[10-PREVIEW] Charlotte Hornets : des frelons aux ailes coupées ?

Kemba Walker - ESPN/ Streeter Lecka/Getty Images

La saison 2015/2016 a été synonyme d’un retour au premier plan dans la conférence Est pour les Hornets : une sixième place à l’Est avec 58.5 % de victoires (soit autant que le troisième…) et  une première victoire en play-offs depuis 2002 malgré l’élimination au premier tour par Miami en sept manches. Le coach, Steve Clifford, a su construire une équipe soudée, équilibrée et efficace des deux côtés du terrain (neuvième meilleure défense et onzième meilleure attaque de la ligue). La franchise détenue par Michael Jordan abordait donc l’été avec le sentiment du devoir accompli et l’idée d’être sur la bonne voie concernant le redressement et le développement de l’équipe pour les saisons à venir.

Cependant, cette intersaison s’annonçait compliquée, de nombreux joueurs majeurs (Nicolas Batum, Courtney Lee, Jeremy Lin, Al Jefferson, Marvin Williams) étant libres et pouvant s’engager dans n’importe quelle autre franchise. Inévitablement, Charlotte n’a pas pu tous les conserver, la priorité étant de prolonger Nicolas Batum, qui sera suivi par Marvin Williams. Les Hornets ont donc perdu des joueurs constituant le noyau de leur réussite la saison passée, le tout sans parvenir à recruter des joueurs de renom. Marco Belinelli, Ramon Sessions et Roy Hibbert ne font certainement pas partie des plus grands à leur poste mais ils restent des joueurs avec une certaine expérience dans la grande ligue qui peuvent se fondre dans l’effectif et apporter beaucoup plus que ce que l’on pense à l’équipe. Ainsi, les Charlotte Hornets version 2016/2017 suscitent quelques interrogations pour cette nouvelle saison, il est notamment difficile de savoir si les Hornets seront capables de  confirmer leur bonne saison passée ou si ils seront coupés net dans leur progression et dans le développement de la franchise.

Un point sur le roster

Arrivées : Roy Hibbert (Los Angeles Lakers), Ramon Sessions (Washington Wizards), Marco Belinelli (Sacramento Kings), Christian Wood (Philadelphia Sixers), Treveon Graham, Mike Tobey.

Départs: Jeremy Lin (Brooklyn Nets), Al Jefferson (Indiana Pacers), Courtney Lee (New-York Knicks), Troy Daniels, Tyler Hansbrough, Jorge Guitierrez.

Cinq majeur (probable) : Kemba Walker, Nicolas Batum, Michael Kidd-Gilchrist, Marvin Williams, Cody Zeller.

Le banc : Ramon Sessions, Marco Belinelli, Roy Hibbert, Andrew Andrews, Treveon Graham, Aaron Harrison, Spencer Hawes, Franck Kaminsky, Jeremy Lamb, Brian Roberts, Mike Tobey, Christian Wood.

Le coach : Steve Clifford

Une intersaison compliquée

La free agency de Charlotte s’annonçait inévitablement difficile avec pas moins de huit joueurs devenant. La majorité d’entre eux ont fait part dans les médias leur intention de rester à Charlotte mais avec l’explosion du salary cap et la volonté des dirigeants de prolonger certains joueurs en priorité (Nicolas Batum en objectif premier), tous n’ont pas pu être conservés. Les liasses de billets verts de certaines franchises ont acté les départs de Jeremy Lin, Al Jefferson et Courtney Lee de la Caroline du Nord, trois joueurs essentiels dans la rotation des Hornets. La franchise de MJ n’a pas réussi à attirer des noms tonitruants à Charlotte, et les départs majeurs ont donc été compensés numériquement par les arrivées de Ramon Sessions, Marco Belinelli et Roy Hibbert. Ramon Sessions n’offre pas les mêmes garanties offensives et défensives en sortie de banc qu’un Jeremy Lin mais il reste un joueur expérimenté complètement capable de mener l’équipe lorsque Kemba Walker se repose. Marco Belinelli est, lui, un excellent shooter qui va amener du scoring et du spacing en attaque. Bien qu’il ne soit pas aussi complet que certains arrières, Belinelli peut prendre feu par moments et apporter plus que l’on peut penser aux Hornets. Enfin, le départ du pivot offensif qu’est Al Jefferson est compensé par l’arrivée de Roy Hibbert, qui va tenter de relancer sa carrière après des dernières saisons très décevantes. Il n’est plus que l’ombre de lui-même depuis quelques années mais si il parvient à retrouver son meilleur niveau (Patrice Ewing a proposé de l’aider à retrouver son meilleur basket), il pourrait bien être le bon coup de l’été pour les Hornets car il a su prouver par le passé qu’il était un formidable défenseur. Si l’on compare les arrivées par rapport aux départs, il semble évident que Charlotte ne s’est pas renforcé pendant l’été, la faute à une free agency peu évidente à gérer. Cependant, cela aurait pu être pire, les changements majeurs du roster ont surtout eu lieu au niveau des remplaçants. Les Hornets n’offre donc plus la même profondeur de banc que la saison passée mais, en plus des recrues, les prolongations de Batum et Williams permettent de garder, en partie, le noyau de joueurs essentiels dans la réussite de l’équipe.

(Trop ?) Gros pactole pour Batum

Cet été, les dirigeants de la franchise ont fait de Nicolas Batum leur objectif numéro 1. Et cela n’a pas trainé, un accord pour une prolongation record de 120 millions de dollars sur cinq ans (dernière année en player option) ayant été trouvé assez tôt dans l’été pour permettre au joueur de rejoindre la sélection française au plus vite. Une prolongation amplement méritée tant Nicolas Batum a montré de belles choses la saison passée. Véritable couteau suisse, très complet, notre Frenchie a tourné à 15 pts, 6 rbs et 6 pds par match en moyenne la saison passée. Il devient ainsi le sportif français le mieux payé et Charlotte s’assure désormais de conserver un rouage essentiel de l’équipe et du système de Steve Clifford pour les saisons prochaines. Toutefois, une interrogation sur le montant de la prolongation subsiste. En déboursant un tel montant pour conserver l’ailier français (même si il n’a pas signé pour le maximum), la franchise a tout de suite réduit son rayon d’action pour le reste de l’intersaison. Bien qu’indispensable, la prolongation de Batum n’a pas forcément laisser suffisamment d’argent pour prolonger d’autres éléments importants de l’effectif (Jeremy Lin par exemple). Les dirigeants ont fait le choix de prolonger en priorité Batum (puis Marvin Williams), un choix qui peut expliquer en partie pourquoi l’intersaison n’a pas été toute rose en Caroline du Nord. Seul l’avenir nous dira si ce choix fut payant.

Des joueurs prometteurs

Outre Nicolas Batum et Marvin Williams, l’effectif des Hornets regorge toujours de talents. Le premier à qui l’on pense est inévitablement Kemba Walker qui a littéralement explosé l’année dernière. A 26 ans, le meneur s’impose comme le véritable leader de cette équipe. Auteur de quelques performances exceptionnels (52 points en un match en janvier par exemple), Kemba Walker a réalisé une très bonne saison à 21 pts et 5 passes décisives par match en moyenne, de quoi l’imaginer all-star dès cette saison. Charlotte dépendra beaucoup de lui pour cette nouvelle saison et si il continue sur la lancée, nul doute que la saison des Hornets sera couronnée de succès. Le deuxième point concerne Michael Kidd-Gilchrist. Drafté en seconde position en 2012, l’ailier sort d’une saison blanche après deux blessures successives à l’épaule gauche (il n’a joué que 7 matchs pour 13 pts et 6.4 rebonds de moyenne). En espérant que cette année se passe mieux pour lui, Charlotte bénéficierait de l’apport de ce joueur au très bon potentiel. Enfin à l’intérieur, le départ de Al Jefferson, sera l’occasion pour des jeunes comme Cody Zeller (8.7 pts, 6.2rbs de moyenne) et Frank Kaminsky (7.5 pts, 4.1 rbs) de montrer ce qu’ils valent. Les Hornets auront besoin de tous ces joueurs pour réaliser une saison à la hauteur de leurs espérances

La meilleure attaque, c’est la défense

« Nous n’avons probablement plus autant de points dans notre cinq majeur, nous avons perdu beaucoup en attaque mais je pense que nous trouverons des solutions. Nous avons le potentiel pour être meilleurs défensivement. Mike (Kidd-Gilchrist) est de retour et il est un défenseur d’élite dans le périmètre. Concernant Roy (Hibbert) je pense que c’est juste une question de l’aider à revenir au niveau où il était. C’est un protecteur de cercle, mais il peut aussi jouer en attaque. S’il revient à un niveau proche de celui d’Indiana, cela nous donnera une dimension que nous n’avions pas.  » Steve Clifford

La manière dont Steve Clifford juge son équipe annonce clairement la couleur pour cette nouvelle saison chez les Hornets : ça va jouer dur du côté du nouvellement baptisé Spectrum Center (anciennement Time Warner Cable Arena). Charlotte ne sera pas une équipe facile à battre, en tout cas c’est ce que souhaite le coach. L’intersaison a fait inévitablement perdre quelques talents offensifs et si l’équipe ne sera pas aussi équilibrée que l’année dernière, Clifford compte faire des Hornets un véritable roc défensif. Le retour de Kidd-Gilchrist combiné à celui du « vrai bon joueur » qu’a été Roy Hibbert pourrait bien faire de Charlotte une forteresse imprenable avec les bons défenseurs déjà présents comme Nicolas Batum. Cette année, Charlotte devrait proposer une grosse défense et ça pourrait plaire aux puristes du genre.

Avec une intersaison compliquée à gérer, les Hornets ne sont pas réellement renforcés cet été. Dans une Conférence Est de plus en plus homogène (hormis Cleveland), il est difficile de déterminer si les Hornets pourront décrocher les play-offs ou si ils se retrouveront en vacances en avril comme ce fut le cas trop souvent ces dernières années. L’équipe présente un profil bien plus défensif pour cette nouvelle saison et si Charlotte veut continuer dans la même lignée que la saison précédente, il faudra en attendre beaucoup de Kemba Walker, Nicolas Batum, Roy Hibbert…

A propos de Clément Beaume 45 Articles
Je suis un passionné de sport et de basket plus particulièrement. Je partage ici ces passions dans l'ambition de devenir journaliste sportif. Ball is life !

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