Les Warriors face aux Playoffs 2018 : Les champions sont-ils vulnérables ?

Steph Curry, Draymond Green, Kevin Durant, Klay Thompson, Andre Iguodala (c) Clutchpoints

Comme tous les ans, la mi-avril annonce le départ d’une nouvelle campagne de Playoffs. La partie la plus importante de la saison. Les Warriors, champions en titre, abordent la post-saison sans leur MVP après une saison difficile par rapport à leurs standards. Les blessures ne les ont pas épargnés cette saison mais leur engagement n’était également pas optimal. 

Une saison régulière en dents-de-scie

Les Warriors sont entrés dans la saison 2017-2018 en tant que champions que personne ne peut aller chercher. Et ils ont clairement abordé l’année en tant que tels. Manque d’efforts défensifs, peu de soin avec le ballon tout y est passé. Cette attitude désinvolte ne leur a pas dans un premier temps coûté des matchs. Steve Kerr, leur coach, a expliqué de nombreuses fois que c’était une sensation totalement normale. En effet, Golden State sort de 3 finales consécutives. Une telle performance a forcément des conséquences mentales et physiques sur les joueurs importants. On le voit d’ailleurs aussi chez l’équipe qui les a accompagné pendant ces trois joutes.

Enchaîner bien plus de matchs que les autres équipes a des conséquences physiques. Même s’ils sont dans leur prime, un joueur comme Draymond Green par exemple ne semble pas être le même que l’an dernier. Son feu intérieur est bien moins grand mais aussi son niveau de performance. On peut bien entendu l’expliquer par un certain ennui en saison régulière. Mais même pour des matchs de gala, les Warriors ont proposé tous les visages : du no-show à la démonstration. Pareillement des joueurs comme Livingston ou Iguodala n’ont pas le même impact en sortie de banc. Quels sont donc les Warriors que nous allons avoir à l’entrée des Playoffs ? Ont-ils eux un bouton magique pour monter l’intensité et la qualité de leur jeu ? Car ils entament cette campagne sans leur meilleur joueur, Steph Curry.

L’impact de la blessure de Curry sur les Warriors

Kevin Durant a beau être le meilleur joueur de Golden State, leur joueur le plus important reste Stephen Curry. Cette équipe est bâtie autour des spécificités du meneur de la Bay. Toute la philosophie du “pace and space” des Warriors réside dans la capacité de mouvement des Splash Brothers sur le terrain couplée à un mouvement de balle de grande qualité. Klay et Steph sont de tellement bons shooters que leurs mouvements coordonnées mettent une pression énorme sur la défense adverse. Ils permettent  de poser leur adversaire face à des dilemmes impossibles : Curry prend un écran d’un pivot le long de la ligne de touche, si son défenseur ne peut pas le suivre. Faut-il switcher (échanger le joueur défendu) ? Si le switch n’est pas bien fait (habituellement les deux 2 joueurs suivent Curry et sa gravité), un autre joueur peut couper et avoir un layup seul sous le panier.

Enlevez Curry à cette équation et c’est tout le flow de Golden State qui s’enraye. Les Warriors demeurent l’une des meilleures équipes de la ligue sans lui, ne vous détrompez pas. Pas très idéal quand on sait que le meneur ne devrait pas être de retour avant 3 semaines. Sans Curry, Durant devient plus ou moins le point forward des Warriors avec Klay Thompson (dont les pourcentages plongent sans Curry) seul joueur étant menace avec gravité off ball.  Même si Kerr met le ballon dans les mains de Green, Durant ne se déplace d’écrans en écrans aussi bien pour se retrouver ouvert. Techniquement, il n’en a même pas besoin. Cette équipe n’est juste pas construite autour de lui, aussi simple que ça. Sans Curry, l’usage rate de KD monte en flèche. Le Snake utilise beaucoup de ces possessions en isolation, en totale opposition avec la philosophie de la franchise.

Un voyage semé d’embûches

Depuis qu’ils sont au top de la NBA, les Warriors affrontent probablement la conférence Ouest la plus forte en talent. C’est simple toutes les équipes qualifiées sont de qualité. Si les Spurs sans Kawhi Leonard paraissent limités en talent, ils restent une équipe coaché par Pop et donc à ne pas prendre de haut. Au final le tableau de GS leur est favorable. Ils évitent avant les finales de conférence des deux teams censés leur poser le plus de problème (OKC et Utah). Portland n’a aucune réponse face à Durant par exemple. Tandis que même si Davis est un énorme problème pour Draymond Green, l’upset semble improbable.

Après il faudra également voir dans quel état revient le MVP unanime 2016 de sa blessure en milieu du 2nd round. Car Houston semble être un candidat très sérieux au titre. Les Warriors auront besoin de toutes les forces disponibles pour atteindre les finales et concourir pour un back-to-back. Leur banc qui était une de leur force jusqu’à alors paraît accuser le coup cette saison.

En définitive, les Warriors sont dans une situation qu’ils n’ont jamais vraiment connu. Bien sûr qu’ils ont déjà abordé leurs playoffs avec la cible dans le dos. Ils ont mêmes déjà entamé des séries sans un de leurs joueurs clés. Mais ils ne l’ont jamais fait avec aussi peu d’indications sur leur niveau réel en saison régulière. 

 


usage rate : pourcentage de possession qui finissent par un tir, des lancers ou une perte de balle du joueur en question quand il est sur le terrain

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