Un jour à PyeongChang #13 : triple ration de chocolat pour les slalomeurs, le bronze pour les filles en biathlon, les freestyleurs blessés et la der’ olympique de Lamy-Chappuis

La joie communicative des Françaises, médaillées de bronze lors du relais olympique. (© Franck Fife/AFP)

Une grande dame. Un grand monsieur. Aujourd’hui, Marie Dorin-Habert et Jason Lamy-Chappuis disputaient leur dernière course aux Jeux olympiques, leurs dernières émotions venues toutes droites de l’Olympe. Tous deux ont marqué l’histoire du sport français loin de la surmédiatisation des footballeurs, handballeurs, basketteurs, rugbymans et autres tennismen. Dans leur coin, ils se sont forgé un palmarès de choix : cinq titres mondiaux, un titre olympique et sept victoires en Coupe du monde pour elle, la même pour lui aux Mondiaux et aux Jeux avec, en surplus de bagages, quatre gros globes de cristal et 26 victoires sur le circuit mondial. À PyeongChang, ils ont connu des fortunes diverses : Dorin-Habert est devenue championne olympique en relais mixte et a décroché le bronze, aujourd’hui, avec les copines alors que Jez n’a pas brillé en individuel et a terminé à la cinquième place avec ses coéquipiers lors de l’épreuve par équipes de ce jeudi. Pas de dernière médaille pour le champion olympique 2010 du petit tremplin. Il était revenu pour ça après des études de pilote d’avion rondement menées à Southampton, en Angleterre. Et quel destin pour Marie Dorin-Habert, au plus mal au cœur de cet hiver, qui se retire sur des Jeux carrément réussis : elle est ce soir la biathlète française la plus médaillée aux Jeux, avec quatre breloques. Deux parcours. Deux destins. Mais une même passion pour la combinaison bleue, blanche et rouge. Merci à vous deux. Vous avez fait aimez votre sport respectif à des millions de Français et avez suscité quelques vocations bienvenues. Jean-Baptiste Grange, double champion du monde 2011 et 2015 de slalom, a également dit adieu aux Jeux aujourd’hui. Demain ç’aurait dû être à Ophélie David de poser les skis et les bâtons une ultime fois à la suite du skicross olympique : touchée au genou à l’entraînement, elle n’en n’aura plus jamais l’occasion. Bon vent à vous quatre. Retour sur la treizième journée des Jeux olympiques de PyeongChang, entre satisfactions, peurs, frustrations et immense joie.

Cinquième breloque pour le biathlon français après une course incroyable

Du vent fort, très fort. De la neige qui tombe du ciel, beaucoup. Un coup de fusil. Le relais féminin de biathlon vient d’être donné à Alpensia. Les Allemandes sont les grandes favorites devant les Françaises, vainqueurs à Oberhof en janvier dernier. On n’imagine pas encore que les Teutonnes vont connaître un cauchemar sur le pas de tir : 11 pioches et 3 tours de pénalité. Une vision d’horreur dans la lunette de leur entraîneur de tir. Le vent et la neige tombante ont mis hors-jeu plusieurs autres nations favorites comme l’Ukraine, la République Tchèque ou l’Italie, en fin de course. Les Françaises sont passées entre les gouttes malgré quelques frayeurs données par Justine Braisaz à trois pioches sur chacun de ses deux tirs. Mais elle a assuré l’essentiel : ne pas tourner sur l’anneau de pénalité de 250 mètres. En plus, elle avait des bombes aux pieds et était supersonique sur la piste. Seulement, Anaïs Bescond se retrouve avec la Biélorusse Darya Domracheva, mise sur orbite par ses coéquipières Skardino, Kryuko et Alimbekava auteures de ‘seulement’ 6 fautes. La triple championne olympique de Sotchi a fini le travail pour offrir à la Biélorussie le titre, son quatrième personnel aux Jeux : elle devient la biathlète la plus titrée dans la compétition suprême, seuls Martin Fourcade (5) et son légendaire mari Ole Einar Bjørndalen (8) ayant fait mieux. Derrière, Anaïs Bescond ne peut retenir les assauts de l’irrésistible suédoise Hanna Öberg, titrée lors de l’individuelle jeudi dernier. Ce sera donc du bronze, content, pour Anaïs Chevalier, Marie Dorin-Habert, Justine Braisaz et Anaïs Bescond qui repart de Corée du Sud avec trois médailles qui font d’elle l’athlète française la plus médaillée d’une même édition de JO d’hiver. Avant même le relais masculin de demain, la France a glané cinq médailles en biathlon, dont trois titres. Une moisson de choix qui fait de ce sport le plus grand pourvoyeur de médailles, comme souvent.

Darya Domracheva a offert l’or olympique à son pays ce jeudi à Alpensia. (© Andrew Medichini/AP)

Kristoffersen et Hirscher dehors, les Bleus groupés au bord du podium !

Une énorme frustration, sur le papier. Sur le papier seulement car les slalomeurs tricolores étaient loin d’être favoris, ou même sérieux outsiders, au départ de la première manche. Cependant, les circonstances en ont fait des candidats aux médailles. Les circonstances c’est la sortie de piste du roc de Salzbourg Marcel Hirscher, sa première en slalom depuis le 14 février 2016 au Japon. Personne ne s’y attendait. Tout le paddock de Yongpyong attendait un troisième titre olympique du roi Marcel, ce qui l’aurait fait devenir l’égal de Toni Sailer et de Jean-Claude Killy. Il n’en n’a rien été. Les Français, hormis Jean-Baptiste Grange lui aussi sorti du tracé, ont signé un premier passage exceptionnel : Muffat-Jeandet est troisième, Pinturault sixième et Noël, champion du monde juniors il y a quelques jours à Davos, septième. Le podium est là, tout proche. La victoire, elle, est promise à Henrik Kristoffersen, enfin débarrassé de Hirscher. En seconde manche, Michael Matt et Ramon Zenhäusern remontent irrésistiblement au classement alors que les Français arrivent : tous trois échouent à quelques centièmes de Matt. Puis, le Suédois Myhrer, dont le tracé convient à merveille, prend les devants. Ne reste plus que Kristoffersen en haut. Il va l’emporter. Il doit l’emporter. Mais non. Il enfourche quelques piquets après le départ. Le Suédois André Myhrer est champion olympique de slalom, à l’instar de sa compatriote Frida Hansdotter, devant le Suisse Zenhäusern et l’Autrichien Matt. C’est le premier Suédois sacré en ski alpin depuis la légende Ingemar Stenmark, en or en géant et en slalom en 1980. Les Français Clément Noël, Alexis Pinturault et Victor Muffat-Jeandet suivent, à un souffle du bronze. Les centièmes n’étaient pas du côté des Français au contraire des dieux, du côté de Myhrer.

Clément Noël, quatrième et meilleur français du slalom olympique à 20 ans. Un futur très grand. (© AFP)

Kevin Rolland et Thomas Krief accidentés, Anna Gasser pionnière du Big Air

Normalement, Kevin Rolland devait être un des grands messieurs des Jeux dans le camp français. Une chute lors du camp d’entraînement de Crans-Montana et une autre subie à l’entraînement à Bokwang en ont décidé autrement. Affaibli, le triple vainqueur des X Games, avait réussi à se qualifier pour la finale. Lors de cette dernière il savait que pour aller chercher la médaille il devrait poser un run exceptionnel, improbable vu son état physique. Par trois fois, il n’a pas réussi à poser sa première figure. Par trois fois il s’est relevé. Et par trois fois il a obtenu une note médiocre, indigne de son niveau, exceptionnel. Cette année, Kevin Rolland n’a pas pu montrer toutes les facettes de son talent aux Jeux, ce sera pour 2022 à Secret Garden. C’était justement là-bas que Thomas Krief avait signé un retour tonitruant sur le circuit de la Coupe du monde il y quelques semaines de cela. Il était revenu du diable vauvert. Être présent en Corée du Sud était déjà une victoire pour lui. Le premier run de la finale lui a été fatal : il n’a pas pu repartir pour ses deux autres tentatives. Krief finit dixième et Rolland onzième.

Kevin Rolland dans le ciel du Phoenix Park de Bokwang. (© Loïc Venance/AFP)

Devant, loin devant, c’est l’Américain David Wise qui a remporté la médaille d’or (97.20 pts), comme à Sotchi il y a quatre ans, devant son compatriote Alex Ferreira (96.40 pts) et le jeune Néo-Zélandais de 15 ans Nico Porteous (94.80 pts). Wise est le deuxième athlète à conserver son titre en ski freestyle après le Canadien spécialiste des bosses Alexandre Bilodeau en 2010 et 2014. La finale du snowboard Big Air féminin avait également lieu aujourd’hui : c’est la favorite autrichienne Anna Gasser qui a gagné (185 pts) devant l’Américaine Jamie Anderson (177.25 pts) et la Néo-Zélandaise Zoi Sadowski-Synnott (157.50 pts). Gasser est la deuxième autrichienne titrée en snowboard aux Jeux après Julia Dujmovits, championne olympique de slalom parallèle en 2014.

L’Autrichienne Anna Gasser, première championne olympique de l’histoire du snowboard Big Air. (© Kim Hong-Ji/Reuters)

En bref…

La Suissesse Michelle Gisin est devenue championne olympique du combiné alpin en devançant, après la descente et le slalom, Mikaela Shiffrin ainsi que sa compatriote Wendy Holdener. La Suissesse est titrée quatre ans après sa sœur, Dominique, sacrée sur la descente à Sotchi. Comme prévu, Lindsey Vonn, largement en tête après sa discipline favorite, a enfourché lors du slalom de ce qui était sa dernière sortie olympique. Douzième place pour la Française Laura Gauché, que avait répondu à nos questions avant de s’envoler pour PyeongChang.

La Suissesse Michelle Gisin, championne olympique de combiné alpin. (© Media365)

Les Américaines sont devenues championnes olympiques de hockey-sur-glace pour la première fois depuis 1998 en battant les Canadiennes, quadruples tenantes du titre, 3-2 après une séance de tirs au but haletante. Logique victoire des Allemands Geiger, Rieβle, Frenzel et Rydzek lors de la compétition par équipes de combiné nordique : les Norvégiens et les Autrichiens suivent tandis que les Français (Gérard, Braud, Laheurte, Lamy-Chappuis) finissent cinquièmes à une minute et trente secondes du bronze, sans regrets. Les Allemands en sont maintenant à treize médailles d’or, soit une de plus qu’en 1998 et autant qu’en 2002.

Jason Lamy-Chappuis aux Jeux, c’est définitivement terminé. (© Michel Cottin/Agence Zoom)

C’était la dernière journée du populaire short-track sur la patinoire de Gangneung ! Le Chinois Wu Dajing, en 39”584, nouveau record du monde, prend l’or sur 500m et la Néerlandaise Suzanne Schulting devient championne olympique du 1000m. La Française Véronique Pierron s’est faite sortir en quarts. L’Italienne Arianna Fontana, en bronze, obtient sa huitième médaille aux Jeux, comme les légendes de son sport que sont Apolo Anton Ohno et Victor An. Enfin, les Hongrois Liu Shaoang, Liu Shaolin, Knoch et Burjan ont gagné le relais 5000m masculin et offrent à leur pays son tout premier titre olympique d’hiver après deux médailles d’argent et quatre de bronze, toutes obtenues en patinage artistique avant et pendant les années 1980.

Et demain ?

Le programme commence à se réduire… Ça sent la fin des Jeux  Il y aura tout de même les finales du skicross féminin à partir de 2h avec Alizée Baron et Marielle Berger-Sabbatel, si les conditions climatiques le veulent bien. Aussi, à la même heure, les programmes libres féminins de patinage artistique commenceront avec la Française Maé-Bérénice Meïté, 22eme du programme court, ainsi que le duel fratricide entre les athlètes olympiques de Russie Medvedeva et Zagitova, séparées d’à peine plus d’un point en faveur de la seconde.

Les demi-finales du tournoi masculin de hockey se disputeront à 8h40 (République Tchèque/Athlètes olympiques de Russie) et à 13h10 (Canada/Allemagne) tandis que celles du curling féminin débuteront à 12h05 (Corée du Sud/Japon et Suède/Grande-Bretagne). Aussi, le match pour la médaille de bronze masculine, Suisse/Canada, aura lieu à compter de 7h35.

Enfin, le relais masculin de biathlon – dernière épreuve de ce sport à PyeongChang – commencera à 12h15 avec un gros espoir de médaille du côté des Bleus, portés par Martin Fourcade. Enfin, le 1000m masculin de patinage de vitesse est prévu pour 11h.

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A propos de Florian Burgaud 44 Articles
Amoureux de sport depuis tout petit. Les sportifs d'hiver c'est la vie. Étudiant licencié d'histoire et en télépréparation journalisme à l'ESJ Lille.

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