[24-PREVIEW] New York Knicks : les stars défilent à la Big Apple

(c) Recrues New York Knicks - source "CBS New York" Bryan R. Smith

Dans l’histoire de la balle orange, il existe des franchises mythiques dont le simple nom suffit à repérer le championnat. Parmi elles, les New York Knicks et leur combo orange et bleu. Depuis la saison 2012, Spike Lee ronge son frein au premier rang du Madison Square Garden. Avec un Melo esseulé, la franchise de la Big Apple faisait peine à voir ces dernières années. Pourtant, le public a pu s’enflammer un peu avec Jeremy Lin ou plus récemment, Kristaps Porzingis, qui faisait regretter aux fans les nombreux sifflets émis lors de la draft. Mais pour sa 70ème saison, un bilan de 32-50 c’est maigre. Très maigre. Il fallait donc reconstruire sur le duo Antony-Porzingis. C’est en cet honneur que Derrick Rose et Joakim Noah ont débarqué cet été. Un duo en perte de vitesse mais que l’air de NY pourrait vivifier.

En plus du changement significatif de l’effectif, les Knicks, toujours managés par Phil Jackson, ont changé de coach. Exit Derek Fisher, welcome Jeff Hornacek, arrivé tout droit de Phoenix. La question centrale de la Big Apple sera d’arriver à faire de toutes ces individualités une équipe conquérante. De quoi enfin espérer un retour en Play-offs pour cette saison ?

 

Un point sur le roster

Arrivées : Derrick Rose (Chicago), Joakim Noah (Chicago), Courtney Lee (Charlotte), Brandon Jennings (Orlando), Justin Holiday (Chicago), Mindaugas Kuzminskas, Willy Hernangomez (draft).

Départs : Jose Calderon (Lakers), Jerian Grant (Chicago), Robin Lopez (Chicago), Arron Afflalo (Sacramento), Langston Galloway (New Orleans), Derrick Williams (Miami).

5 majeur : Derrick Rose, Courtney Lee, Carmelo Anthony, Kristaps Porzingis, Joakim Noah.

Banc : Brandon Jennings, Justin Holiday, Sasha Vujacic, Lance Thomas, Clenanthony Early, Lou Admundson, Mindaugas Kuzminskas, Willy Hernangomez, Kyle O’Quinn.

Head Coach : Jeff Hornacek

 

Une sur-activité nécessaire sur le marché des transferts ?

Le Madison Square Garden n’avait certainement plus l’égo qu’on lui connaissait dans les années Ewing ou à l’arrivée de Melo. Mais une fois n’est pas coutume, les Knicks se reconstruisent encore par le marché des transferts.

Depuis le départ de Jeremy Lin, pourtant resté que quelques mois à New York, un cycle sans début ni fin se déroulait sans trop que l’on sache pourquoi à la Big Apple. Tantôt grisés par les blessures de Melo, tantôt par le manque de rotations, ni Mike Woodson, ni Derek Fisher, ni Kurt Rambis ont réussi à faire grimper en flèche le taux de victoires et le moral de leurs joueurs et supporters. Pourtant, l’arrivée de Phil Jackson en 2014 était annonciatrice d’un retour à un jeu spectaculaire. Mais le talent ne s’en est pas suivi. Les Knicks pouvaient-ils réellement jouer les play-offs avec Langston Galloway et Jose Claderon à la mène, Arron Afflalo en 2, Melo blessé, Derrick Williams et Robin Lopez incapables de shooter hors de la raquette ? Une chose est sûre, c’est que parmi eux, il fallait reconstruire sur une seule personne, on dénomme le triple champion olympique Carmelo Anthony.

Pour l’entourer, les Knicks ont réussi un coup formidable, récupérer les deux piliers offensifs et défensifs qui ont remis Chicago sur le droit chemin dans les années 2010 : Derrick Rose et Joakim Noah. Le premier, bien que diminué par de nombreuses blessures, n’a rien perdu de son talent. Et ceci n’est pas une histoire de statistique. Se muer en leader pour mener son équipe offensivement, il sait le faire. Bien que son pourcentage de réussite faible (43%) dû à des prises de shoot compliqués, il a compris que son rôle serait d’accélérer le jeu new yorkais, et sa collaboration avec Melo dans cette optique s’annonce d’ores et déjà tonitruante. Le second, a passé deux dernières années compliquées à Chicago, tant sur le plan physique que moral, car il a été relégué sur le banc par Fred Hoiberg, tandis que Tom Thibodeau lui faisait entièrement confiance précédemment. L’histoire donnera sûrement tord à Hoiberg tant l’impact défensif de Jooks promet d’être intéressant, ajouté à celui de Kristaps Porzingis.

Ajoutez à cela l’expérimenté Courtney Lee, qui remplacera aisément un Arron Afflalo, ainsi que Justin Holiday et surtout l’ex futur empereur des Bucks Brandon Jennings, qui permettent au backcourt de New York d’enfin prendre de la vitesse et de la folie.

 

Ego ou blessures, quelles perturbations à NY ?

Sur le papier, l’effectif des Knicks est vendeur. Mais dans les faits, de nombreux paramètres sont à prendre en jeu. Le plus important, l’égo. Entre Melo, Rose, Noah, Porzingis, Jennings, et les autres, il va y avoir de la demande de ballon. Et si les victoires n’arrivent pas, les tensions risquent d’apparaître. Car tous ces joueurs ne sont pas là pour faire 11ème de conférence. Là où les Knicks ont théoriquement réussi un coup de génie, c’est d’avoir gardé dans l’effectif des joueurs d’expérience et de confiance : Lou Admundson, Sasha Vujacic, Kyle O’Quinn, ou encore Lance Thomas, si précieux l’an dernier, tant offensivement que défensivement. A voir comment l’effectif sera finalisé car à ce jour, 16 joueurs sont encore sous contrat, et un cadre du vestiaire pourrait bien quitter le navire un peu précipitamment…

Autre problème, l’état de forme des joueurs. En premier lieu, Melo. Souvent absent par le passé pour des petites blessures, il a su ménager son corps. Contrairement au majordome D-Rose, lui qui a eu du mal à se remettre d’aplomb et qui espère bien voir son cauchemar se terminer, sa splendeur se retrouver. En second couteau, le secteur intérieur de New York a mine de rien perdu Robin Lopez, auteur d’un saison convaincante tant sur le dynamisme offensif de l’attaque en triangle que défensif (10ème meilleur bilan défensif NBA). A Jooks de ne pas laisser le Madison Square Garden qu’il chérit tant, le voir évoluer avec uniquement Kyle O’Quinn après une nouvelle blessure…

 

Plus qu’une histoire de basketball…

Justement, lorsque l’on parle avec la famille Noah de New York, cela résonne en lui comme une évidence. Bien sûr qu’il est conscient d’avoir écrit son histoire avec Chicago, mais sa ville natale reste New York. Lui, l’enfant du Madison Square Garden, est revenu à la maison. Son père Yannick Noah confirmait dans le New York Post : « On avait l’habitude d’aller à la salle voir jouer Patrick Ewing. Savoir qu’il y jouera à son tour, c’est une bénédiction. Il se prépare dur. Il est surmotivé. Il attend beaucoup de cette saison, il a hâte d’y être. Et je serai là, moi aussi », a assuré l’ancien vainqueur de Roland Garros, casquette des Knicks vissée sur la tête. Yannick Noah est d’autant plus confiant qu’il sait que son fils sera accompagné de son ami fidèle Derrick Rose, et présidé par Phil Jackson. Finalement, à New York, cela devient une histoire de famille, une histoire d’amour…

 

Coaching : Jeff Hornacek ou Phil Jackson ?

Sur le fond, depuis l’arrivée de Phil Jackson, aucun coach n’a réussi à mettre en place sa patte puisque le Master Zen a toujours voulu réinstaurer l’attaque en triangle qui lui est fidèle.

Après l’échec de la dernière saison, la franchise n’a toujours pas indiqué publiquement le style de jeu adopté pour la saison à venir. Si le président Phil Jackson a reconnu que « son système » n’était pas forcément adapté aux qualités des joueurs actuels, il a néanmoins défendu les vertus du triangle… De son côté, Jeff Hornacek est plutôt adepte d’un style de jeu très offensif et rapide. Alors que le nouveau coach des Knicks s’est dit prêt à intégrer certains principes du triangle dans son schéma, il pourrait être forcé à faire bien plus.

« Le message que j’ai reçu de l’entourage de Jeff Hornacek c’est qu’il était totalement de libre de mettre en place le style de jeu de son choix. Le message que j’ai dans le clan des Knicks c’est que ce n’est pas totalement vrai, il va devoir utiliser les bases de l’attaque en triangle », Yahoo Sports

Lors de la nomination de Jeff Hornacek à ce poste, ce sujet a été forcément évoqué avec Phil Jackson et il paraît improbable que les deux hommes ne soient pas sur la même longueur d’onde avant le début de l’exercice 2016-2017. Sans doute, verrons-nous la patte de Phil dans le jeu d’Hornacek… A confirmer.

 

Conclusion

Sur le papier, les Knicks ont tout pour revenir en play-offs dans une conférence qui pourtant s’étoffe et où toutes les équipes partent sur un même pied d’égalité hormis l’intouchable tenant du titre Cleveland.

Jeff Hornacek dispose néanmoins de beaucoup plus de cartouches que ses prédécesseurs, avec 9 joueurs majeurs : Derrick Rose, Courtney Lee, Carmelo Anthony, Kristaps Porzingis, Joakim Noah, Brandon Jennings, Justin Holiday, Lance Thomas, Kyle O’Quinn, auxquels il faut ajouter un groupe d’expérience et de néo-pros. Malgré tout, le banc paraît encore assez faible pour palier une blessure de longue durée, à laquelle il faut s’attendre aux vues du roster, ce qui laisse peu de marge de manoeuvre.

Mais au jour d’aujourd’hui, l’équipe de New York fait de nouveau peur, et c’est bien là le plus important…

 

Article co-écrit avec Loïs Guzukian.

A propos de Clement Carton 65 Articles
- Créateur & Community Manager d'Agora Sports - 19 ans, Lyonnais, ambition journalisme sportif. Sports de prédilection : Basketball, Tennis, Sports d'Hiver. Suivez-moi sur Twitter : @clementcarton

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