Le catenaccio interiste éteint le Réal

Guidé par Helenio Herrera, l’Inter Milan remporte sa première finale de Coupe d’Europe des Clubs champions en 1964 pour sa première participation. Le catenaccio des Lombards a eu raison d’un vieillissant Real Madrid (3-1), qui n’a jamais su trouver la faille dans une défense de fer.

Trois : comme le nombre deC1 remportés par l’Inter Milan. Toutes trois ont un dénominateur commun : l’Argentine. En 2010, l’Argentin Diego Milito inscrit un doublé lors de la finale de Ligue des champions face au Bayern Munich qui permettra aux Interistes et à leur capitaine, argentin et légendaire, Javier Zanetti de soulever la coupe aux grandes oreilles. Pour ses deux premiers sacres, l’Argentine n’est pas représentée sur le terrain, mais sur le banc de touche en la personne d’Helenio Herrera, le coach magicien. Arrivé quatre ans plus tôt de Barcelone, Herrera instaure un style contraire à celui qu’il pratiquait de l’autre côte de la Méditérannée.

Fini le football offensif, place au catenaccio : défense de fer, verticalité et vitesse tout cela combinés à un travail mental intense et à une fine analyse de l’adversaire. Sans oublier la notion d’équipe. « Si vous jouez pour vous-mêmes, vous jouez pour vos adversaires. Si vous jouez pour l’équipe, vous jouez pour vous-mêmes. », philosophe Herrera. En cette saison 1963-1964, l’Inter atteint sa pleine mesure collective sur la scène continentale et se dresse face au Real Madrid, quintuple vainqueur et six fois finalistes de la compétition. Dans leurs rangs, les Madrilènes comptent toujours Puskas et Di Stefano, mais ils ont tous deux 37 ans.

Mazzola et Suarez guident l’Inter

En perte de vitesse, le Real peine face au catenaccio italien. Le bloc, dirigé par le libéro Picchi, est difficile à contourner. Chaque attaque des merengues est contrecarrée par un pied ou une tête des Italiens. Dans le premier acte, Madrid ne tire qu’à quatre reprises dont trois fois depuis l’extérieur de la surface. Au contraire, l’Inter profite de chaque attaque pour inquiéter Vicente (10 tirs en première période), le dernier rempart madrilène. Il faut finalement attendre les dernières minutes de cette première période pour assister à l’ouverture de score des Nerazzurri. Monté comme souvent sur son côté gauche, Facchetti décale Mazzola à l’entrée de la surface. Le numéro 8 arme du pied droit à vingt mètres et sa frappe déviée par un défenseur flotte pour se loger dans le petit filet adverse (1-0,43e).

Les Interistes ont fait le plus dur et peuvent désormais laisser venir le Real Madrid et procéder en retour par attaques rapides. Luis Suarez, l’espagnol et l’un des deux étrangers de l’équipe avec le Brésilien Jair, dirige à la perfection les attaques lombardes emmenées par Jair, Mazzola ou le latéral Facchetti, précurseur des latéraux offensifs que l’on connaît.

Au retour des vestiaires, les Madrilènes font le siège du but de Sarti, tirent à cinq reprises en quinze minutes (soit plus que lors de tout le premier acte) et touchent même le poteau. Mais les Italiens ne s’affolent guère et sûrs de leur force, piquent au bon moment pour prendre deux buts d’avance grâce à Milani, d’une frappe limpide aux vingt mètres (2-0,60e).

Le catenaccio dans toute sa splendeur

Malgré ces deux de retard, le Real Madrid continue encore et toujours d’attaquer et finit enfin par être récompensé à vingt minutes du terme. Felo reprend au second poteau d’une reprise acrobatique un corner frappé par Puskas (2-1,70e). Les Madrilènes sont enfin récompensés alors que leur temps fort dure depuis la reprise. Cinq minutes plus tard, les merengues pensent égaliser, mais le ballon est sauvé sur la ligne par un défenseur. Et sur le contre, ce qui devait arriver, arrive enfin : l’Inter clôt le score. Mazzola, après avoir ouvert le score, vient conclure le bal en trompant Vicente d’un plat du pied. D’un réalisme froid, le double buteur trouve le petit filet à l’aide du poteau (3-1,76e). Le catenaccio dans toute sa splendeur. Auteur de trois tirs en seconde période, les Italiens ont scoré sur deux d’entre eux, quand dans le même temps, le Real a tenté quatorze fois sa chance, mais sans jamais réellement inquiéter Sarti.

Pour sa première participation, l’Inter remporte la compétition et vient ramener la coupe à Milan, un an après le sacre du Milan AC – c’est la seule et unique fois que le trophée à été remporté successivement par deux clubs différents de la même ville. Toujours emmenés par Herrera, les Nerazzurri remportent de nouveau le trophée l’édition suivante, avant d’attendre 2010 pour soulever de nouveau le trophée : quand le tango argentin est au service du football milanais.

Lien du match en entier : https://footballia.net/fr/matchs-complets/fc-internazionale-real-madrid

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