Les Irlandais s’amusent et les Français pleurent

Rory Best a quelques centimètres de marquer le premier essai de son équipe. CP : Guinness Six Nations

Comme on pouvait s’y attendre, le XV de France a pris une sacrée raclée à l’Aviva Stadium de Dublin ce dimanche après-midi. Même si le score s’est resserré à la faveur de nos Bleus en fin de match (26 – 14), les hommes de Jacques Brunel ont été inexistants. Retour (douloureux) sur cette nouvelle défaite.

Comme à l’entrainement. C’est ce qu’ont dû se dire les joueurs irlandais pour leur avant dernière rencontre dans ce Tournoi des VI nations. En même temps, ils n’avaient pas grand chose à craindre de la part des Bleus. Malgré leur victoire le week-end dernier contre l’Ecosse, la France enchaîne les défaites. Beaucoup craignaient la même débâcle que face à l’Angleterre, et bien se fut encore pire. Les Irlandais se sont amusés sur leur pelouse, et toute leur panoplie de jeu offensif y est passée. Un bon entrainement avant leur confrontation face à un Pays de Galles en quête du Grand Chelem. Et le XV du trèfle ne s’est pas fait prier en marquant dès les premières minutes.

La France totalement absente de la première mi-temps

Il a fallu en effet seulement trois minutes à l’Irlande pour marquer son premier essai. Le capitaine Rory Best vient aplatir sur l’extérieur suite à une pénaltouche. Et ce scénario s’est répété tout le long du match : les hommes de Joe Schmidt ont choisi la pénaltouche à chaque fois qu’ils en avaient l’occasion. Histoire de maintenir la tête des Bleus sous l’eau le plus longtemps possible. Effet réussi, la France est noyée pendant les 40 premières minutes. Les Français sont dépassés de tous les côtés, incapables de suivre le jeu irlandais qui va beaucoup trop vite pour eux. Complètement déstabilisée, la France n’arrive pas à jouer, et les rares fois où elle a le ballon, elle ne semble pas savoir quoi en faire.

Encore une fois, les Français sont mis en difficulté par le jeu au pied des Irlandais, tout comme face aux Anglais. Le seul éclair bleu de cette première période arrive à la 6e minute. Après un excellent jeu au pied de Ntamack, Penaud récupère le ballon et le transmet à Ramos qui aplatit dans l’en-but. Mais ce dernier ne fête pas l’essai car il sait déjà qu’à la réception, Penaud avait commis un en-avant. Après cette action, c’est le néant. La défense bleue résiste et donne absolument tout (on peut quand même leurs reconnaître cela). Tellement qu’après 17 minutes de jeu, il y a déjà trois titulaires sortis, dont deux sur blessure. On se dit alors que le match va être long. Très long.

Encore et toujours plus de fautes

Les seules opportunités bleues sont immédiatement gâchées par des fautes et le ballon est rendu aux Irlandais. Ces derniers gagnent des mètres sur chaque ballon porté. Ils imposent aux Français un affrontement physique que ces derniers sont incapables de tenir. Johnny Sexton alourdit le score à la 30e minute, dans un beau mouvement collectif que les Bleus ont suivi en spectateurs. Ils ne développent absolument aucun jeu et c’est finalement cela le plus inquiétant. On ne peut même pas leur reprocher de mal jouer puisqu’ils n’ont strictement rien fait durant 40 minutes. C’est purement et simplement de l’attaque – défense.

Antoine Dupont est surement le joueur qui a le plus souffert. Le pauvre demi de mêlée a été mis sous la pression de trois, quatre Irlandais sur chacune de ses prises de balle, incapable de faire jouer son équipe. Il a été plaqué plusieurs fois dans son propre en-but. Quelques minutes avant la mi-temps, Conan ajoute des points à son équipe qui mène 19-0 après le coup de sifflet. Statistique affligeante : en première période, les Irlandais ont passé plus de quatre minutes dans les 22 mètres français. Les Bleus ont passé cinq secondes dans les leurs.

Pour l’orgueil

Le début de seconde période est meilleur côté français, mais cela ne pouvait de toute manière pas être pire. La première vraie séquence française arrive enfin, mais Antoine Dupont perd une nouvelle fois le ballon. Du gâchis dans un match où les occasions sont si rares. Les Bleus mettent enfin la main sur le ballon, mais ne savent visiblement pas vraiment quoi en faire, signe d’une déroute collective. Les Irlandais chassent les Français comme des lapins et les empêchent de développer quoi que ce soit.

Earls aggrave encore le score à la 56e minute sur une belle percée qui laisse les Français une nouvelle fois sur le carreau. Preuve de cette déroute, Guilhem Guirado est sanctionné pour un lancé en touche qui n’était pas droit. Les fautes s’accumulent côté français, même dans le jeu simple. La 66e minute nous amène au sommet du pitoyable : les Bleus sont incapables de faire une mêlé correctement. Le carton jaune leur pend au nez et arrive finalement à la 68e minute. Réduit à 14, on pense alors que les Bleus vont vivre une fin de match atroce.

Mais comme la France est décidément imprévisible, l’équipe arrive à marquer un essai à la 77e grâce à un beau mouvement d’Alldritt qui sert parfaitement Yoann Huget. Comme quoi tout est possible en rugby. Alors qu’ils jouent avec un homme en moins, les Bleus relèvent la tête. Ils finissent par réduire encore le score à la 83e grâce à un essai de Camille Chat. Une belle touche et un ballon bien porté évite aux Bleus l’humiliation, au moins au niveau du score, finalement de 26 à 14. Notons que l’Irlande a fini avec une équipe fortement remaniée …

Et après ?

La fin de ce Tournoi emmènera les Bleus à Rome. Encore dépourvue de victoire, l’Italie jouera crânement sa chance face à un XV de France une nouvelle fois assommé. La défaite est interdite pour les Bleus, qui sont sur la feuille supérieurs à cette équipe italienne. Ce qui est peut – être le plus triste dans cette histoire, c’est que la France dispose d’une nouvelle génération très talentueuse, à l’image de Romain Ntamack, Thomas Ramos, ou encore Antoine Dupont. Mais ces jeunes bleus ont la très lourde tâche de construire un collectif qui est pour l’instant inexistant sur les terrains. Espérons qu’ils ne soient pas dégoûtés de ces défaites à répétition et qu’ils réussiront à faire briller à nouveau cette équipe de France. Un souhait qui pour l’heure tient plutôt du miracle.

Aurore Dessaigne

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