Folie en Colombie

Tour de Colombie 2019

Du 12 au 17 février se tenait le tour de Colombie, avec un programme alléchant au cours duquel le Français Julian Alaphilippe est parvenu à s’exprimer face à l’armada colombienne.

On le sait, c’est une véritable histoire d’amour qui lie les Colombiens et le cyclisme. Depuis les exploits du mythique grimpeur Luis Alberto Herrera dans les années 1980, le cyclisme colombien a vu des générations de coureurs truster le haut du panier. Grimpeurs par excellence de par la topographie de leur pays, on se doutait bien que les 83 Colombiens au départ de leur tour national (sur un total de 168) se seraient pas là pour faire de la figuration.

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Julian Alaphilippe s’impose lors de la 5ème étape et s’empare du maillot de leader.

Cette année, les organisateurs ont fait le choix de débuter avec un contre-la-montre par équipe de 14 kilomètres, avant d’enchaîner avec trois étapes qui pouvaient être ciblées par les sprinteurs. Enfin, les deux dernières étapes étaient dédiées aux grimpeurs avec l’alto de las Palmas comme juge de paix (15,5 kilomètres à 6,7% de pente moyenne à 2500 mètres d’altitude). Le décor était donc planté pour désigner le successeur d’Egan Bernal, vainqueur en 2018.

Malgré une distance relativement courte, le chrono inaugural pouvait déjà créer des écarts signifiants. À ce petit jeu là, c’est le Colombien Rigoberto Uran qui s’en est le mieux tiré puisque son équipe Education First remporte l’étape devant la Quickstep et la Sky de Froome et Bernal. Les deux étapes suivantes se terminent au sprint sans changer quoi que ce soit au classement général. Sur la 4ème étape, Bob Jungles nous gratifie d’un numéro qui se fait de plus en plus rare de nos jours : le coup du kilomètre. Le solide rouleur luxembourgeois s’extrait du peloton dans les ultimes hectomètres pour apporter un nouveau succès à l’équipe Deceunink Quickstep.

Avec déjà deux succès dans la musette, l’équipe Belge ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Après Hodeg et Jungels, c’est Julian Alaphilippe qui lève les bras au final de la 5ème étape. Celle-ci convenait parfaitement à un Julian très en forme après sa belle performance il y a deux semaines sur les routes du tour de San Juan. L’autre information du jour est à mettre sur le compte de Chris Froome. En effet, il termine l’étape attardé en 89ème position. Lui qui n’avait plus couru depuis septembre dernier, avait prévenu être dans l’inconnue au niveau de sa forme physique. Visant une cinquième victoire sur la Grande Boucle en juillet prochain, le Britannique s’est déplacé en Colombie pour accumuler les kilomètres et parfaire sa forme.

Nairo Quinatana profite du marquage entre compatriotes pour partir seul.

Les organisateurs de ce tour de Colombie avaient ménagé le suspense en concoctant une dernière étape escarpée, devant profiter aux grimpeurs du pays. Mais c’était sans compter sur ce diable de Français qui, au départ de cette ultime étape possède 23 secondes d’avance sur Miguel Angel Lopez, 29 sur Ivan Sosa, et plus d’une minute sur Bernal et Quitana. Cet avantage allait-il être suffisant pour affronter la furie colombienne ? Jusqu’à 5 kilomètres de l’arrivée, tout est sous contrôle pour Alaphilippe. Mais les accélérations dévastatrices d’Angel Lopez (que l’on appelle “Superman Lopez” là-bas en Colombie) et de Nairo Quintana (ou plutôt “Nairoman”) font craquer le leader du classement général. Portés par plus de 400 000 fanatiques amassés dans la dernière ascension, les Colombiens font feu de tout bois. Au sommet, c’est la star du pays, Nairo Quintana qui s’impose en solitaire. Non sans mal, puisque 3 kilomètres plus tôt, il est fauché en compagnie de Sosa par un spectateur qui courait à côté d’eux. Surtout, il a profité d’un mano a mano entre Sosa et Lopez, quasiment arrêtés dans le dernier kilomètre, pour filer tout seul à la victoire.

Au terme d’une ultime étape haletante, c’est le Colombien de l’équipe Astana, Miguel Angel Lopez qui s’impose au classement général, suivi par le jeune prodige de la Sky Ivan Sosa (21 ans) et d’un autre jeune talentueux, Daniel Felipe Martinez (22 ans) pour l’équipe Education First. Julian Alaphilippe conclut ce tour de Colombie en 7ème position.

Podium final 100% colombien, comme en 2018.

Quels enseignements peut-on tirer de cette course ?

Pour Julian Alaphilippe, c’est la présence d’une bonne forme physique dont il tentera de tirer bénéfice le 3 mars prochain en Italie sur la mythique Strade Bianche avant d’aller sur Tirreno-Adriatico.

Pour Chris Froome, il s’agit ici d’un retour à la compétition. Malgré tout, cette 91ème place à 48 minutes du leader est étonnante pour un garçon qui a toujours eu l’habitude de performer dès sa première compétition de l’année (10ème de la Ruta del Sol en 2018, victoire sur le Herald Sun Tour en 2016, victoire sur la Ruta del Sol en 2015).

Nairo Quitana reprend de la confiance après une saison 2018 un peu contrastée en terme de résultats.

Miguel Angel Lopez, Bernal, Sosa, Felipe Martinez : la jeunesse Colombienne affiche une bonne santé et devrait encore peser lors des grandes courses par étapes en 2019.

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