Le jour où… Montpellier a remporté la Ligue des Champions

Laurent Puigségur soulève la Ligue des Champions. (Crédits : handzone)

A l’aube du Final Four de Cologne, où trois clubs français sont représentés, Agora Sports se penche sur le seul club français vainqueur d’une Ligue des Champions : le Montpellier Handball.

Oui, la comparaison avec l’Olympique de Marseille est plausible. Montpellier a gagné sa C1 en 2003 alors que la Ligue des Champions que l’on connaît actuellement n’existait pas. Un peu comme leur voisin olympien en 1993. Ce week-end, le club héraultais peut arracher une deuxième Coupe d’Europe mais la concurrence sera rude.

Une équipe de stars

Au début de la saison 2002-2003, Montpellier compte cinq titres de champion de France, loin des quatorze actuellement. L’effectif du Montpellier Handball est d’une grande densité à tous les postes. Les cages sont gardées par le duo de l’Equipe de France Bruno Martini et Thierry Omeyer, les ailes sont occupés par Michaël Guigou et Greg Anquetil. Au poste de pivot, Laurent Puigségur avec dans la rotation l’actuel sélectionneur Didier Dinart. Le poste de demi-centre est gardé par le franco-serbe Andrej Golic, accompagné par le futur retraité Geoffroy Krantz, tout jeune à l’époque. Du côté des arrières, il y avait du monde. Franck Junillon, Cédric Burdet, Mladen Bojinovic, Sobhi Sioud et un tout jeune joueur de même pas 20 ans : Nikola Karabatic. Le tout entraîné par le gourou, toujours en poste en 2018, Patrice Canayer.

Une bonne partie de cette équipe va s’asseoir sur le championnat de France pendant dix ans, ne laissant le titre qu’une saison, en 2006-2007, à Ivry, du tout aussi jeune Luc Abalo. La précédente Ligue des Champions a été remportée par le grand Magdeburg de Joël Abati, Guéric Kervadec ou encore Stefan Kretzschmar. Veszprem était tombé au retour, dans la GETEC Arena garnie de 8 000 personnes.

Un parcours quasi sans faute

La formule 2002-2003 est très différente de l’actuelle. Montpellier a eu la chance d’entrer directement en phase de poules évitant les deux tours préliminaires. Ce sont ensuite des quarts de finale et demi-finales sous forme d’aller-retour puis une finale sous la même forme. Le MHB tombe sur une poule plutôt abordable. Ils évitent Kiel, Magdeburg, Pampelune, Kolding et Veszprem. Les français tombent sur le champion tchèque Karvina, le champion russe Medvedi et le champion slovène Prule. Malgré une différence de buts très faible (+6), Montpellier s’en sort avec une seule défaite – en Slovénie, 29-24 – et prend la première place du groupe C.

Placé dans le Chapeau 1, le champion de France hérite de Zagreb et écarte les croates 62-53 au cumulé, lors des quarts de finale. Le tirage est de nouveau favorable avec une nouvelle rencontre face à Prule en demi-finale. Montpellier s’incline de nouveau en Slovénie mais vient gagner avec suffisamment d’écart le retour pour se qualifier en finale.

Une finale renversante

Face à Montpellier se dresse une montagne du handball européen, le Portland San Antonio, basé à Pampelune. Les espagnols viennent de sortir, tour à tour, Magdeburg et Veszprem, les deux derniers finalistes. Le club de Navarre compte dans ses rangs l’imposant buteur biélorusse Mikhaïl Iakimovitch, le russe Oleg Kisselev et le récent champion du monde 2001, Jackson Richardson.

Le match aller se joue à Pampelune, devant quelques 3 000 spectateurs. C’est un récital des locaux. Seul Nikola Karabatic laisse un infime espoir aux français avec dix buts au compteur. Le score est sans appel : 27-19 et 8 buts à rattraper à René-Bougnol. Une semaine après, le MHB asphyxie son adversaire au Palais des Sports. Iakimovitch reste bloqué à quatre buts, Richardson trois. Golic distribue, Bojinovic et Karabatic font trembler les filets cinq fois chacun. Michaël Guigou en plante dix ce jour-là. Montpellier remporte sa seule et unique Ligue des Champions en renversant Pampelune 31-19.

Les spécialistes de l’époque évoquent cette double confrontation comme une passation de pouvoir entre Jackson Richardson et Nikola Karabatic. Mon premier est sur une pente descendante. Il n’ira pas aux Jeux Olympiques 2004 à Athènes à cause d’un conflit avec Claude Onesta et terminera sa carrière du côté de Chambéry. Mon second se révèle avec ces deux belles rencontres en finale, commence à avoir quelques sélections en Bleu. Il deviendra l’un des meilleurs joueurs de l’Histoire.

https://www.youtube.com/watch?v=YcrkIsL4xqM

Ci-dessus, la finale retour complète avec les commentaires de Sport+.

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