Réforme de la Coupe Davis : qu’est-ce que ça change ?

Crédits photo : Denis Charlet / AFP

La Fédération Internationale de Tennis a dévoilé ses plans de transformation pour la Coupe Davis. Une réforme qui met au ban le mythe de la formule originelle et qui pourrait avoir lieu dès 2019. Si elle est votée en août, la réforme du saladier d’argent risque de bouleverser la compétition. Derrière tout ça, un célèbre footballeur à la manœuvre. Retour sur les principaux changements.

Depuis 1990, la formule n’a jamais été modifiée. Dès l’année prochaine la compétition internationale va se voir subir un sérieux lifting. D’abord, la compétition ne se déroulera plus sur trois jours repartis en quatre week-ends de février à novembre mais durant une semaine à la fin du mois de novembre dans un lieu unique. Nombreux sont les joueurs à critiquer le calendrier, certains n’hésitent même plus à bouder la compétition (Federer, Nadal) puisque le tournoi rapporte peu de points ATP et de faibles sommes. Désormais, deux simples et un double départageront les gagnants.

Ensuite, la compétition passerait de 16 à 18 nations. Les 16 nations du groupe mondial seraient automatiquement qualifiées tandis que 2 autres se grefferont au groupe suite aux phases qualificatives. Enfin, le lieu des matchs risque d’être également modifié. Auparavant, l’équipe qui recevait était celle qui s’était déplacée lors de la dernière confrontation avec son adversaire. Suite à cette réforme, le tournoi se déroulera en terrain neutre.

Du côté des stars de la balle jaune, le camp des pour et des contre s’affrontent. Le joueur serbe Novak Djokovic se dit favorable au projet. Dans un entretien au journal Le Parisien/Aujourd’hui en France, il déclare :

«C’est une fantastique nouvelle ! On veut tous jouer pour notre pays mais ça fait des années que je dis que le format actuel ne fonctionne pas. La preuve, les meilleurs joueurs sont de plus en plus rares à participer régulièrement» et ajoute«Certains pays sont réticents à n’importe quel changement».

Les numéros 1 et 2 mondiaux, respectivement Roger Federer et Rafael Nadal approuvent le projet. Le joueur suisse a déclaré sur les ondes de RMC Sport: «C’est un grand pas dans une nouvelle direction. L’avenir nous dira si c’est une bonne chose mais c’est sûr que c’est intéressant.»

 

 

Dans le camp des contres, celui qui a permis la victoire de la France en novembre dernier: Lucas Pouille, juge la réforme de «une peine de mort» pour la compétition. Le gagnant du tournoi de Montpellier s’est insurgé contre la refonte de la Vieille Dame :«Ils ont juste pris l’idée de l’ATP d’une Coupe du monde par équipes. C’est exactement la même chose. Une semaine, beaucoup d’équipes, pas mal d’argent. C’est ça qu’ils veulent faire. (…) Vous ne pouvez plus l’appeler Coupe Davis. Quand vous ne jouez pas à la maison, ou dans le pays contre lequel vous jouez, ce n’est plus la Coupe Davis. Tous ceux qui ont vécu un match de Coupe Davis savent que c’est différent. Ce ne sera pas la même atmosphère. Je pense que c’est une très mauvaise idée.”  Le capitaine de l’Equipe de France n’a pas caché sa déception sur son compte twitter «La fin de La coupe Davis. Quelle tristesse. Ils ont vendu l’âme d’une épreuve historique. Sorry mister Davis.»

 

Gerard Piqué aux manettes

 

 

Derrière la course au saladier d’argent, un groupe d’investissements : Kosmos. Et un patron : le footballeur international barcelonais Gérard Piqué. Un accord sur 25 ans aurait été négocié avec l’IFT. Le joueur compte injecter près de 120 millions de dollars par an comprenant une dotation pour les joueurs de 20 millions par an, de quoi calmer les réticents au projet.

 

Le catalan et homme d’affaire diversifie ses secteurs d’investissement (jeux vidéos, restauration ou encore événementiel), pour des revenus annuels estimés à 50 millions d’euros. De surcroît, sa société est en arrière plan soutenue par le groupe japonais Rakuten, lui même principal sponsor du FC Barcelone, club où évolue l’époux de la chanteuse Shakira. Ainsi, c’est au total plus de 3 milliards de dollars sur 25 ans que la société Kosmos va injecter dans la compétition. Un saladier d’argent qui n’aura jamais aussi bien porté son nom…

 

Alexandra Thery

 

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