[RÉCIT] Agora Sports était à la finale de la Coupe Davis 2017 !

Le Stade Pierre-Mauroy au moment où les Bleus soulèvent le Saladier d'Argent (© Florian Burgaud/Agora Sports)

La saison tennistique va reprendre d’ici quelques jours, déjà. Le tennis circus ne s’arrête pratiquement jamais, c’est terrible. Il y a un mois c’était la clôture de la saison 2017 de tennis avec la fabuleuse, l’exceptionnelle, l’historique, la légendaire (euh non, n’exagérons pas les choses…) finale de Coupe Davis France/Belgique. Cette rencontre se disputait dans l’enceinte du LOSC, le stade Pierre-Mauroy devant plus de 25 000 fous furieux français et belges dans une ambiance de déglingos. Agora Sports était sur place et, maintenant que l’excitation est retombée et que la voix nous est revenue, on peut vous faire le récit de ce week-end – placé sous le signe du welsh, la spécialité nordiste par excellence – où nous sommes passés par toutes les émotions, jusqu’à la délivrance finale.

Une si longue attente…

Les places pour ce merveilleux rendez-vous étaient achetées depuis le jour de leur sortie. Nous étions – moi et mon frère – placés le plus haut possible mais l’important était d’être présent au stade au moment où la France gagnerait sa dixième Coupe Davis, nous disions nous. Finalement, la vue était parfaite, même aux derniers rangs. On arrive à Lille le jeudi après-midi, on profite un peu de la ville mais on a déjà terriblement envie d’être au lendemain. Le lendemain, jour des deux premiers simples, on arrive devant le stade dès 10h. On aime être en avance. Surtout pour un grand événement comme celui-ci. On boit une bière, la première d’une grande lignée, en plus elle est bonne dans le Nord. Premier bon point. Comme le mot d’ordre était #TousEnBleu pour cette finale, on file s’acheter un tee-shirt bleu marine frappé du coq à la boutique de la Fédération de Tennis. Nous voilà fin prêts. On entre dans le stade dès l’ouverture des portes, à 11h. On est les premiers. On monte voir nos places. Les stadiers, adorables, nous accueillent comme des rois. On arrive à nos places agréablement surpris de la vue sur l’élégant court bleu de Pierre-Mauroy. Les joueurs sont encore à l’entraînement. On entend les balles rebondir. C’est magique. Nous nous imprégnions du stade, que dis-je de l’arène, que dis-je du chaudron de Pierre-Mauroy. Bref, on redescend. On boit une bière – DE LA CARLSBERG DANS UN STADE C’EST FABULEUX – et on prend un casse-croûte. On discute. Bip, bip, bip. C’est l’heure de remonter dans les travées. Les rencontres vont débuter. Le speaker essaye de faire monter l’ambiance à une demi-heure de la première balle échangée. Ça y est. C’est le grand moment. Les joueurs pénètrent sur le court, comme les arbitres. Les hymnes résonnent à Lille. Benneteau et Mahut, remplaçants, sont en pleurs – quel moment. La Marseillaise est chantée à tue tête, comme la Brabançonne, et oui les Belges sont venus en nombre. D’ailleurs, ils vont manger les supporteurs français lors de cette journée. Au grand dam de Yannick Noah. Et il a eu raison : Goffin a dominé Pouille après un premier acte accroché mais perdu. À la suite de cette perte de premier set, Lucas s’est éteint, comme le public français désarçonné par la puissance et la facilité dégagée par le Belge. Les Belges placés devant nous exultent. 1-0 pour eux.

Et la bière arriva !

Entre les deux matches on retourne au stand Carlsberg pour le ravitaillement en bière. Et là c’est la catastrophe. Une seule tireuse pour des dizaines de personnes. Des serveuses qui ne savent plus où donner de la tête, leur chef qui tire à fond sur les fûts, pas assez réactifs à ses yeux et à ceux des nombreux supporters. Donc on attend. Mais on rigole bien avec les Belges, chambreurs. Le deuxième match commence alors que nous venons juste d’être servis. On regarde les trois premiers jeux du Tsonga/Darcis à la télé, aux portes des tribunes. On revient à nos places. L’ambiance a changé. Normal, c’est Tsonga qui joue et il joue bien, très bien. Il écrase le pauvre belge Steve Darcis de toute sa puissance. Fin de la première journée. Un partout, balle au centre entre Belges et Français. Comme prévu. On passe la soirée dans Lille, on mange un welsh parfait et on rentre au Airbnb. Au lit. Demain la journée est décisive.

Une ambiance de corrida pour le double

Comme la veille, on arrive tôt, on se boit une bière aux abords du stade, on entre tôt, on reprend une bière puis on mange avec une autre bière – sans alcool, c’est dans le menu – et on va à notre place, la plus haute du stade, pas de chance. Au stand, on a sympathisé avec des supporteurs belges, ils ont eu des places à côté du court, avec les chauffages, à 200€. Certes, mais c’était un pote qui avait donné ses tickets à l’un d’eux. C’était des supporteurs de Charleroi, le lendemain ils allaient au stade. Cette rencontre était super cool. Revenons au tennis. Après la gueulante de Noah, c’est une ambiance de corrida dans les gradins. Cependant, on parle avec un stadier à qui on fait part de notre inquiétude sur le choix de Noah de titulariser Herbert et Gasquet en double. Il a confiance en Noah : “Si Noah l’a fait c’est qu’il sait ce qu’il fait”. Ok. On a pleine confiance en Captain Noah. Le match commence. Comme dans un compte de fées. Les Français ne laissent pas les Belges entrer dans leur match et gagnent vite-fait-bien-fait le premier set 6/1. L’ambiance est folle, les Belges à côté de nous désespérés, le petit garçon retardataire à côté de moi à qui j’ai donné un drapeau tricolore est aux anges. La suite est plus compliquée. Les Belges gagnent la seconde manche puis servent pour le gain du troisième set. La tension est palpable, les Belges sont en feu tant en tribune que sur le court. Mais, poussés par le public, Ritchie et P2H reviennent et remportent le tie-break avec autorité. Puis la quatrième manche. La France mène deux points à un avant les deux derniers simples du dimanche. La France est en ballottage favorable, comme face à la Serbie de Djokovic en 2011. Comme la veille, on mange un welsh dans le centre de Lille puis on rentre. On regarde le déprimant match nul du XV de France face au Japon à Nanterre. On en rigole tellement c’était gros. Enfin bref, demain c’est jour de sacre qu’on espère acquis après un énorme combat de Tsonga contre Goffin.

Le jour de gloire est arrivé !

Dimanche 26 novembre 2017. La France se réveille avec des rêves plein la tête. Son équipe de France va peut-être enfin regagner la Coupe Davis, seize ans après. Le traumatisme de la défaite de Paul-Henri Mathieu contre le Russe Youzhny alors qu’il menait deux sets à rien dans le cinquième match est encore là, comme lui de la défaite de Llodra dans ce même cinquième match à Belgrade en 2011 contre Troicki. Et puis, en 2014, la France a perdu contre la Suisse de Federer et de Wawrinka en finale dans ce même stade Pierre-Mauroy. Tant de mauvais souvenirs à effacer définitivement. Les joueurs doivent être en feu dans leur tête au moment où l’on revient au stade. On réitère notre rituel d’avant match. On a failli rater le début du match : nos burgers n’arrivaient pas ! Bref, on est là à l’heure. À côté de nous des Belges, encore et toujours. Le genre de personnes adorables, même dans la défaite, mais provocateurs et, surtout, chambreurs dans la victoire. Goffin désosse Tsonga qui a trop manqué d’occasions de breaks lors de la première manche. Deux partout. Match décisif à venir entre Pouille – et non Gasquet, quel coquin ce Noah ! – et Darcis. Comme le premier jour, on prend le risque d’aller chercher une bière entre les deux rencontres. Et comme le vendredi, on rate les trois premiers jeux de l’autre match à cause de l’attente. Mais bon, dans la file d’attente on a parlé avec des Belges qui croyaient dur comme fer en Steve Darcis, leur Monsieur Coupe Davis vainqueur de tous les cinquièmes matches belges depuis plusieurs années. Mais quand on retrouve nos sièges, il n’y a déjà pas match. Lucas Pouille est entré dans le match avec le masque de la concentration. Il joue le feu, Darcis n’y arrive pas. Il se fait pilonner de toutes parts. C’est une boucherie. Nos copains belges se désintègrent. Soudain, balle de match. L’ambiance est historique, comme l’est le moment. La balle de Darcis est trop longue. Oui. Enfin. La France a gagné la Coupe Davis, la dixième de son histoire. Lucas Pouille, l’homme de la victoire, lui le Nordiste, emmène la France du sport au firmament du tennis mondial devant son public. Les joueurs lui sautent dessus. Quel beau moment. Nos potes belges sont déjà partis, ils avaient un peu de route à faire et ils travaillaient le lendemain – même si la Belgique avait gagné ?. Le druide Noah, invaincu en trois finales de Coupe Davis, a encore frappé. La part de génie qui le constitue est encore présente.

Merci !

Voilà. On était venus de Vendée pour ça. Et les Bleus ont réalisé ce qu’on voulait. La génération dite des losers a soulevé le Saladier d’Argent. Ce ne sont plus des losers. D’ailleurs, à mes yeux, ça ne l’a jamais été. Les Marseillaises s’enchaînent dans une arène qui se vide irrémédiablement de ses spectateurs. Puis arrive le moment de la cérémonie de clôture de cette finale 2017 de Coupe Davis – un sublime show pyrotechnique suivi de la remise du trophée aux vainqueurs. Les Français sont comme des petits fous sur le court. Noah prend le micro et lance une ultime Marseillaise – pas de Saga Africa pour cette fois. Merci les gars. C’était énorme. Merci pour toutes les émotions. Merci les stadiers, les serveurs, la bonne bière, les bons burgers et un énorme merci aux Belges au fairplay exemplaire. On reviendra. Bientôt.

A propos de Florian Burgaud 44 Articles
Amoureux de sport depuis tout petit. Les sportifs d'hiver c'est la vie. Étudiant licencié d'histoire et en télépréparation journalisme à l'ESJ Lille.

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