Que retenir de la Vuelta 2016 ?

Javier Belver (Credit photo : vuelta)

Retour sur la soixante-et-onzième édition de la Vuelta a España, entre joies, déceptions et éclosions de jeunes talents… L’édition 2016 a tenu ses promesses sur les routes ensoleillées d’Espagne et de France cet été.

Nairo Quintana a remporté sa première Vuelta, après avoir triomphé sur le Giro en 2014 en devançant Chris Froome et Esteban Chaves. Il a adopté une tactique offensive pour mettre à mal le Britannique. Le Colombien a globalement dominé en haute-montagne grâce à une excellente équipe Movistar, du niveau de l’équipe Sky alignée en juillet sur le Tour de France. Alejandro Valverde s’est quant à lui enfin décidé à jouer la carte du collectif après avoir disparu du classement général, lui qui espérait terminer les trois grands tour dans le 10 premiers, performance très rare de nos jours.

Quintanaa sans doute gagné son deuxième grand tour après la magnifique étape qui s’achevait à Formigal. Cette étape de moins de 120 km lui a permis d’accroître son avance sur le Britannique avant le contre-la-montre de l’avant dernière étape, qui pourtant aurait pu lui être fatal. Il pourra remercier Alberto Contador d’avoir rendu cette étape grandiose en attaquant dès les premiers kilomètres et en reléguant la majorité des coureurs de la Sky à l’arrière dans le gruppetto et hors-délai, bien que repêchés car ce groupe comportait près de 90 coureurs.
Quant à Chris Froome, il a montré un niveau inférieur au Tour de France sur les premières étapes, accusant le coup, bien qu’il ait retrouvé son niveau par la suite. Sans la désertion de son équipe lors de la quinzième étape, il aurait pu lutter jusqu’au bout pour la victoire finale et pourquoi pas s’allier avec la surprenant équipe Orica BikeExchange qui a réussi à placer Esteban Chaves sur le podium, tout en remportant pas moins de quatre étapes. Chaves a réussi à finir sur le podium de deux grands tour cette année avec le Giro (second derrière Nibali), en devançant Alberto Contador lors de la dernière étape de montagne. Enfin, Andrew Talansky a, pour la première fois, fini un grand tour dans le top 5 alors que Simon Yates et Davide Formolo, deux grands espoirs pour les années futures sont parvenus à rentrer dans le top 10.

 

Le point sur les classements annexes

L’Italien Fabio Felline a remporté la maillot vert de meilleur sprinter sans remporter de sprint massif, à l’image du fantasque Peter Sagan sur les routes de juillet. Il a su marquer des points dans les étapes difficiles en prenant l’échappée matinale. L’Espagnol Omar Fraile a remporté la classement de meilleur grimpeur pour la deuxième fois consécutivement en devançant Kenny Elissonde lors de l’avant-dernière étape. Nairo Quintana a également remporté la maillot du combiné, seulement visible sur la Vuelta. La formation BMC a remporté le classement par équipes et Alberto Contador a terminé super-combatif grâce à ses nombreuses attaques.

 

Source : Javier Belver (site de la vuelta)

 

A-t-on découvert les sprinteurs de demain ?

En absence des meilleurs sprinteurs du peloton lors de cette Vuelta, très montagneuse comme à son habitude, de nouveaux coureurs se sont révélés. Gianni Meersman a globalement dominé les sprints avec ses 2 victoires d’étape. Il a pu compter sur le soutien de ses coéquipiers qui l’ont parfaitement épaulé pour remporter enfin une victoire sur une course de 3 semaines, lui qui comptait déjà des succès sur Paris-Nice et le tour de Romandie.
Notons aussi les 2 victoires d’étape de Magnus Cort Nielsen, le jeune Danois a fini cette Vuelta sur les chapeaux de roues en remportant la der des der à Madrid. Il a pu bénéficier du soutien de Jens Keukeleire, qui a lui-même remporté une étape dans un sprint.
Jonas Vangenechten a remporté sa première victoire sur un grand tour, tout comme le luxembourgeois Jean-Pierre Drucker, membre de la BMC. Petite déception pour Nikias Arndt qui était venu là pour remporter une étape, sans y parvenir, avec une équipe Giant invisible de bout en bout.

 

Et les français ?

Les plus grandes satisfactions coté tricolore sont l’éclosion de Lilian Calmejane du team Direct Énergie, ancien pensionnaire du Vendée U, cher à Jean René Bernaudeau, et la consécration pour le drômois Pierre Latour. Calmejane a remporté une belle étape en se glissant dans l’échappée matinale comportant 21 coureurs avant d’attaquer au pied de la dernière bosse, tout comme Pierre Latour qui s’est imposé au sommet de l’Alto de Aitana (21 km à 5,9 %) après avoir perdu tout espoir de bien figurer au classement général.
Il y a également eu la confirmation des talents de grimpeur d’Alexandre Geniez, futur lieutenant en montagne de Romain Bardet, lors de la 3ème étape en résistant aux cadors du peloton au sommet du Mirador d’Ezaro pour finalement s’y imposer et le bon classement général de Jean Christophe Péraud pour son dernier grand tour.
Enfin, il faut retenir les échappées de Kénny Elissonde qui lui ont permis de terminer 2ème au classement de la montagne. A noter également les bonnes prestations de Kévin Reza lors des sprints en petit comité (3ème d’une étape) et celles de Lorenzo Manzin lors de sprints massifs (5ème d’une étape) pour l’équipe FDJ.

 

Source : Javier Belder

 

La saison des Grands Tours 2016 s’achève sur le règne de Nairo Quintana, qui aura pris sa revanche par rapport au Tour, ce qui laisse présager encore et toujours une nouvelle bataille contre Chris Froome en 2017. Côté français, Pierre Latour a le profil idéal pour figurer sur un podium d’un grand tour, on attend désormais la confirmation…

Ecrit par Rémi Margotton

A propos de Clement Carton 65 Articles
- Créateur & Community Manager d'Agora Sports - 19 ans, Lyonnais, ambition journalisme sportif. Sports de prédilection : Basketball, Tennis, Sports d'Hiver. Suivez-moi sur Twitter : @clementcarton

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