Un jour à PyeongChang #5 : le grand show du snowboard halfpipe ou la mise en scène du sacre de Shaun White, du vent, du vent et encore du vent…

Shaun White est maintenant triple champion olympique de snowboard halfpipe. (© Kim Cheung/AP)

Décidément, le vent a décidé de perturber la quinzaine olympique de PyeongChang. Et pas pour rire. Qu’a donc fait Olympe pour se faire punir ainsi par Éole ? Ces élucubrations divines ont empêché la tenue du slalom féminin en ski alpin dont le programme commence à se charger sérieusement pour la fin de semaine : l’épreuve de prédilection de Mikaela Shiffrin aura lieu vendredi, le même jour que le Super-G masculin. Aussi, la colère du dieu soufflant n’a pas permis la tenue de l’individuelle féminine en biathlon pour des raisons d’équité sportive : manquerai plus qu’on décerne un titre olympique comme on offre un cadeau après avoir aligné les pions sur un carton lors d’un loto. Bref, le vent a décidé de pourrir le début de la fête olympique, normalement demain ce sera mieux. Il vaudrait mieux vu le programme énorme. Sinon, des épreuves ont eu lieu, tout de même. Tout n’est pas noir au royaume olympique. Nous avons eu droit à une finale du snowboard halfpipe haletante, historique, légendaire qui a sacré un monument du sport mondial. La premier gundersen de combiné nordique a également réservé son lot de suspense. Enfin, il n’y a pas eu de suspense en patinage de vitesse où c’est encore une Oranje qui s’est imposée sur l’anneau réfrigéré de Gangneung. Retour sur une journée ventée, et historique.

La passe de trois pour Shaun “Tomate volante” White après une finale légendaire

La meilleure finale depuis le début des XXIIIemes Jeux olympiques d’hiver. Sans doute la meilleure finale olympique de snowboard halfpipe de toute l’histoire. Il fallait dire qu’après les qualifications d’hier, elle promettait cette finale. Et puis, surtout, il y avait la légende vivante du freestyle : Monsieur Shaun White, douze fois vainqueur des X Games – en snowboard et en skateboard – et double champion olympique. Il serait déjà triplement auréolé de l’or suprême s’il avait pu poser correctement ses figures sur la demi-lune de Sotchi il y a quatre ans. Mais, au bord de la mer Noire, c’est le Suisse Iouri Podladtchikov qui l’avait emporté, laissant l’Américain avec la médaille en chocolat. Du chocolat, White n’aime pas. Il préfère le goût de l’or qui a commencé à essaimer sur ses lèvres il y a quelques semaines lorsqu’il posa le run parfait – crédité de 100 points sur 100 par les juges – à Snowmass, en Coupe du monde. Elle était prête la Flying Tomato (littéralement “Tomate Volante”), surnom acquis à la suite de son premier titre olympique à Turin en 2006. Surnom tiré de son impressionnante amplitude. À partir de 2006 c’est sa carrière qui prend une amplitude sans précédent : c’est une rock star outre-Atlantique. Son statut d’idole est renforcé à Vancouver en 2010 lorsqu’il devient double champion des JO. Et puis est venue la déception russe. Et puis, aujourd’hui, la consécration après une finale rendue énorme par la concurrence. Le Japonais Ayumu Hirano était encore champion olympique à 20 secondes de la fin de la compétition : c’était avant que Shaun White ne pose son run, presque parfait noté 97.75 points, soit 2.5 points de mieux que le Nippon. Derrière les deux monstres, un autre rider, finalement bronzé, a signé une finale remarquable : il s’agit de l’Australien Scotty James qui se “contente” de 92.00 points. Enfin, le Suisse Patrick Burgener, à 89.75 points, fini cinquième avant de déclarer à France Télévisions qu’il avait signé le meilleur run de toute sa vie. Tous les sportifs n’ont pas eu le privilège de se donner à fond en même temps que la légende Shaun White, qui vise désormais le titre olympique estival à Tokyo en 2020. En skateboard.

L’émotion de l’idole… (© David Ramos/Getty Images)

L’Allemand Eric Frenzel conserve son titre olympique sur le petit tremplin, Laheurte meilleur tricolore

Ce matin. 7h30. Lancement du concours de saut à ski sur le petit tremplin. On parle de combiné nordique. Le roi Jason Lamy-Chappuis est revenu cet hiver pour disputer les Jeux olympiques. Oui, il vise une dernière médaille, lui qui était monté sur l’Olympe il y a pile 8 ans à Vancouver sur petit tremplin après cette dernière ligne droite qui nous file encore des frissons. Mais, non, aujourd’hui il ne pouvait pas jouer la médaille comme les commentateurs ont voulu le faire croire à la France entière. Jez vise la médaille sur la compétition par équipes, avec ses copains : c’est la dernière médaille qui lui manque. Si la France pouvait rêver d’une médaille, il fallait regarder du côté de Maxime Laheurte et de François Braud. Mais ce fut trop dur pour eux sur les skis. De toute façon cinq hommes s’étaient détachés sur le tremplin d’Alpensia : Rehrl, Watabe, Klapfer, Riiber et Frenzel. Vite, lors de la poursuite de 10 kilomètres, Riiber revient sur Rehrl puis ce sont les trois autres qui les reprennent. Puis Rehrl lâche. Puis, dans le dernier tour, Frenzel attaque, Watabe suit, les deux autres ne sont plus dans l’aspiration – Klapfer prendra le bronze. Enfin, dans la dernière montée, l’Allemand Frenzel met Watabe au supplice et file vers la victoire : lui, le champion olympique en titre et multiple vainqueur du gros globe, aucun podium cet hiver, signe la plus belle course de son année le jour J. La marque des grands champions.

La joie d’Eric Frenzel au franchissement la ligne d’arrivée… (© Odd Andersen/AFP)

Du côté des Français, la course est plutôt belle pour Maxime Laheurte, onzième, et François Braud, quinzième. Le jeune vosgien Antoine Gérard prend la 26eme place, Jason Lamy-Chappuis la 31eme. Non, il ne pouvait pas prétendre à la médaille. Tout le monde le savait. Sauf certains. Malheureusement.

Jason Lamy-Chappuis après s’être posé sur la neige du petit tremplin d’Alpensia… (© Reuters)

En bref…

Les programmes courts des couples ont eu lieu sur la patinoire de Gangneung et c’est le couple chinois Sui Wenjing/Han Cong qui a pris les devants avec 82.39 points devant les athlètes olympiques de Russie Tarasova/Morozov (81.68 pts) et les Canadiens Duhamel/Radford (76.82 pts). Le couple français composé de Morgan Ciprès et de Vanessa James est en embuscade pour le bronze avec 75.34 points.

Le couple français James/Ciprès, en lice à PyeongChang. (© Mladen Antonov/AFP)

La Néerlandaise Jorien Ter Mors a remporté le 1000m en patinage de vitesse en 1’13”56, nouveau record olympique, devant les Japonaises Nao Kodaira et Miha Takagi. Cinq titres décernés dans ce sport et cinq titres pour les Bataves, rois du patinage sur anneau. C’est d’ailleurs la première fois qu’un pays remporte les cinq premières épreuves individuelles olympiques de patinage de vitesse aux Jeux olympiques et il s’agit de la septième victoire de rang pour les Néerlandais aux Jeux dans ce sport, comme les Norvégiens entre 1936 et 1948.

Jorien Ter Mors pendant son tour d’honneur de l’anneau olympique de Gangneung. (© Jamie Squire/Getty Images)

Les Tobias, Wendl et Arlt, ont conservé leur titre olympique en luge biplace en devançant, au bout des deux descentes, les Autrichiens Penz/Fischler de 0”088 et leurs compatriotes Eggert/Benecken, dominateurs cet hiver en Coupe du monde, de 0”290. Il s’agit du troisième duo à conserver sa médaille d’or olympique en luge double après Hans Rins et Norbert Hahn en 1976-1980 et Andreas et Wolfgang Linger en 2006-2010.

Tobias Wendl et Arlt sur la piste de luge… (© AFP)

Le tournoi masculin de curling a débuté avec les deux premières sessions : le Canada et la Suède se détachent avec deux succès avec que les Sud-Coréens se sont inclinés par deux fois. En hockey-sur-glace, la poule B du tournoi féminin a livré son verdict en mettant les Suissesses en tête devant les Suédoises, les Japonaises et les Coréennes unifiées. Enfin, les hommes ont débuté leurs JO : les Slovaques ont battu l’équipe des athlètes olympiques de Russie 3-2 alors que les Américains ont perdu 3-2 face aux Slovènes en prolongation. Des surprises à PyeongChang, sans les joueurs de NHL.

Et demain ?

Un programme de déglingos nous attend demain en Corée du Sud. Mettez vos réveils messieurs, mesdames. La nuit va être totalement folle. D’abord, en ski alpin il y aura la descente masculine à 3h30 qui se disputera entre les deux manches du slalom géant dames où Tessa Worley constitue une grande chance de podium (2h puis 5h45). Mêlés à cela il y aura les programmes libres des couples, avec Ciprès/James, à partir de 2h30. Et puis, encore au cours de cette nuit magique, il y aura le snowboardcross masculin – avec Pierre Vaultier et Ken Vuagnoux – à partir de 5h30 (qualifications à 3h et 4h10).

Mais ce ne sera pas fini, loin de là. À 7h30 débutera le 10km libre féminin de ski de fond avec la Française Delphine Claudel, que nous avions interviewé, accompagnée d’Aurore Jean, Anouk Faivre-Picon et Coraline Thomas-Hugue, ses mamans de coéquipières. Puis l’individuelle féminine de biathlon débutera à 9h15 avec Justine Braisaz, Anaïs Bescond et Chevalier ainsi que Célia Aymonier. Pour l’individuelle masculine ce sera à partir de 12h20 : Martin Fourcade, bien sûr, mais aussi Emilien Jacquelin, qui remplace Fillon-Maillet, Simon Destieux et Antonin Guigonnat prendront le départ du marathon des biathlètes. Enfin, il y aura le 10 000m masculin en patinage de vitesse à 12h ainsi que le relais par équipes en luge à 13h30.

+ Un jour à PyeongChang #1

+ Un jour à PyeongChang #2

+ Un jour à PyeongChang #3

+ Un jour à PyeongChang #4

A propos de Florian Burgaud 53 Articles
Amoureux de sport depuis tout petit. Les sportifs d'hiver c'est la vie. Étudiant en M1 journalisme sportif à l'EDJ Nice.

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