[12-PREVIEW] Portland Blazers : Des promesses à confirmer

(c) iHeart

On leur promettait les bas-fonds de la ligue suite au départ des 4/5 de leur cinq il y a un an, on les retrouve aujourd’hui auréolés d’une saison à 44 victoires et d’une demi-finale de conférence. Ces Blazers ont du répondant et du panache et suivent la trace de leur franchise player : ce sont des « overacheiver ». L’appétit vient en mangeant et Rip City a faim, peut-être même plus que jamais.

Cette deuxième partie de saison en trombe a complètement changé les plans de front-office des Blazers pour l’intersaison. En effet l’an passé, on avait laissé la franchise de l’Oregon dans une situation de reconstruction sur le seul Damian Lillard mais les playoffs ont vu émergé une ribambelle de soldat d’infanterie qui ont permis aux Blazers de surpasser toutes les attentes placées en eux.  Outre le MIP CJ McCollum, des joueurs tels que Allen Crabbe, Mo Harckless, Mason Plumlee ou Mayers Leonard ont littéralement explosé cette année sous la houlette du vice-COY de l’année. Toutes ses performances juxtaposées ont poussé le GM, Neil Olshey, à prolonger tout le petit groupe. Terry Stotts est donc prolongé jusqu’en 2020 avec pour objectif de faire encore grandir ce jeune groupe. Le recrutement qui a également : La tête de Gondole Evan Turner (70M$/4 ans) est accompagné de Festus Ezeli (15M$/2 ans), Shabazz Napier qui change encore de franchise (trade du Magic lors de la Draft avec Layman).

 

Point Roster

Départs : Tim Frazier (Pelicans), Chris Kaman, Cliff Alexander, Brian Roberts (Hornets).

Arrivées : Evan Turner (Celtics), Festus Ezeli (Warriors), Shabazz Napier (Magic), Jake Layman (Draft).

Contrats  garantis : Aminu, Connaughton, Crabbe, E.Davis, Ezeli, Harckless, Layman, Leonard, Lillard, McCollum, Montero, Napier, M.Plumlee, Turner, Vonleh.

5 majeur : Lillard – McCollum – Turner – Aminu – Plumlee

La confirmation via la continuité

Les résultats de cette saison ont poussé, les dirigeants des Blazers à croire dans ce young core qui vit bien. Ces joueurs moqués il y a un an ont maintenant un statut en NBA, celui de joueurs de Playoffs, et ce statut acquis avec mérite coûte cher. Le GM des Blazers a dû sortir le chéquier, conséquence son intersaison lui a coûté 300 M(dollars) de contrats (plus des deux tiers étant attribués à des reconductions).  Certains cas sont épineux comme ceux de Mo Harckless (42M$/4 an) ou Allen Crabbe ( 18.5M$ l’année dû à une offre des Nets). Les deux ailiers se retrouvent avec des salaires assez importants pour des joueurs qui risquent de sortir du banc avec un apport numérique contestable (10.3pts/match pour Crabbe et 6.4 pour Harckless l’an dernier). Sans oublier l’extension que va signer McCollum suite à son titre de MIP (106M/4 an, accord cette saison, le contrat prend effet l’an prochain).  La continuité avec le groupe effectué, des additions ont été faites. Ce qui porte le salary cap tout proche de la luxury tax.

Les Trail Blazers Blazers vont donc débuter la saison avec une équipe qui se connait déjà en grande partie. Terry Stotts a déjà fait le plus dur la saison dernière, il a posé un ciment la saison dernière sur lequel pourra s’appuyer son groupe. Comme le montre tous les renouvellements de contrat et leurs déclarations, les gars ont tous voulu rester (mais fallait mettre le prix, ce qu’a fait le FO). Portland va donc s’appuyer sur les satisfactions qui sont nombreuses. Lillard a assumé la saison en vrai patron avec McCollum comme plus gros soutien au scoring. Mason Plumlee à défaut d’être une menace à l’intérieur s’est montré bon passeur. Les ailiers eux se sont montrés assez efficaces en défense et plutôt inspirés derrière l’arc (4ème équipe en pourcentage à 3pts, dans le peloton de tête en volume) à trois points,  ou en coupe. Autre satisfaction, les rebonds symbolisés par l’activité d’ Ed Davis.

 

Des défauts à gommer

Ceci dit, le jeu de Portland pesait presque intégralement sur le poids de son backcourt. Toute les capacités de création revenaient à Lillard et McCollum ce qui les handicapaient dès que l’un des deux était bien cadré par la défense adverse. C’est en ce sens que l’addition de Turner, voire de Napier, peut être intéressante pour Terry Stotts. En effet malgré les difficultés au shoot de Turner, il peut avoir sans arrêt sur le terrain deux joueurs capables de créer pour les autres. Turner, ancien décevant n°2 de draft, a réussi une bonne saison chez les Celtics l’an dernier mais en tant que 6ème homme, reste à voir ce qu’il va donner à l’aile en titulaire. Napier lui va chercher encore une fois de se faire une place dans la rotation, vu ce qu’a réalisé Harckless cette saison après des expériences difficile lui aussi, ce n’est pas sans espoir.

Hors rebond, le poids à l’intérieur demeure également faible. L’effectif se bas au rebond mais manque d’un point d’encrage dans la raquette capable de jouer dos au panier (Leonard est un intérieur fuyant en plus souvent blessé, Plumlee est utilisé au poste haut, les mains de Davis..). Ezeli n’a rien d’un intérieur dominant mais est capable d’apporter des deux côtés du terrain. Offensivement il a montré par intermittence quelques mouvements au poste tandis que défensivement il s’est avéré être un protecteur de cercle tout à fait respectable. Turner peut aussi être intéressant en post-un sur des guards pour favoriser des coupes d’hommes du banc ou une sortie de balle vers l’extérieur.

Dernier point, et non des moindres la défense. Probablement le gros chantier de coach Stotts cette saison, la défense de Portland est trop perméable. Par exemple le tandem Lillard – McCollum a l’un des quatre pires ratings défensif de la ligue sur les backcourt ayant joué plus de 60 matchs (seuls les jeunes paires Russell/Clarkson, Mudiay/Harris et le duo des Knicks Calderon/Afflalo sont derrière). Leur tendance à passer sous les écrans en font aussi des proies assez facile en défense derrière écran à 3 points (pourcentage des adversaire de portland au tir : 50% soit le niveau médian de la ligue, à 3pts : 37% soit le 4ème plus élevé). Le reste de l’effectif, en bons cols bleus, tente de colmater les brèches. Le passage au niveau supérieur passera aussi par des progrès défensifs individuels et collectifs.

 

Un avenir doré de futur contender ?

Pour les  Blazers, vous l’aurez compris, l’objectif est de réaliser une saison au moins aussi bonne que la précédente. Neil Olshey parle même de réaliser 50 victoires en saison régulière. Loin d’être irréalisable, cet objectif doit tout de même être relativisé avec le contexte des résultats de la saison dernière. sans enlever du crédit aux exploits des Blazers, des équipes comme Memphis et Dallas ont par exemple réalisé 42 victoires en finissant avec des effectifs décimés. L’objectif est donc d’assumer son statut d’équipe qui se doit de finir en Playoffs surtout avec l’argent dépensé cet été.

En se projetant à plus long-terme on pourra se demander si l’ascension de la bande à Lillard n’est pas trop rapide et ne bouche pas l’horizon de faire naître un réel contender à Rip City. Cette équipe a du cœur mais cela reste l’un des effectifs les plus jeune de la ligue (le 5ème l’an dernier) et les dirigeants ne se sont offerts aucune flexibilité pour accueillir un éventuel All-Star (ils ont néanmoins tenté d’attirer Pau Gasol sans réussite) à moyen terme.

 

Ce groupe des Blazers nous a tous étonné l’an dernier et cette année tout le monde les prendra au sérieux. Ils ont un statut à confirmer. Couplé à la ribambelle de cash qu’a étalé les dirigeants pour retenir le cœur de l’équipe, ça provoque certaines grosses attentes autour d’un groupe plutôt jeune pour des résultats pas forcément plus élevé. Dans une conférence ouest avec le ventre de plus en plus compétitif, un statut-quo voire une élimination au premier tour des Playoffs ne serait pas forcément un échec.

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