[PREVIEW] Miami Heat : une nouvelle star et ça redémarre ?

Sous l'impulsion de Jimmy Butler, le Heat aspire à retrouver les playoffs cette saison. (c) Clément Carton

En 2013, il a dit qu’il ne porterait jamais le maillot du Heat. Six ans plus tard, Jimmy Butler devient l’homme fort de la franchise floridienne. L’ancien Sixer aura la lourde charge de ramener Miami tout en haut de l’affiche. Le début d’une nouvelle ère dorée à South Beach ? Pour cela, il faudra également veiller à développer les jeunes joueurs prometteurs.

Ce qui a changé durant l’intersaison : une légende s’en est allée, une star est arrivée

« Wade County, I love you ». 10 avril 2019. Debout sur la table de marque de l’American Airlines Arena, Dwyane Wade délivre ces mots en guise d’adieu à son public. Il vient d’offrir sa dernière danse à la maison et sa prestation (30 points) vient rappeler à quel point il va laisser un grand vide. Comme Dallas, Miami a vu le meilleur joueur de son histoire raccrocher les sneakers à l’issue de cette saison 2018-2019. Et comme à Dallas, celui-ci sortait du banc et n’était plus considéré comme un franchise player. Un costume que personne n’était en mesure d’endosser au sein de l’effectif floridien. Mais ça c’est du passé. Jimmy Butler a décidé d’apporter ses talents à South Beach et entend bien devenir l’homme de base d’Erik Spoelstra. Visiblement sensible au discours conquérant de Pat Riley, il a signé un contrat de 4 ans pour 141 millions alors que les Sixers lui offraient le maximum sur 5 ans.

Dans le même temps, Josh Richardson a fait le chemin inverse et Hassan Whiteside a (enfin) débarrassé le plancher. Trop inconstant et en conflit avec ses dirigeants, le pivot de 30 ans va tenter de se relancer à Portland où il fut échangé contre Meyers Leonard et Maurice Harkless (finalement parti chez les Clippers). Ryan Anderson, qui a rejoint la Floride en cours d’année dernière, n’aura finalement eu droit qu’à 44 minutes sous le maillot du Heat. En quête de cap pour attirer Butler, le front office l’a coupé et paiera ses 15,6 millions de dollars garantis sur les trois prochaines saisons, jusqu’en 2021. D’ici là, Erik Spoelstra pourra sans doute s’appuyer sur l’arrière Tyler Herro. Sélectionné en 13e position à la dernière draft, le rookie a régalé lors de la dernière Summer League (près de 20 points de moyenne) et Miami compte sur lui. Enfin, un autre joueur s’apprête à faire ses débuts en NBA. Il s’agit du 32e choix de la dernière draft, l’ailier de 20 ans KZ Okpala.

Roster 2019-2020 et style de jeu

Commençons par la principale interrogation. Qui de Goran Dragic ou Justice Winslow débutera à la mène ? Le premier présente l’avantage d’être un spécialiste du poste expérimenté. Mais il sort d’un exercice compliqué marqué par des blessures à répétition (36 matches et 13,7 points par match, pire total depuis 2011/2012). Quant au second, il a montré de belles choses dans un rôle qu’il découvrait (12,6 points et 4,3 passes par match) et il semble partir avec une longueur d’avance. Si cette tendance se confirme, Justice Winslow devrait former avec Dion Waiters le backcourt titulaire du Heat. L’ancien Cavalier n’apparaît toutefois pas intouchable et le très prometteur Tyler Herro pourrait rapidement bousculer l’ordre établi. Ce qui est certain en revanche, c’est que Jimmy Butler sera titulaire à l’aile et qu’il retrouvera Bam Adebayo au poste 5. Le pivot de 22 ans devait évoluer au côté de Kelly Olynyk alors que James Johnson continuera à sortir du banc.

Le cinq de départ probable : Winslow – Waiters – Butler – Olynyk – Adebayo

Les joueurs clés du banc : Dragic – Herro – Nunn – Jones Jr – Okpala – Johnson – Leonard – Haslem

Coach : Erik Spoelstra

L’effectif du Heat laisse transparaître un potentiel athlétique impressionnant. Avec Winslow, Butler, James Johnson et Adebayo, Erik Spoelstra a toutes les cartes en main pour bâtir une forteresse imprenable. Déjà performant défensivement la saison passée (2e défense), Miami pourrait bien devenir un enfer pour les attaquants adverses. Et pour leur défense ? C’est moins sûr. 26e attaque lors du précédent exercice, les Floridiens ont peiné dans ce secteur, souffrant notamment de l’absence d’un réel leader offensif. Avec l’arrivée de Jimmy Butler, Spoelstra s’enlève une épine du pied, mais les problèmes de spacing ne disparaitront pas pour autant (le départ de Josh Richardson n’arrangeant rien à l’affaire). Heureusement, la bande à Jimmy devrait se montrer plus à son aise sur contre-attaque. On l’a dit, Miami peut s’appuyer sur des phénomènes athlétiques.

Joueur à suivre : Jimmy Butler, who else ?

On aurait pu s’attarder sur Bam Adebayo, promu titulaire après deux saisons dans l’ombre du fantôme d’Hassan Whiteside. On aurait même pu évoquer la confirmation attendue de Justice Winslow à la mène, ou encore la possible éclosion de la pépite Tyler Herro. Mais Jimmy Butler suscite des attentes de toute autre nature. Quand Pat Riley dit qu’il « devait une équipe compétitive à cette ville et à ces fans », il fait directement référence à la venue du natif de Tomball dans le Texas. Défenseur confirmé et clutch player à ses heures perdues, l’ancien loup du Minnesota va devenir la pierre angulaire du système mis en place par coach Spo’. Avec un objectif : ramener les triples champions NBA vers des sommets délaissés après le départ de LeBron James. Le chemin est long mais la détermination affichée par Jimmy Butler laisse penser que Miami est sur la bonne voie. « Je veux qu’on nous déteste, qu’on ne veuille pas jouer Miami car ça va être une bataille chaque soir », déclarait-il en marge de sa conférence de présentation.

Objectif : playoffs et plus si affinité

Polarisée par le farewell tour de D.Wade, la fin de saison dernière du Heat ne ressemblait pas à celle d’une équipe en quête de playoffs. Cette année, la donne est complétement différente. Avec un franchise player digne de ce nom et une équipe concentrée à 100% sur l’objectif final, Miami doit retrouver le top 8 à l’Est. Et dans une conférence qui semble s’être homogénéisée durant l’été, les Floridiens pourraient bien jouer les troubles fêtes. De là à disputer les finales de conférence, il y a un pas que l’on ne franchira pas.

Mais il n’y a de toute façon aucune urgence. L’état-major de la franchise a adopté une vision à moyen terme, avec une star et des jeunes à développer autour. Bam Adebayo, amené à jouer un rôle clé dans le futur, devrait s’inscrire dans la durée à South Beach. Le Heat a dores et déjà levé sa team option sur le 14e choix de la draft 2017, et ce dernier pourra prolonger son contrat l’été prochain. Durant l’intersaison 2020, justement, les agents libres Goran Dragic et Meyers Leonard pourraient faire leurs bagages et donc libérer environ 30 millions de dollars de masse salariale. De quoi permettre à Pat Riley de s’attacher les services d’une nouvelle star. Ce sera évidemment sous la houlette d’Erik Spoelstra. En place depuis 2008, le technicien philippino-américain a trouvé un accord avec ses dirigeants pour un nouveau contrat longue durée.

Prono de la rédac’ : 7e de la conférence Est

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*