finales à partir de 9h50, finale à 11h30). Chez les dames, Coraline Thomas-Hugue et Aurore Jean seront alignées (demi-finales à partir de 9h, finale à 11h).

Le dénouement des poursuites par équipes de patinage de vitesse aura lieu sur l’ovale de Gangneung : finales femmes à 13h52 et 13h58 et hommes à 14h11 et 14h17. Les deux dernières descentes de bob à deux dames auront lieu à 12h40 et 14h. Enfin, la finale pour la médaille de bronze de hockey-sur-glace féminin opposant la Finlande à l’équipe des athlètes olympiques de Russie commencera à 8h40.

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A propos de Florian Burgaud 43 Articles
Amoureux de sport depuis tout petit. Les sportifs d'hiver c'est la vie. Étudiant licencié d'histoire et en télépréparation journalisme à l'ESJ Lille.

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